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ROCK, POP, FOLK, ELECTRO...


LA MUSIQUE ROCK, UN DEMI-SIÈCLE D’HISTOIRE ET D’AVENTURES (2)

Cette page est la seconde partie de La musique rock, un demi-siècle d'histoire et d'aventures


LES ANNÉES SEVENTIES ET LE ROCK A GRAND SPECTACLE

Des musiciens s'emparèrent des bases du blues en le suramplifîant et en l'alourdissant, créant le bien nommé hard rock, ou rock dur, qui contre vents et marées (et la critique) reste l'un des courants les plus massivement populaires du rock. C'est ainsi que naquirent Cream, réunion de trois instrumentistes surdoués dont Eric Clapton, formation éphémère, le Jeff Beck Group et Led Zeppelin, tous dirigés par un ancien guitariste des Yardbirds, et Black Sabbath, ainsi que Deep Purple qui se singularisa en ajoutant un doigt d'influences classiques, pères fondateurs de l'école hard anglaise.

A ses débuts, le hard américain était volontiers politisé avec Steppenwolf, ses diatribes anti-hypocrisie et la voix râpeuse de son leader John Kay, Allemand de l'Est passé à l'Occident, le MC5 et les Stooges de Détroit, avant de rentrer dans le rang. Sa violence outrancière n'a plus eu pour but que d'être un défoulement, parfois abrutissant. Les groupes de hard ont continué à apparaître avec les années. Parmi les plus intéressants musicalement, on peut citer Cactus et Mountain, encore assez proches du blues, le Blue Oyster Cuit, une des rares formations de ce genre à swinguer et à posséder un certain sens de l'humour, Aerosmith, inspiré par les Rolling Stones, Cheap Trick dont les mélodies sont parfois remarquables, et Ted Nugent, guitariste haut en couleurs, pour les USA, Thin Lizzy pour la Grande-Bretagne, qui présentait la particularité d'avoir un leader noir, les Scorpions pour l'Allemagne, et AC/DC pour l'Australie, groupe favori des très jeunes grâce à son guitariste en culottes courtes.


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Toujours au début des années 1970, un courant country-rock apparut aux USA, en accord avec la sensibilité écologiste naissante, vantant les joies du retour à la nature sur fond de douées harmonies vocales et de pedal-steel guitar, sorte de guitare hawaïenne empruntée au country & western. Les Byrds avaient précédé le mouvement sous l'impulsion de Gram Parsons, qui partit fonder les Flying Burrito Brothers, avec le Buffalo Springfîeld, et l'on retrouva des membres de ces deux groupes dans Crosby, Stills Nash & Young, l'un des « super-groupes » — formation constituée de membres déjà connus auparavant, très à la mode en cette époque — les plus achevés du moment. D'autres groupes de cette lignée connurent un immense succès, à l'image des Eagles ou des Doobie Brothers, ainsi que de nombreux chanteurs un tant soit peu obnubilés par leur nombril, tels James Taylor et Jackson Browne, et des chanteuses à la voix claire comme Linda Ronstadt, Emmylou Harris et Joni Mitchell, cette dernière ayant suivi une passionnante évolution musicale vers un jazz contemporain.


VERS UN ROCK PROGRESSIF

L'une des tentations les plus répandues à l'issue du rêve hippie fut de donner une certaine respectabilité au rock en essayant de le marier à la musique classique. Ce mariage de la carpe et du lapin donna des résultats le plus souvent douteux, particulièrement lorsqu'il était l'œuvre de « virtuoses » sacrifiant la musicalité à l'exhibitionnisme, ce qui ne les empêcha pas de remporter un grand succès commercial. Les pires aberrations furent ainsi commises par Emerson, Lake & Palmer et Yes. Parfois, l'utilisation d'un orchestre symphonique porta ses fruits cependant, avec les Moody Blues et surtout Procol Harum.

D'autres eurent une attitude plus intéressante, comme King Crimson, qui sut digérer habilement les leçons de Bartók et de Stravinsky, Gentle Giant, sorte d'orchestre de chambre électrique, Genesis, dont le leader Peter Gabriel est apparu comme un moderne trouvère, ou Van Der Craaf Generator, auteur de poèmes électroniques torturés, comme on peut parler de poèmes symphoniques. Plus inclassable était Traffic, formé autour de Stevie Winwood, qui puisait son inspiration aussi bien dans ce courant « progressiste » que dans le folklore ou le jazz.

Toute une famille de groupes de Canterbury aux membres plus ou moins interchangeables apporta également sa pierre à l'avancement musical du rock avec Soft Machine, les bizarres Henry Cow, Hatfield & The North, les doux dingues de Gong et Caravan.

