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(source AW Stats)

MUSIQUE DE FILMS


JIM MORRISON ET LES DOORS… When You’re Strange

Genre : documentaire musical
Réalisation : Tom DiCillo
Narration : Johnny Deep
Durée : 01h30min
Année de production : 2009

Près de quarante après la disparition de Jim Morrison, sort When You’re Strange, un long métrage documentaire racontant l’histoire des Doors. Comme en témoigne la présence du film sur Facebook, la notoriété des Doors n’est pas encore éteinte !

'WHEN YOU’RE STRANGE', UN DOCUMENTAIRE SUR LES DOORS

Les Doors, c’est avant tout quatre artistes qui ont constitué, en un temps éclair, l’un des groupes les plus emblématiques et les plus influents de la scène rock des années 60 et 70. A travers des documents historiques, le film When You’re Strange démontre, images à l’appui, tout l’héritage laissé par les Doors : une musique singulière portée par des textes souvent surréalistes et écrits par un poète, Jim Morrison.


LE CHOIX DU RÉALISATEUR ET LE CHOIX DES IMAGES


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L’histoire de ce groupe pourrait être le brillant sujet d’un mélodrame hollywoodien, tant sa fulgurante ascension est étroitement liée à la personnalité de son chanteur Jim Morrison, et à sa disparition soudaine, qui l’emporta à l’âge de 27 ans, peu de temps après celles de Janis Joplin et de Jimi Hendrix (autres légendes, s’il en est, de la musique rock).

De tous les groupes de la scène californienne, les Doors étaient sans doute celui qui avait le plus d’affinité avec le cinéma. John Densmore, batteur du groupe, en témoigne : “Jim (Morrison) et Ray (Manzarek) s’étaient connus à la faculté de cinéma de l’UCLA. Quand je les ai rencontrés, ils m’ont demandé si je connaissais Godard et Truffaut. Je ne savais pas qui c’était, mais j’ai vite appris.”

Le réalisateur du film, Tom DiCillo est un contemporain de la scène punk new-yorkaise. À des encablures de cette musique, des producteurs (aux rangs desquels on compte l’ex-manager du groupe des Doors) lui proposent, trente ans plus tard, la réalisation d’un documentaire sur ce groupe historique de la scène rock des années 60 : “Je ne sais pas pourquoi ils m’ont choisi, reconnaît DiCillo. Mais dès que le nom du groupe a été prononcé, j’ai dit oui.”

Si le film “The Doors” d’Oliver Stone (un spécialiste des films musicaux), sorti en 1991, est une fiction racontant l’aventure du groupe, le film When You’re Strange est un véritable documentaire servi par un Jim Morrison bien réel, portant fièrement une barbe fournie. Pour réaliser son documentaire DiCillo s’est immergé dans des masses de documents filmés, parfois de piètre qualité ou parfois sans aucun son… quand soudain, lors du visionnage d’un film réalisé par Jim Morrison en personne, conduisant une voiture dans le désert, l’idée du fil conducteur pour son documentaire lui est venue en tête… Ce film réalisé en 1969 et baptisé du nom de HWY - An American Pastoral était très expérimental, mais avait été tourné dans de bonnes conditions avec une pellicule 35mm. HWY - An American Pastoralest une sorte de western métaphysique contemporain dont le personnage principal, cheveux longs, cuir noir et bottes, est interprété par Morrison… Pour les fans, ce film ’est un document exceptionnel !

Le visionnage des différentes séquences de ce film décide Dicillo à n’utiliser que des images d’époque (concerts, émissions télévisées), sans autres interventions que les commentaires de Johnny Deep ou la présence involontaire d’un Jim Morrison au volant de sa voiture. “J’ai rajouté une bande-son sur les séquences dans le désert. On voit Jim dans la voiture écouter la radio qui annonce sa propre mort. Il a l’air hanté, perdu dans ces images, c’était un moyen pour moi de faire intervenir l’esprit de Jim Morrison dans le récit de son histoire.”

Le batteur des Doors, John Densmore, a été surpris par ce film qu’il n’avait pas revu depuis quarante ans : “Je connaissais déjà toutes ces archives, pourtant, à un moment donné je me suis dit… Quoi, il y a ça, ce film où l’on voit Jim, barbu, dans le désert ! Car c’est bien Jim que l’on voit à l’écran, pas un acteur, comme le croient certains à cause du film qui a été tourné en 35mm et de sa qualité d’image… Je n’aime pas ceux qui disent qu’il est toujours vivant ou je ne sais quoi. Il est au Père Lachaise et il est mort alcoolique, mais nous l’aimons lui et sa musique… et là, le voilà bien vivant à l’écran, dans une voiture où il apprend sa propre mort.”


