JAZZ ET INFLUENCES


BIOGRAPHIE EBERHARD WEBER, PORTRAIT DU CONTREBASSISTE

Le contrebassiste Eberhard Weber est un musicien d’exception par sa façon d’explorer le jazz. Ses compositions intimistes qualifiées de « jazz de chambre » répondent parfaitement à l’esthétique sonore du label munichois ECM. Accompagné de sa contrebasse électro-acoustique cinq cordes, Eberhard Weber possède un son et un phrasé très personnel. Sa carrière, dont il faut reconnaître la multiplicité des expériences, lui a permis d’accompagner des musiciens de premier plan : Gary Burton, Baden Powell, Pat Metheny, Mal Waldron…


LA COLLABORATION WEBER/ECM

Le bassiste Eberhard Weber est né en 1940 à Stuttgart, en Allemagne. Son père est professeur de musique ce qui, consécutivement à une instruction musicale des plus classiques, va influencer son attitude de compositeur. Le contrebassiste commence à enregistrer dans les années 1960, en particulier avec le pianiste Wolfgang Dauner. Leurs projets communs sont variés et vont du jazz traditionnel à la fusion jazz-rock en passant par diverses expériences sonores avant-gardistes. Durant cette période, Weber multiplie les rencontres, notamment avec les pianistes Hampton Hawes et Mal Waldron, les guitaristes Baden Powell de Aquino et Joe Pass ou encore le violoniste Stéphane Grappelli.


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© Gert Chesi - Eberhard Weber (1987)

Puis c’est l’aventure avec le jeune label ECM qui impose rapidement son esthétique sonore au cours des années 70. Des musiciens américains traversent l’Atlantique pour graver leurs notes dans le studio norvégien d'Oslo où ils espèrent trouver ce son ample et cette qualité qui justifie à leurs yeux tous les sacrifices. Au cours de sa carrière, le contrebassiste publiera par moins de 13 disques sous son propre nom sur ce seul label.

Le premier album date de 1973 et s'intitule The Colors of Chloë. Le disque détient déjà une particularité, celui d'être « un album presque parfait par un artiste dont la vision créative semble complètement mature », dira Paul Olson sur ‘allboutjazz’. Il est vrai que l’expérience acquise doublée d’une précocité à défricher de nouveaux espaces ont certainement conduit ses pas, mais aussi du fait que le musicien a su s’émanciper d'un jazz-rock omniprésent tout en apportant sa propre conception esthétique.

En 1975, Weber crée le quartette Colours. À ses côtés se trouvent le saxophoniste et flûtiste Charlie Mariano, l’excellent pianiste et claviériste Rainer Brüninghaus et Jon Christensen à la batterie, qui sera remplacée après l’enregistrement de Yellow Fields (1975) par John Marshall. Le groupe effectue de nombreuses tournées. Avant sa dissolution qui survient au début des années 80, le quartette Colours enregistre encore deux autres disques : Silent Feet (1977) et Little Movements (1980).

L’association d’Eberhard Weber avec ECM conduit le musicien à partager diverses collaborations. Citons le vibraphoniste Gary Burton (Ring en 1974, Passengers en 1976 et bien plus tard Stages of a Long Journey en 2005), les guitaristes Ralph Towner (Solstice en 1975, Solstice/Sound and Shadows en 1977) et Pat Metheny (Watercolours en 1977), et surtout le saxophoniste Jan Garbarek avec lequel il réalisera pas moins de 10 enregistrements entre 1978 et 1998. Soulignons aussi la présence de quelques musiciens invités qui ont participé aux enregistrements des disques d'Eberhard : le compagnon de route de Pat Metheny, le claviériste Lyle Mays, le guitariste américain Bill Frisell et le hautboïste et fondateur du groupe de jazz américain Oregon, Paul McCandless.


COLOURS : SERIOUSLY DEEP (Silent Feet – 1978)

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DES COLLABORATIONS AVEC JAN GARBAREK ET KATE BUSH

À partir de 1978, Weber fait du travail avec le saxophoniste norvégien Jan Garbarek une priorité : « Nous avons une sensibilité musicale idéale ensemble », déclare alors Weber. Dès lors, une longue aventure commune attend les deux hommes, longue d’une douzaine d’albums.

