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MUSIQUE DE FILMS


DJANGO LE FILM BIOPIC SUR DJANGO REINHARDT ET SA MUSIQUE

Réalisé par Etienne Comar, « Django » est un biopic consacré au guitariste de jazz Django Reinhardt qui s'inspire de sa tentative de passage pour la Suisse en 1943. Si le film s’accorde quelques transgressions avec la réalité des faits, il souligne cependant, et à juste titre, les relations ambiguës qu'entretenaient les chefs nazis avec le music-hall et le jazz.


L’HISTOIRE DU FILM « DJANGO »


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1943. Les nuits parisiennes, l’atmosphère des clubs, les gens qui déambulent… Django Reinhardt (interprété par Reda Kateb) est devenu le roi du jazz depuis que les musiciens américains les ont désertés en 39. Un soupçon d’insouciance plane dans la vie du guitariste alors que la menace du STO (Service Travail Obligatoire) est là. En juillet, le journal collabo ‘La Gerbe’ appelle les musiciens français à se mettre au service des orchestres allemands. Django est pressé par les autorités allemandes d'aller jouer à Berlin, mais la proposition d’une tournée au cœur de l’Allemagne nazie ne l’enchante guère.

Dans cette sombre période, Django est au sommet de son art, acclamé de toute part depuis qu’il a composé « Nuages ». Protégé par sa renommée, riant et s'amusant lors des repas, jouant au poker, Django est visiblement éloigné du sort de ses frères Tziganes qui commencent à partir en déportation ou qui sont tués sans sommation. Cependant, au fil des événements qui se succèdent, le guitariste prend conscience que le sort qui lui était hier encore favorable s’éloigne petit à petit. À regret, Django et sa famille quitte la capitale et partent pour Thonon-les-Bains, situé au bord du lac Léman…

Au bout du voyage, Django et sa famille échouent dans le campement manouche des Hoffman. La vie y est précaire mais chacun conserve l’espoir de jours meilleurs. Lors des soirées, la musique monte la garde au son d’une guitare et d’un violon. Pour Django, la musique est le seul moyen d’expression qui lui permet de faire rentrer encore un peu d’argent. Seulement, même loin de la capitale, Django se fait remarquer partout où il joue, et les soldats allemands informés se saisissent de lui et l’obligent à se produire pour un concert exceptionnel au bord du lac...


LES PERSONNAGES DU FILM « DJANGO »

Dans le film, Django Reinhardt est montré comme un personnage amoureux de la pèche et qui se fait désirer comme une star le soir des concerts, quittant la scène précipitamment pour boire une gorgée d’alcool ou pour tirer sur une cigarette. Avant son départ pour la Suisse, Django est un être égocentrique, soucieux de son image, ne reflétant pas du tout l'homme qui faisait la manche sur la Côte d’Azur quelques années auparavant. Le musicien, au départ si distant avec les événements, finira par les vivre du jour où il n’aura d’autre choix que de fuir pour protéger sa famille.

Django Reinhardt n’est pas montré comme un artiste à la recherche d’une carrière prestigieuse, et s’il est conscient de son talent, s’il est exigent lors des répétitions ou durant les séances d’enregistrement, dans son existence deux choses comptent : sa liberté et sa famille ; sa femme Naguine, et sa maman Negros, qui veille sur son fils avec toute l’attention d’une mère aimante.

L’autre personnage important est la fausse ingénue, admiratrice et amante occasionnelle de Django, Louise de Klerkz (interprétée par Cécile de France). Louise est une mondaine, un personnage féminin plein de charme qui a autant d’influences chez les Allemands que chez les Résistants. C’est elle qui tisse les liens de cette histoire inspirée de faits réels.


BANDE ANNONCE DU FILM 'DJANGO'


LA MUSIQUE DU FILM « DJANGO »

Le film « Django » se défend bien d’être un documentaire ou une histoire romancée. Passé les cinq premières minutes, le film déroule une longue scène montrant le Quintette du Hot Club de France lors d’un concert parisien. Les titres « Les Yeux Noirs » et « Vendredi 13 » s’enchaînent (deux musiques que le guitariste mettait souvent à son programme). Tout de suite, la caméra capture parfaitement l’ambiance de la salle, le jeu des musiciens et celui des doigts de Django courant sur le manche de la guitare.