Ensuite, le rock se mit à rejoindre la musique contemporaine électro-acoustique grâce à la diffusion des synthétiseurs, en premier-lieu outre-Rhin, creuset de la musique dite « planante », évoquant au choix les espaces intersidéraux ou la sensation de vague que l'on éprouve lorsque l'on a légèrement abusé du hasch, sous la houlette de Tangerine Dream, Popol-Vuh et Klaus Schulze. D'autres groupes allemands utilisèrent l'électronique de façon plus agressive, préfigurant la « musique industrielle », comme Kraftwerk, Faust ou Can.

Face à ce déferlement de sérieux, la frange la plus jeune du public anglais riposta en plébiscitant le glitter-rock, ou rock des paillettes, simple, pour ne pas dire simpliste, et beaucoup plus amusant, avec son exhibitionnisme vestimentaire. Les aînés faisaient la grimace en criant au mauvais goût et à l'incompétence, le rock retrouvait ainsi sa fonction première d'outrage. Slade épelait tous les titres de ses chansons avec des fautes d'orthographe voulues, Gary Glitter apparaissait comme la caricature d'un héros de science-fiction des années cinquante, Marc Bolan, le chanteur de T. Rex, était la coqueluche des petites filles, rappelant l'hystérie qui entourait les Beatles à leurs débuts. Elton John affichait les lunettes les plus grotesques que l'on puisse imaginer, Rod Stewart s'habillait de satin, Londres s'amusait à nouveau. Et de ce mouvement émergèrent en prime de réels talents, le moindre n'étant pas David Bowie, qui a su se créer une identité en la changeant tous les deux ou trois ans, précédant chaque fois l'air du temps de quelques mois. Parti lui aussi du glitter, Bryan Ferry s'est créé un personnage de dandy étayé par sa Roxy Music dorée sur tranches.

Aux États-Unis, Alice Cooper avait pressenti le mouvement en se lançant dans un rock grand-guignol, et il fut suivi par Kiss, un groupe de hard rock aux musiciens grimés en « superhéros » de bande dessinée, et les New York Dolls, outrageusement maquillés et faussement bisexuels, au rock juteux.

La relative absence de phénomènes marquants fit du milieu des années 1970 une période assez calme. On vit nombre de musiciens de jazz s'essayer au « jazz-rock », à de rares exceptions près une stérile démonstration de virtuosité, bien loin d'atteindre la puissance des expériences de Miles Davis au début de la décennie. Weather Report, cependant, et le Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin surent allier l'énergie du rock et l'inspiration du jazz, ainsi que Frank Zappa, touche-à-tout de génie, aussi à l'aise pour composer des pièces classiques que des chansons satiriques, en passant par tous les intermédiaires imaginables.

Aux États-Unis, la soul-music est au creux de la vague, le label Philadelphia International impose un son sirupeux avec Harold Melvin & The Blue Notes ou les Three Degrees, juste concurrencé par les accents plus puissants d'Al Green et de War, d'anciens accompagnateurs d'Eric Burdon. De rares individualités émergent dans le rock : Bruce Springsteen, chantre lyrique du rêve américain, Bob Seger et le J. Geils Band qui n'oublient pas les racines noires du rock, Tom Petty au sourire carnassier et aux guitares cinglantes, Fleetwood Mac qui a renié le blues de ses débuts pour une musique lisse parfaite sur les autoradios, Steely Dan qui rappelle que rock et intelligence ne sont pas incompatibles. Seul mouvement de quelque envergure : les États du Sud prodiguent une musique allègre trempée dans le blues et le country avec les Allman Brothers, Lynyrd Skynyrd, ZZ Top et J.J. Cale, le roi du rock « laid-back », détendu, qui influence considérablement Eric Clapton.

L'unique vent nouveau souffle de Jamaïque, avec l'émergence du reggae, et de son prophète Bob Marley : son rythme caractéristique, très syncopé, se popularise, avec le message « Rasta » qu'il véhicule, qui prône le retour des noirs en Afrique, et un mysticisme certain. Outre Marley, ses figures de proue sont Burning Spear, très proches des « roots » (des racines), Jimmy Cliff, l'universaliste, Toots & The Maytals, aux voix très soul. Peter Tosh, ancien compagnon de Marley, et Gregory Isaacs, crooner sensuel.

La Grande-Bretagne est retombée dans la somnolence, après la flambée glitter, à peine troublée par quelques groupes qui refusent le « commercialisme » en jouant dans des pubs enfumés un rythm'n'blues nerveux, à l'instar de Dr. Feelgood ou Ducks Deluxe, annonçant la vague de fond qui va faire de la fin des années 1970 une ère de régénération du rock…


LES PUNKS EN HÉRITAGE

Enfants de la crise économique et du chômage, les punks balayent tout sur leur passage à partir de 1977... ou s'efforcent de le faire. Ils rejettent les stars et la compétence technique, clamant haut et fort qu'il est plus important d'avoir quelque chose à dire que de savoir comment le dire. Ils portent les cheveux courts, rompant avec les stéréotypes hippies, et chantent la grisaille urbaine et l'ennui. L'urgence et la provocation sont à l'ordre du jour. Les Sex Pistols choquent en insultant la reine en pleine célébration de son jubilé, Clash fait de ses chansons des tracts gauchistes, les Stranglers manipulent les fantasmes sadiques, les Buzzcocks proclament la difficulté d'aimer lorsque l'égoïsme est roi, les Jam semblent être de nouveaux Who. Comme en 1963, de nouveaux groupes éclatent chaque semaine. Au moins en Angleterre.

