NEWSRECHERCHEPROPOSERCHANSONCLASSIQUEINSTRUMENTJAZZMUS. FILMSMUS. SOCIÉTÉROCK & CoSON TECH.BLUES, SOUL...
STATS MOIS D'OCTOBRE 2018
81.762 visiteurs
546.371 pages visitées
(source AW Stats)

ROCK, POP, FOLK, ELECTRO...


HISTOIRE DU ROCK AND ROLL

Le rock'n'roll s'est trouvé à la croisée de deux mondes séparés, au moment même où est votée la première loi déclarant inconstitutionnelle la ségrégation dans les écoles. Le nouveau genre s'abreuve, côté noir, de blues urbain et de rhythm'n'blues, côté blanc, de country and western. Mais alors que les artistes blancs lui ouvrent la voie royale du grand public, pour s'imposer, les créateurs noirs doivent réussir l'incroyable "crossover" : partir à la conquête du public blanc.


DU ROCK AND ROLL QUI BALANCE

Le mot "Rock" que l'on peut traduire par "balancer" est un vocable à double sens dans l'argot noir de l'époque : "Faire la fête" et "Faire l'amour". "Roll" pour "Rouler" renforçant son côté suggestif. Durant les années 1950, les termes rock and roll ou rockin' and rollin' apparaissent dans de grands morceaux du répertoire doo-wop : le fameux Sixty Minute Man, des Dominoes (1951) et Ting-A-Ling des Clovers (1952). Quant à "rock" ou "rockin'", on les trouve dans plusieurs titres de rhythm and blues : Good Rockin' Tonight, par Ray Brown (1948), All She Wants To Do Is Rock, par Wynonie Harris (1949), Rockin' Blues, par Little Esther (1950).


Ad Block

Il semblerait que vous ayez installé un bloqueur publicitaire sur votre ordinateur. Celui-ci vous empêche de consulter cette page dans sa totalité et dans des conditions visuelles optimisées. La mise en ligne d'encarts publicitaires non intrusifs permet à ce service d'exister durablement.

Pour ne plus subir cette restriction sur d'autres pages du site, nous vous conseillons de désactiver votre bloqueur publicitaire pour l'ensemble du site "www.cadenceinfo.com". Merci de votre compréhension.

Procédure pour autoriser "cadenceinfo.com"


Le disc-jockey Alan Freed est le véritable promoteur de l'expression "rock'n'roll". Dès 1951, à Cleveland, il lance son émission de radio The Moon Dog Rock'n'Roll House Party, qui deviendra en 1954, sur une radio de New York : Alan Freed's Rock and Roll Party. Il emprunte le parler "jive" des Noirs, et au lieu de programmer les "covers" aseptisés des hits de rhythm'n'blues réalisés par l'industrie musicale pour le public blanc, il passe les originaux enregistrés par les Noirs. Son succès auprès des adolescents blancs sera considérable et son style de programmation, emprunté dans tous les États.


ROCK AROUND THE CLOCK

De nombreux spécialistes s'accordent pour considérer le titre Rocket 88 comme le premier enregistrement de rock'n'roll. Il a été réalisé en 1951 à Memphis par Sam Cooke et publié par le label Chess de Chicago. Jackie Brenston, qui le chante, est accompagné par le Ike Turner Band, dont il est également le saxophoniste. Mais c'est (We're Gonna) Rock Around The Clock qui ouvre réellement l'ère du rock'n'roll en se plaçant n° 1 des ventes américaines durant huit semaines en juillet et août 1955. L'interprète, Bill Haley, vient du country and western et s'est fait un spécialiste des reprises de rhythm'n'blues. Son cover de Rocket 88, en 1951, était déjà plutôt réussi.