La perfection est là dans chaque plan, jusqu'au dialogue qui démontre parfois le paroxysme de la pensée des Nazis. Ainsi cette scène où un officier allemand dicte ses exigences à Django et ses musiciens : « privilégiez les harmonies majeures, pas de blues, éviter les rythmes allegro et presto, pas plus de 5% de syncopes et les solos ne doivent pas durer plus de 5 secondes… » Ensuite, l’officier s’adressent à Django : « Vous connaissez la musique comme moi ? ». « Non, mais elle me connaît. », dira-t-il en toisant l'officier.

Les solos de 1940 sont exécutés par le guitariste Stochelo Rosenberg et le clarinettiste Claude Tissendier. L'acteur Reda Kateb a appris à positionner ses mains de façon crédible (avec une prothèse en latex simulant le handicap de Django). Le montage est ainsi fait que personne ne doit se douter, lors des gros plans ou des « plans américains », que les doigts qui parcourent l’instrument sont ceux de Christophe Lartilleux.

Des critiques ont reproché au physique de Reda Kateb d’être assez éloigné de Django, cependant, est-ce là le point essentiel ? Dans le fond, ne vaut-il pas mieux se laisser embarquer par ce swing aussi prompte à vous faire danser qu’à vous traverser le cœur de sa vérité ?

La puissance de la musique du film émeut et décrypte une époque contrastée mêlant insouciance et gravité. Un certain paradoxe est même perceptible au moment des scènes du campement manouche qui, en étant filmé avec une certaine douceur, suffit à souligner la barbarie nazie lors de son démantèlement. La justesse est ici singulièrement émouvante.

La scène finale qui montre Django Reinhardt dirigeant un orchestre composé d’un orgue, d’un ensemble de cordes et de chœurs surprendront certainement tous ceux qui ont imaginé le musicien autodidacte derrière sa guitare ; un final en forme d’apothéose que seul le cinéma peut offrir, un point d'orgue porteur d’une gravité solennelle qui trouve son origine et son inspiration dans le calme du lac Léman.

En 1943, Django Reinhardt avait un rêve qui l’obsédait, celui d’écrire une symphonie constituée de 300 exécutants avec chœurs et orgue intitulée « Manoir de mes rêves », sur des paroles de Jean Cocteau. Parallèlement à cela, son autre ambition était d’écrire une messe à l’égard des Manouches, principales victimes de la politique d’internement conduite par Vichy.

Faute de savoir lire la musique et de transcrire ses idées, il chargea son clarinettiste Gérard Lévecque de les relever, non pas en les lui jouant à l’orgue (comme le montre le film) mais avec sa guitare sur son lit. Seuls des fragments ont subsisté. Cependant, Django Reinhardt enregistrera une partie de cette messe en 1944. Quant au rêve symphonique, le public en aura un aperçu qu’en 1946, quand le pianiste André Hodeir orchestrera quelques thèmes pour le film « Le Village de la colère ».


ROSENBERG TRIO : MINOR SWING (DU FILM 'DJANGO')


La BO du film « Django » est essentiellement interprétée par 'Le Rosenberg Trio', composé à la guitare solo de Stochelo Rosenberg, à la guitare rythmique de Nous'che Rosenberg et de Nonnie Rosenberg à la contrebasse. Influencé par Django Reinhardt, le 'Rosenberg Trio' exerce son art depuis plus de 25 ans et représente en quelque sorte la « quintessence du jazz manouche ». Stochelo Rosenberg est considéré comme l'un de ses meilleurs guitaristes de ce courant, capable de développer une technique irréprochable non sans apporter une grande élégance et un vibrato très personnel à son jeu.

On peut également entendre dans la B, Paul "Hono" Winterstein & Etienne "Timbo" Mehrstein (« Hommage aux anciens »), Thomas Ospital (« La messe de Django ») et Warren Ellis (« Lacrimosa Song »), compositeur australien et membre de Dirty Three, Nick Cave and the Bad Seeds.

- TRACKLISTING -

  • 01. Les yeux noirs
  • 02. Vendredi 13
  • 03. Nuages
  • 04. Blues clair
  • 05. Mer Ham Sinti
  • 06. Mélodie au crépuscule
  • 07. Hommage aux anciens
  • 08. Métro Abbesses
  • 09. Monsieur Hoffmann
  • 10. Blues en mineur
  • 11. Belleville
  • 12. Manoir de mes rêves
  • 13. Minor swing
  • 14. Marseillaise improvisation
  • 15. Tears
  • 16. La messe de Django
  • 17. Lacrimosa song

Se procurer la BO du film « Django » sur : DEEZER

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