Dans les années 1980, Weber collabore régulièrement avec la chanteuse et compositrice britannique Kate Bush. Celle qui disait haut et fort dans les interviews son désir d’avoir à ses côtés le musicien voit son rêve exaucé pour quatre de ses six derniers albums studio : The Dreaming (1982), Hounds of Love (1985), The Sensual World (1989) et Aerial (2005). Weber s'éloigne encore de son registre fétiche en retrouvant Barbara Thompson et son nouveau groupe de jazz fusion Paraphernalia pour une tournée.

Toujours fidèle à ECM, Weber poursuit sa carrière solo en signant d’autres albums : Chorus (1984), Orchestra (1988), Pendulum (1993) où jazz contemporain et minimaliste se teintent de touches électro, et Endless Days (2001), un « jazz de chambre » qui mêle aux saveurs du jazz celui du classique.


© Gillfoto - Eberhard Weber, Jan Gabarek et Naná Vasconcelos (Vancouver, Canada - 1987)

LES DERNIERS DISQUES

En mars 2005, à l'occasion de son 65e anniversaire, est enregistré Stages of a Long Journey, un concert avec l'orchestre symphonique de la radio de Stuttgart, mettant en vedette Gary Burton, Wolfgang Dauner et Jan Garbarek. Deux ans plus tard, alors que vient d’être publié Stages of a Long Journey, le contrebassiste est victime d'un accident vasculaire cérébral qui l'immobilise et le contraint à cesser ses activités scéniques.

En novembre 2009, toujours convalescent, il reçoit le 'Prix Albert Mangelsdorff'. Début 2010, le coffret Colours est publié par ECM Records. Il regroupe l'ensemble des travaux de son ancien groupe sous la forme d’une collection de 3 CD. L'album Résumé, qui paraît début 2013, voit Eberhard Weber retravailler en studio les enregistrements live réalisé entre 1990 et 2007. Il est assisté dans ce projet par son ami Jan Garbarek, le bugle Ack Van Rooyen et le batteur et percussionniste Michael DiPasqua. Un second volume similaire, Encore, suit en 2015. La même année, des artistes du label ECM, amis et collaborateurs, célèbrent son répertoire dans un album intitulé : Hommage à Eberhard Weber, regroupant ses meilleures compositions.


EBERHARD WEBER : RANWEIL (Encore - 2015)
Un morceau qui met en valeur la beauté sonore de sa basse électro-acoustique

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LE STYLE EBERHARD WEBER

La musique de Weber possède une tonalité le plus souvent mélancolique. C’est un perfectionniste qui utilise avec parcimonie la façon d’agencer ses notes sur sa contrebasse. Son jeu tantôt économe ou expansif, comme dilué dans des respirations qui n’engagent que le temps, repose sur un son ample et profond dû à sa contrebasse électro-acoustique cinq cordes de sa conception, un instrument à corps plein qu’il utilise régulièrement depuis 1974.

Souvent cité comme un exemple précoce du « jazz de chambre européen », ses ostinatos viennent souvent à point nommé pour illustrer une écriture finement ciselée et dont les reliefs s’accompagnent d’envolées colorées. Le plus souvent, ses compositions décrivent des atmosphères prenantes, tantôt évoluant à travers de longs crescendos ou rompant brutalement avec ce qui précède par des changements de cadences.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 02/2020)

DISCOGRAPHIE

  • The Colours of Chloë (1973)
  • Yellow Fields (1975)
  • The Following Morning (1976)
  • Silent Feet (1977)
  • Fluid Rustle (1978)
  • Little Movements (1980)
  • Later That Evening (1982)
  • Chorus (1984)
  • Orchestra (1988)
  • Pendulum (1993)
  • Endless Days (2001)
  • Stages of a Long Journey (2007)
  • Résumé (2012)
  • Encore (2015)

Compilations

  • Works (1985)
  • Selected Recordings (2004)
  • Colours (2010) (coffret regroupant les albums Yellow Fields, Silent Feet et Little Movements)
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