© Stadtarchiv Kiel - Bill Haley and The Comets (1966)

Sam Philips reste un personnage clé dans l'avènement du rock'n'roll. Au début des années 1950, les meilleurs bluesmen de Memphis ont enregistré dans son studio, Sun. En 1954, cherchant à orienter le catalogue de son label vers les jeunes artistes blancs influencés par la musique noire, il révèle Elvis Presley. Un an et demi plus tard, ayant revendu le contrat du futur dieu du rock dans d'excellentes conditions, il se concentre sur les carrières de Carl Perkins, Jerry Lee Lewis, Charlie Rich, Johnny Cash… De là, naîtront de nombreux classiques du rockabilly.

D'autres grands noms vont illustrer ce genre : Eddie Cochran, Gene Vincent, Buddy Holly, Johnny Burnette, Wanda Jackson… Parmi les artistes noirs, en grande majorité cantonnés dans les circuits du rhythm and blues, trois personnalités grandioses se détachent : Chuck Berry, Little Richard et Fats Domino. Les deux premiers auront une influence déterminante sur des générations de rockers, mais devront payer cher le prix du crossover.


CHUCK BERRY

Né le 18 octobre 1931 à Saint Louis, Chuck Berry est l'un des pionniers du rock'n'roll et surtout le compositeur d'un nombre incalculable de succès de la Pop/Rock Music. Des groupes comme The Beatles, The Rolling Stones, The Beach Boys lui doivent leurs premiers grands succès : Roll'Over Beethoven, Rock and Roll Music, pour The Beatles, Carol, Bye Bye Johnny, pour The Rolling Stones, Surfin USA, pour The Beach Boys. Tout comme Elvis Presley et Bill Haley, Chuck Berry combine le rhythm'n'blues (la musique noire américaine) et le country and western (la musique de l'américain moyen blanc) pour aboutir au rock'n'roll.

Enfant, Chuck Berry découvre la musique à l'église où il se rend régulièrement avec sa famille (ses parents chantent dans la chorale). Avant de jouer de la guitare, il apprend la basse, mais suite à un vol, il est envoyé pendant 3 ans dans une maison de redressement. Dès sa sortie, à l'âge de 18 ans, après avoir travaillé quelques temps pour la General Motors, il décide de se lancer dans la musique.

© Irving Williamson - Chuck Berry (1965)

Surnommé "Crazy Legs" (les jambes folles) et célèbre pour sa "duck walk" (façon de marcher qui imite celle du canard), Chuck Berry demeure un artiste très populaire dans tous les pays du monde, malgré une condamnation retentissante en 1959 qui faillit mettre un terme à sa carrière (motif : incitation à la débauche). Des critiques anglo-saxons, tel John Gabee, prétendent que si Chuck Berry avait été blanc, il aurait pu devenir aussi populaire qu'Elvis Presley.

La musique de Chuck Berry se caractérise par un rythme simple, répétitif, et les paroles de ses chansons par des sujets courants (automobile, école, fille, musique). Les principales grandes compositions de Chuck Berry, dont chacune fut reprise par plusieurs dizaines d'artistes ou de groupes sont Nadine, Memphis Tennessee, Sweet Little Sexteen, Maybelline, Wee Wee Hours (qui est le premier simple enregistré par Chuck Berry en mai 1955 avec l'aide de Willie Dixon), School Days, 40 Days, Little Queenie (repris par The Rolling Stones).

Son style simpliste et direct, influencé par le blues de Chicago (surtout Muddy Waters), mais également par le chanteur pianiste Nat King Cole et Louis Jordan, prouve encore qu'une musique et des textes simples (sans être dénués de sens social, ni d'humour) peuvent être originaux et excitants.


CHUCK BERRY ET LA JUSTICE

Tout le long de sa carrière, Chuck Berry a eu de nombreux démêlés avec la justice… En 1959, alors qu'il se produit dans un club de nuit, il est soupçonné d'avoir exploité une mineure pour prostitution et se trouve condamné à 5 ans de prison, d'où il sort en 1963. Seize ans plus tard, en 1979, il est accusé de fraude fiscale et subit une condamnation de 4 mois suivie de 1 000 heures de travaux d'intérêt général. Les problèmes avec la justice recommencent en 1990, quand on l'accuse de voyeurisme pour avoir placé des caméras dans les toilettes pour dames de son restaurant le Southern Air (Wentzville - Missouri).

