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JAZZ ET INLUENCES


DIDIER LOCKWOOD, LA BIOGRAPHIE D'UN VIOLONISTE DE JAZZ ENGAGÉ

Le violoniste Didier Lockwood a un parcours atypique dans le monde du jazz. Propulsé à l’adolescence dans le groupe rock inclassable et éternel Magma, il sera remarqué à 21 ans par un autre violoniste au passé glorieux, Stéphane Grappelli. Il épousera un temps la musique jazz-rock (Didier Lockwood Group) avant de s’illustrer dans d’autres sphères... pas toujours jazz.


UN VIOLON À LA CROISEE DES CHEMINS

Son parcours exceptionnel est jalonné de rencontres, débordant parfois du cadre strict imposé par une musique jazz pas toujours enclin à laisser ses enfants librement courir sur d’autres chemins moins académique. Il y aura bien-sûr Christian Vander et Stéphane Grappelli. Ensuite, le violoniste collaborera avec de nombreux musiciens de jazz français (Michel Petrucciani, Aldo Romano, Richard Galliano…) et des pointures américaines (Miles Davis, Marcus Miller, Elvin Jones, Herbie Hancock…). Toutefois, par soif d'expériences et d'enrichissements, Didier Lockwood œuvrera également dans le domaine de la chanson, notamment avec les artistes Barbara, Claude Nougaro, Richard Borhinger et Jacques Higelin. Il y aura également quelques expériences avec des musiciens classiques comme Yehudi Menuhin. Au passage, il accompagnera pendant quatre années son ancienne épouse, la chanteuse lyrique Caroline Casadesus, fille du chef d'orchestre Jean-Claude Casadesus, dans le spectacle musical Le Jazz et la Diva.


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À l’instar du violoniste Jean-Luc Ponty, il conçoit à sa façon des solos démonstratifs en s’appuyant sur des effets électroniques (Les Mouettes), mais le musicien revient à son premier amour, le jazz, qu’il défend avec ténacité à travers ses implications pédagogiques. Ainsi, en 2001, il sera l’un des premiers à créer un centre musical destiné à l’improvisation à Dammarie-les-Lys (le Centre des Musiques Didier Lockwood)… surtout dans l’intention de venir en aide aux ‘violoneux’ mis à mal dans l’univers rigide des conservatoires.

Remarqué pour ses envergures pédagogiques - il publie une méthode d'improvisation intitulée Cordes et âmes qui reçoit le prix Sacem en 2002 - il devient le vice-président du Haut conseil de l'éducation artistique et culturelle en 2005. Cependant, tout n’est pas rose dans le domaine pédagogique… En janvier 2012, lorsqu’il remet au Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand un rapport relatif à une mission de réflexion qui lui avait été confiée, des voix s’élèvent en provenance des Conservatoires de France et de l'Union nationale des directeurs de conservatoire. Ces derniers iront jusqu’à s’insurger et prendre une position opposée en pointant des contradictions et des erreurs !

Pourtant, cet ancien "produit" issu justement du conservatoire joue et a joué avec de grands orchestres classiques et des formations de jazz. S’il compose pour le cinéma, il explore également bien d’autres horizons, comme en témoigne son spectacle Omkara en 2001, qu’il réalise avec le chorégraphe indien Raghunath Manet, danseur, mais aussi compositeur et joueur de vinâ.

Son goût pour l'improvisation ne s'est pas émoussé avec le temps, loin de là ! Artiste engagé, très productif, Didier Lockwood a surmonté tous les obstacles pour devenir un musicien serein. L'occasion de revenir sur sa profession de jazzman…


Vous avez plus de trente-cinq ans de carrière. Pourquoi vieillissons-nous davantage avec les jazzmen qu'avec les rockers ?

Didier Lockwood : nous ne sommes pas sujets aux phénomènes de mode. En outre, le bagage musical des jazzmen, plus costaud, leur permet de changer de style, de prendre des chemins de traverse quand la réussite les fuit. Le domaine du rock est plus limité. Seuls les Seigneurs des années 60 que l'on connaît ont réussi à durer. Mais sinon, les groupes rock relèvent souvent du fast-food.

Dans votre livre « Profession jazzman, la vie improvisée » (Hachette Littérature, 2003), vous avez écrit des pages dures contre la critique.

Didier Lockwood : je peux me permettre de critiquer la critique alors que mes amis musiciens, moins connus, ne peuvent pas s'élever contre certains journalistes, le lobby du jazz intellectuel. Un mauvais article les blesse et parfois le prive de certains concerts. Le jazz génère quand même un certain marché dans les festivals. La presse spécialisée n'a pas de grosses ventes, mais, malheureusement, les décideurs qui font la programmation la lisent. Je suis scandalisé quand j'ai lu à propos d'un musicien atteint de polio : « Il joue comme il marche. »

Vous menez avec la musique classique un dialogue passionné. Vous avez donné la réplique à votre ancienne épouse, la cantatrice lyrique Caroline Casadesus...

Didier Lockwood : je ressens beaucoup de condescendance de la part des classiques et mon épouse ne me l'a jamais fait sentir. Nous nous sommes rencontrés dans une émission d'Arte, et nous avons ressenti un vrai coup de foudre l'un pour l'autre. Mais dans l'éducation de Caroline, je voyais bien la place prépondérante qu'occupait la musique savante. Elle admirait les jazzmen, mais malgré tout, les classiques ne mélangent pas les genres. Notre relation de famille recomposée a donné une situation étrange. Mes deux filles jumelles adorent le classique. Et les deux garçons de Caroline ont choisi le jazz.

Vous êtes un homme très occupé. Vous avez œuvrez au « Haut Conseil de l'Education artistique et culturelle ». Pourquoi cette structure a-t-elle été créée ?

Didier Lockwood : La culture aujourd'hui n'est pas rentable. C'est du travail à long terme, et la société actuelle manque de patience. Elle doit décider de réformes immédiates, montrer des valeurs immédiates... Cet organisme veille à faire pénétrer profondément la culture dans les écoles, à montrer aux jeunes les autres arts ou valeurs que le pouvoir audiovisuel ignore souvent. Nous émettons un avis sur l'enseignement artistique et nous avons ajouté aux côtés des fondamentaux légaux de l'éducation (apprendre à lire, à écrire, etc.) l'obligation d'avoir une éducation artistique et culturelle...

J'ai même proposé d'utiliser tous les établissements comme des lieux d'imprégnation culturelle, de prévoir des salles pour réhabiliter les musiques jazz, contemporaines ou classiques, tout ce qui n'est pas marchand. J'aimerais bien aussi que les écoles accueillent des troupes théâtrales en résidence.

Ce travail ne vous prend-il pas trop de temps ?

Didier Lockwood : je mène cette activité sociale depuis plusieurs années, et je ne le regrette pas. Beaucoup de musiciens n'ont presque plus accès à l'information, à la promotion. Donc, il faut agir, se construire de nouveaux publics...

propos recueillis par S. Koechlin

(Cadence Info - 06/2013)

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