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CLASSIQUE / TRADITIONNEL


HAENDEL : WATER MUSIC ET ROYAL FIREWORKS, MUSIQUES D'APPARAT

Né en 1685 dans la petite ville allemande de Leipzig, Georg Friedrich Haendel quitta sa terre natale pour Londres et sa région qu'il trouvait plus à son goût pour travailler. Il y séjourna pendant près d’un demi-siècle. Si on lui doit un oratorio (Le Messie), des suites pour clavecin ou des concertos pour orgue, c'est à travers ses "musiques de plein air", Water Music et Music for the Royal Fireworks, que le compositeur baroque se fit remarquer.


LE « WATER MUSIC » DE HAENDEL

Haendel a toujours fondé ses écritures en se basant sur la voix. Comme un bon nombre de compositeurs baroques, c’était un grand contrapuntiste. Cette science musicale, qui s’entend parfaitement dans sa musique instrumentale et ses oratorios, s'accompagne d'une élégance mélodique épousant quelque peu celle de Jean-Sébastien Bach. Haendel, pour prendre une certaine distance avec son illustre confrère, s’est efforcé de dynamiser son écriture en provoquant des changements d’atmosphère, notamment dans ses opéras où le compositeur a développé un style orchestral facile d'accès  ; ce qui évitait de distraire l’attention de l’auditoire des parties chantées, importantes avant tout.


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Georg Friedrich Haendel

Dans ses orchestrations, si Haendel utilise l’orchestre baroque traditionnel : cordes, flûtes hautbois, bassons, cors, trompettes et timbales, il fait aussi appel à la harpe et à la clarinette, un instrument qui, à cette époque, est rarement utilisé. Le choix des instruments était souvent dicté par le lieu des représentations.

À l'époque de la musique baroque, il était courant d'employer dans les salles de concert, les églises et pour la musique de chambre, un ensemble composé essentiellement de cordes, mais pour la musique de plein air, il fallait inventer. On avait surtout besoin de sonorités plus puissantes, aussi utilisait-on un plus grand nombre de vents et de cuivres.

Water Music et Music for the Royal Fireworks, dont il est question ici, répondent à ce besoin tout nouveau de voir circuler la musique en dehors des salles de concert. Ces deux créations seront jouées pour leur première à l’occasion d’événements précis. Water Music et Music for the Royal Fireworks sont considérés comme des musiques d’apparat dont la source est à rechercher auprès de quelques compositeurs français, dont Jean-Baptiste Lully.

Water Music est l’une des œuvres les plus populaires du répertoire de Haendel. C’est à l’occasion des excursions du roi Georges 1er sur la Tamise qu’elle fut composée. Pour son exécution, l’orchestre de Haendel avait été placé sur une embarcation situé à la suite du bateau royal.

Si le manuscrit complet date de 1717, d’après certains historiens, les trois suites orchestrales qui le composent aurait été écrites par séquences, dans un intervalle nécessitant quelques années. Cette supposition repose sur le fait qu’une partie des mouvements nécessite une instrumentation légère, avec cordes et vents, tandis qu’une autre compte dans ses rangs des cors, et que la troisième est augmentée de trompettes. En outre, chacune de ses parties est écrite dans une tonalité différente, dépendant de l’accord des instruments dominants.


HAENDEL : MENUET ET GIGUES (ext. de la 3e suite de Water Music)
Orchestre 'Le Concert Spirituel' sous la direction de Hervé Niquet (2012 - Royal Albert Hall de Londres)


LA CRÉATION DE « MUSIC FOR THE ROYAL FIREWORKS » DE HAENDEL

Une fête restée célèbre eut lieu en 1749 à l’occasion de la signature du traité d’Aix-la-Chapelle (1748) qui avait mis fin à la guerre de Succession d’Autriche. La commande du roi George II précisait : « autant que possible d’instruments de musique militaire, mais pas de violons ». Haendel se mit à l’ouvrage et répondit à cette commande en proposant une instrumentation des plus impressionnantes : 24 hautbois, 12 bassons, 9 cors, 9 trompettes, des serpents et trois paires de timbales, sans oublier un contre-basson et une caisse claire, deux instruments rarement employés.

Une semaine avant la cérémonie, on demanda au compositeur une répétition à laquelle il devait se soumettre à contrecœur. Les personnes informés des préparatifs en cours avaient été soudainement prises de curiosité en assistant à la réunion d’une grand orchestre à vents. Des milliers de spectateurs se rassemblèrent et les journaux relatèrent que l’événement avait même provoqué un embouteillage de calèches et de carrosses !

Le 27 avril, la musique de Haendel devait recueillir un immense succès malgré la pluie qui se mit à tomber. Le feu d’artifice qui était prévu après le concert provoqua un incendie qui détruisit complètement le « pavillon de la paix » édifié pour l’occasion. Un mois plus tard, l’orchestre de Haendel joua cette fois la Music for the Royal Fireworks à l’occasion d’un concert de charité, avec moins de vents mais avec l’adjonction d’un orchestre à cordes. Depuis, c’est ainsi que l’œuvre est proposée au public.

Par Patrick Martial (Cadence Info - 01/2019)
(source : Symphony Orchestra and Its Instruments - Sven Kruckenberg)

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