Les États-Unis ne suivent pas, anesthésiés par l'apathie de programmateurs de radio survivants de l'ère hippie. Seule New York bouge simultanément. Patti Smith, poétesse et ancienne critique, fait la soudure entre hippies et punks. Les Ramones renouent avec la naïveté. Télévision rappelle simultanément la puissance dramatique des Doors et la liberté d'expression de John Coltrane, Richard Hell invente le concept de « génération du néant », les Heartbreakers réactualisent l'esprit de Chuck Berry, et Blondie celui des groupes féminins, Talking Heads se fait l'apôtre d'une soûl pâle et psychotique, Devo propose de régresser vers l'avenir, et Mink De Ville chante un New York fantasmé.


L'ÉCLATEMENT DES GENRES

La musique noire est devenue disco, en adoptant un rythme métronomique, avec Donna Summer, Boney M et des blancs comme les Bee Gees. Le film La Fièvre du samedi soir assied définitivement le genre, au grand dam des rockers.

Petit à petit, l'impact du punk se dilue, donnant naissance à une multitude de modes qui se chevauchent. Devant leur diversité, on parle de nouvelle vague, multiforme et éclatée. Des groupes punks continuent à apparaître, tels les délicieux Undertones ou Stiff Little Fingers. Police réussit à fondre reggae et punk, les Pretenders reviennent à un rock très mélodieux. Un nouvel underground se crée, avec la création de petites maisons de disques indépendantes et artisanales, qui permettent à tout le monde de s'exprimer. Cela va des bruits angoissants de Throbbing Gristle à l'expression convulsive et désespérée de Joy Division, en passant par le rock cristallin, et parfois réminiscent du psychédélisme, de U2 et Echo & The Bunnymen, reflets du désarroi adolescent devant une crise aussi morale qu'économique. Un courant néo-progressiste redonne de l'importance à la technique instrumentale, avec Magazine, Simple Minds et Ultravox. Des chanteurs inspirés par le mouvement punk évoluent vers des voies personnelles, comme Elvis Costello, Joe Jackson, lan Dury et Graham Parker.

Si la crise déprime une partie des jeunes Anglais, elle donne à d'autres l’envie de danser pour mieux l'oublier. Le ska, ancêtre du reggae, retrouve une nouvelle jeunesse avec des groupes « two-tone », intégrant musiciens noirs et blancs, tels les Specials, Madness et The Beat. Ils marquent le début d'une nouvelle convergence entre musiques populaires noires et blanches, qui répond à une montée du racisme en Grande-Bretagne, et cette fois aboutit à un réel échange.

Les « néo-romantiques » adaptent le funk, qui a succédé au disco, aux synthétiseurs, en adoptant des tenues chamarrées de pirates ou de marquis Louis XV, comme Human League, Visage ou Dépêche Mode. Certains se tournent vers les rythmes « tribaux » de l'Afrique, tels Adam & The Ants ou Bow Wow Wow, ce qui permet à des Africains comme Fela Anikulapo Kuti ou King Sunny Adé la conquête d'un nouveau public.

Les noirs américains ne rejettent pas les acquis du rock et de l'électronique dans le funk, grâce à Chic, Earth Wind & Fire, Prince et Michael Jackson ou George Clinton et Rick James. Un phénomène comparable dans l'esprit à celui du punk prend corps dans le Bronx, le quartier le plus déshérité de New York. Les jeunes du ghetto, incapables de s'offrir des instruments, prennent l'habitude de raconter leur vie en mélangeant les meilleurs passages de leurs disques favoris : c'est le « rap », littéralement le « baratin ».

Ainsi, le rock proprement dit reste vivant, cependant, se replongeant dans son histoire afin de rester jeune. Des groupes font simultanément revivre les années 1950, tels les Stray Cats, le milieu des années 1960, comme les Plimsouls et les Fleshtones, les années glitter, à l'image du groupe Bauhaus, voire même les années punk. On peut y voir soit le signe d'un manque d'inspiration, soit le signe que cette musique sait maintenir vivantes ses jeunes traditions. Jusqu'à la prochaine remise en cause radicale, vraisemblablement.

Par T. Chatain (Cadence Info - 01/2017)

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