En savoir + : CHUCK BERRY, BIOGRAPHIE EN FORME DE PORTRAIT


UNE CERTAINE FIÈVRE SE PROPAGE

La fièvre du rock'n'roll se propage à l'ensemble de la jeunesse américaine. D'avril 1956 à août 1959, la première place au hit-parade des ventes du Billboard revient en grande majorité à des artistes de rock. Presley est classé n°1 à onze reprises et y reste en tout 59 semaines (près de 15 mois) !

Mais la sensation libératrice provoquée par cette musique sur la jeunesse est loin d'être partagée par les adultes. La majorité morale n'y voit qu'obscénité, violence et autres attitudes déviantes, dénonçant les phénomènes de bande qui l'accompagnent. Certains extrémistes organisent même des autodafés où les participants vouent les disques de rock aux flammes de l'enfer, dont, accusent-ils, cette musique est issue.


ELVIS PRESLEY, LE PLUS CÉLÈBRE DES ROCKERS

Né le 8 janvier 1935 à Tupelo, petite ville du Mississippi, Elvis Presley est issu d'une famille modeste. Il fait son éducation musicale en écoutant la radio. Ses préférences allaient du gospel au Country and Western. A Memphis où il a poursuivi ses études, Elvis Presley apprend la guitare et rencontre Sam Philips, de la firme Sun ; il enregistrera pour celle-ci ses premiers disques, comme That's all right, Mama, cadeau d'anniversaire pour sa mère.

Devant le succès local qu'il remporte, la firme RCA, alerté par son nouveau manager le colonel Parker, le rachète en 1956 et c'est le début de la plus prodigieuse carrière qu'ait connue un chanteur rock. Véritablement idolâtré par toute une génération, ses apparitions déclenchent des émeutes, le moindre de ses gestes ou de ses dires mobilise des centaines de milliers d'admirateurs.

© Metro-Goldwyn-Mayer, Inc. - Elvis Presley (photographie promotionelle du film Jailhouse Rock (1957)

Caractérisé par une voix chaude, sensuelle et vibrante, émanant d'un jeune corps de dieu grec, aux hanches mouvantes, aux yeux troublants et à la bouche prometteuse, Elvis devient le "King". Des milliers d'Américaines tomberont amoureuses de lui, des milliers de jeunes garçons seront perturbés par Elvis Presley, surnommé le "Pelvis". Pour satisfaire ces millions de fans du monde entier, il se décide à tourner des films ; le tout premier, Love me tender (1956), rembourse ses frais en trois jours !

Chanteur de rock, il gravera quelques-uns des plus célèbres titres du genre, comme Heartbreak Hotel, Hound dog, Blue suede shoes, Love me tender en 1956, All Shook up, Jailhouse rock, en 1957. Parti à l'armée en Allemagne, en 1958, Elvis Presley reviendra deux ans plus tard en rocker assagi, aseptisé, sans danger, entièrement sous la coupe du colonel Tom Parker son manager, un ancien "Monsieur Loyal" de cirque.

Le grand public s'aperçoit rapidement qu'il "a troqué sa guitare contre un pupitre de violon" et qu'il s'abandonne au charme stylisé du "crooner". Rapidement, Elvis Presley retrouve de nouveau les studios de cinéma et participera à une trentaine de navets qui n'ajouteront rien à sa gloire. Le King sombre dès lors dans la variété la plus fadasse. Ses ballades sirupeuses et son attitude vulgaire font bien vite oublier le jeune rocker. Jusqu'à la fin de l'année 1969, il vit en reclus à Memphis. Il prend alors conscience qu'il est dépassé et que le jeune public ne le connaît même pas. Il décide alors de remonter sur scène et effectue ses tournées à bord d'un gigantesque avion personnel où, dans chaque ville, il est fêté comme un surhomme, même si sur scène, ses apparitions ne sont plus qu'un rituel et l'interprétation de ses "classiques", un passage obligé. Mais parfois la magie opère et le King retrouve son personnage de rocker, se mettant à chanter ses chansons de façon si bouleversante que le public l'écoute religieusement.

