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CHANSON


DIANE TELL, UNE VOIX ET UNE GUITARE - PORTRAIT

La chanteuse et compositrice Diane Tell aura fait chavirer le cœur de nombreuses femmes (et d’hommes) avec sa chanson fétiche Si j’étais un homme. Amoureuse de la France depuis plus de trente ans, elle vit à Biarritz en pays Basque, région qu’elle a adoptée depuis déjà quelques années ; seul un léger accent laisse deviner ici ou là quelques traces de ses origines québécoises. Son dernier disque en date, Une, est l’accomplissement d’un rêve qui lui tenait à cœur depuis longtemps : revisiter ses plus belles chansons en étant seulement accompagnée de sa guitare. La voix est là comme au premier jour, et la magie opère entre elle et nous…


DE BELLES CHANSONS POUR DE NOUVELLES COULEURS

À l'intérieur de l'album Une, on retrouve quelques chansons incontournables de son répertoire. D'abord son classique Si j’étais un homme, mais aussi Gilberto, Souvent longtemps énormément ou encore Faire à nouveau connaissance. Le prolongement de cet album lui donne l’occasion de se produire seule sur scène. Une formule que la chanteuse affectionne tout particulièrement : « Je passe deux heures en tête-à-tête avec le public, ce qui est une façon de retrouver les gens. La voix, les textes et la mélodie sont mises en valeur par cette façon d’interpréter les chansons, mais c’est aussi une façon de rendre intemporel ces mélodies qui sont nées à des époques différentes. » précise Diane.


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Il est évident que la trajectoire d’une chanson à l’habillement orchestral conséquent, qui est le propre de la majorité de sa production discographique, est généralement réinventée pour trouver une nouvelle existence, un autre souffle. L’exercice est difficile, voire risqué, surtout pour des titres que les gens connaissent déjà par cœur. Or, la chanteuse n’a apporté aucune modification notable sur les chansons. Juste quelques ajustements qui, au passage, soulignent toute la puissance intrinsèque des harmonies et des mélodies de ses musiques. Diane Tell : « Quand je réalise un album, mon but ultime c’est d’en faire un bel objet, mais je ne me pose pas la question de savoir si médiatiquement il est viable, même aujourd’hui encore… Je me dis qu’au fond il vaut mieux chercher la beauté plutôt que l’efficacité. »

Au Québec, Diane Tell a été une des premières chanteuses à être auteur-compositrice et interprète. Sa carrière débute en 1977, mais ce n’est qu’en 1979 avec son second album, Entre nous, qui contient le titre Si j’étais un homme qu’elle connaît son premier succès. La France la découvre deux ans plus tard à travers ce texte calibré qui sera séduire les âmes féminines. Diane Tell : « 'Si j’étais un homme', ce n’était pas un tube au départ. C’était une chanson ‘classique’. Pas du tout à la mode. Il n’y avait pas de refrain et elle avait une mélodie compliquée. C’était un thème difficile, et en plus elle était longue en durant près de cinq minutes. »

L’artiste n’est pas une arriviste. Depuis ses débuts, elle cultive son art avec le goût du risque, « C’est une qualité qui appartient aux aventuriers » aime-t-elle préciser. Diane Tell n’est pas une dilettante non plus. Elle se sent avant tout comme une créatrice qui trouve son plaisir dans la collaboration et en courant après les limites que lui impose l’exercice. Diane Tell : « C’est le genre de métier où l’on stagne parfois. Le plus important tient dans la façon de démarrer. Je dois rendre hommage à mes professeurs de musique qui ont décelé chez moi un don, une aptitude pour la musique que je ne voulais pas reconnaître… S’ils ne m’avaient pas aussi bien dirigé, je pense que j’aurai fait autre chose. Le démarrage, ça a été aussi d’être différent des autres. Le fait d’être le premier auteur-compositeur interprète féminin, cela m’a permis d’occuper une certaine place au Québec. » (Interview Sud Radio – 04/2015)

Lorsqu’elle s’installe chez nous en 1983, Diane, qui avait jusqu’à présent tout écrit de ses premiers albums, commence à collaborer avec différentes plumes comme Boris Bergman, Françoise Hardy (qui lui écrira Faire à nouveau connaissance) ou Maryse Wolonski. Elle utilisera également des textes de Boris Vian à qui elle rendra hommage en 2009 à travers l’album Docteur Boris & Mister Vian (le célèbre amateur de jazz avait adapté plusieurs dizaines de grands standards de jazz américain en français qui était encore resté inédit à sa disparition).

Fidèle à la guitare depuis l’âge de 11 ans, l’instrument est devenu indissociable de son parcours artistique. A travers la bossa, façon Gilberto, jusqu’aux ballades pop ou romantiques, façon Toi qui a pris mon cœur, la six cordes enrobe de ses délicates harmonies la voix de la chanteuse, brisant l’élan d’une phrase pour jouer avec les silences. Magie du temps qui passe, le timbre de la voix est resté intact, aussi limpide qu’à ses débuts, jusqu’à conserver les tonalités de l’adolescence.

À travers ses chansons, Diane Tell chante la passion de la vie et de la découverte. L’amour est le fil conducteur, là où le cœur de chacun de nous s’épanche au fil du temps. L’envie d’écrire, de composer est toujours là. Diane Tell regarde devant elle. Sa générosité la pousse à partager. Elle aimerait transmettre à la jeune génération son expérience, une façon de toujours y croire tout en conservant en soi une grande force d’indépendance artistique.

Le sourire aux lèvres, la chanteuse avoue aussi une certaine mélancolie, une forme de réserve face à des événements qui ne se déroulent pas toujours comme on le souhaiterait ; des regrets face à une humanité difficile qui vous donne envie, parfois, d’avoir des ailes simplement pour vous en échapper. C’est peut-être pour ces raisons-là, et peut-être pour d’autres aussi, que la chanteuse aimerait créer une fondation qui placerait sur un même plan l’art, les sciences et la nature ; qui agirait sur la décentralisation en redonnant vie à des villages et des régions oubliés. Renouer avec l’essentiel, en quelque sorte !

Par Elian Jougla (Cadence Info - 06/2015)


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