Devenu la vedette de la majorité silencieuse, Elvis produit pourtant encore quelques bon titres comme In the ghetto, Suspicious minds (1969) ou Bigboss man. Adulé, déifié, l'étalon-or Presley, engoncé dans les travers de la superstar milliardaire et cabotine, a presque fait oublier la contribution toute particulière qu'il a apportée à la Rock-Music.

Au début de l'année 1973, des rumeurs couraient selon lesquelles Presley se séparait de son mauvais génie. Il n'en fut rien ; Presley restait le plus populaire aux USA, réalisant en 1970 un record inégalé : trois de ses singles dépassent le million d'exemplaires, trois albums le million de dollars, et plus de 200 000 personnes vont l'applaudir au cours de ses six shows à l'Astrodome de Houston (Texas)… le public vient à Elvis et non le contraire. Mais en 1974, il disparaît de la scène et subit une hospitalisation pour "prise de poids anormal".

Même si les dernières années de sa vie sont extrêmement pénibles, Elvis ne cache rien à son public, il s'offre à lui tel qu'il est devenu… un homme au visage bouffi, avec des mains gonflées et un corps meurtri. Il ne peut cacher ses nombreux trous de mémoire ni son mal de vivre. Le départ de son épouse Priscilla et la mort de sa mère induisent en lui des problèmes psychologiques qui se traduisent par de la boulimie alimentaire et médicamenteuse. Surprotégé, Elvis Presley n'est plus capable d'équilibrer sa vie, vivant et mangeant la nuit, caché derrière les murs de sa demeure, Graceland (Memphis, Tennessee).

Peu de temps avant sa disparition, Elvis Presley donnera un dernier concert à Indianapolis (juin 1977), devant près de 20 000 personnes. Alors qu'il devait entamer une nouvelle tournée à Hartford au Connecticut, le chanteur est retrouvé mort le 16 août 1977 à son domicile, suite à une overdose de médicaments (cortisone, somnifères et énergisants), lié à des problèmes cardiaques.

À consulter : ELVIS PRESLEY ET PRISCILLA BEAULIEU, LEUR HISTOIRE D’AMOUR


Dans les bagages du rêve américain, objet de fascination pour une Europe en pleine reconstruction, le rock'n'roll débarque sur le vieux continent.. En Angleterre, il draine ses adeptes parmi le public du "skiffle" (musique de "pub" inspirée du folk-blues), qu'il aura définitivement supplanté au début des années 1960. Pionniers du rock anglais en 1956, Lonnie Donegan et Tommy Steele sont d'honnêtes imitateurs. En 1958, Billie Fury et Cliff Richard ont étudié dans le détail les prestations d'Elvis Presley. La France opte pour la dérision… témoin le Rock'N'Roll Mops chanté par Henri Cording (alias Henri Salvador), en 1956. Son ami Boris Vian n'a pas de mots assez féroces pour fustiger le rock américain et ses vedettes.

Nos pionniers à nous ont pour nom Danyel Gérard et Richard Anthony. Ce dernier ne parviendra à se faire connaître qu'à l'automne 1959. Toutefois, il faut attendre que Johnny Hallyday casse la baraque en 1961 pour que la France se mette enfin au rock'n'roll.

Par F. Bensignor (Cadence Info - 10/2018)


À CONSULTER

LES PIONNIERS DU ROCK'N'ROLL

ROCK AND ROLL ET SÉGRÉGATION AUX ÉTATS-UNIS

LA MUSIQUE ROCK AU CINÉMA


RETOUR SOMMAIRE