UN FILM SUR JIM MORRISON

Si les fans des Doors n’apprendront pas grand chose, en revanche pour les autres, ce film est le portrait avant tout de Jim Morrison, un Jim Morrison que l’on découvre en ado timide lisant Rimbaud et qui, en quelques années, va se métamorphoser en bête de scène lors des concerts. Mais le film When You’re Srange montre également un Jim Morrison dépendant à l’alcool, à la drogue et au sexe. Fort heureusement, le film évite de s’appesantir sur sa mort. Le culte de Jim Morrison n’a que plus de vérité lorsque, entouré de ses fans, il donne l’impression d’avoir besoin de leur regard pour vivre. Tom Dicillo n’a pas oublié le Jim Morrison poète, celui qui écrivait la majorité des textes des chansons et qui sera tenté à plusieurs reprises d’arrêter la musique pour se consacrer exclusivement à l’écriture. Dans le film, c’est Johnny Deep qui s’emploi à cette tâche en lisant les poèmes de Morrison.


LES DROITS D’AUTEUR

Après le décès de la compagne de Jim Morrison, Pam Courson, c’est sa mère qui détient à présent tous les droits concernant les documents laissés par le chanteur. Elle n’en a accepté l’utilisation qu’à la condition que la toxicomanie de sa fille ne soit jamais évoquée. DiCillo précise qu’il a fallu également naviguer au plus près dans les relations conflictuelles qu’entretiennent les trois musiciens survivants… Alors que John Densmore adhère strictement à l’éthique originelle du groupe, Ray Manzarek et le guitariste Robbie Krieger sont plus accommodants. “Quand nous répétions dans un garage, rappelle Densmore, Jim a proposé de partager tous les droits d’auteur en quatre, quelle que soit la contribution de chacun à telle ou telle chanson. La contrepartie était que chacun d’entre nous avait un droit de veto.”

C’est ainsi que Densmore s’est toujours opposé à l’utilisation de chansons des Doors dans la publicité. En 2002, il a décliné 1,5 million de dollars qu’offrait Apple pour un extrait de When the Music’s Over, à la grande fureur de ses deux camarades. “Alors, quand j’ai voulu que le film se termine par la phrase “A ce jour, la musique du groupe n’a jamais servi pour une publicité”, raconte Tom DiCillo, Ray Manzarek a été furieux et m’a demandé de l’enlever.”… mais cette fois, c’est le réalisateur qui a eu gain de cause.


QUI ÉTAIENT LES DOORS ?

“Nous voulons le monde et nous le voulons maintenant !” s’écriait dans “When the Music’s over”, le chanteur Jim Morrison. Porte-parole d’une génération, les Doors ont été le groupe le plus violent et le plus angoissé apparu aux Etats-Unis en 1967.

Le livre “Les portes de la perception”, d’Aldous Huxley narrant son expérience de la mescaline et d’autres drogues hallucinogènes et la citation de William Blake, qui lui a fourni le titre de son livre, inspira également Jim Morrison et Ray Manzarek pour le nom du groupe - The Doors - qu’ils fondèrent en 1965 à Venice Beach avec John Densmore et Robby Krieger.

Raymond Daniel Manzarek, à l’orgue et au piano électrique, Robert Alan Krieger, aux guitares et John Paul Densmore, à la batterie, furent pendant six années totalement pris en charge par l’extraordinaire personnalité du chanteur Jim Morrison (né James Douglas Morrison en 1943).

Lorsque, en janvier 1967, on écouta pour la première fois cet orchestre à Los Angeles, on découvrit un nouveau son ; ce son unique se caractérisait par une utilisation spéciale de l’orgue et par cette voix à la fois gutturale et sensuelle. Si “Break On Through” fut leur premier enregistrement, c’est avec “Light My Fire” que les Doors obtiennent leur premier succès, croissant et jamais démenti, même après la mort de Jim Morrison.

Surnommés parfois les Rolling Stones américains, ils durent une grande partie de leur succès à la publicité (pas toujours gratuite) occasionnée par les frasques scéniques de Morrison. Son jeu de scène extrêmement suggestif, ses poses lascives, son attitude agressive envers le conformisme, tout cela lui conféra une réputation de “sex symbol” qui déplut aux parents d’alors et aux flics avec lesquels il eut d’ailleurs de sérieux ennuis, mais qui achevèrent d’en faire une idole auprès des jeunes américains.

Le 2 mars 1969, lors d’un concert à Miami, Morrison exhiba ses parties intimes et fut condamné pour “conduite lascive en public, par l’exposition de ses organes sexuels et simulation de masturbation et de copulation orale” ! En réalité, ce qui aurait détruit tout artiste de variété contribua en fait à sa gloire. Mais il ne faudrait surtout pas garder du passionnant personnage de la scène musicale ce côté scandaleux, qui n’est qu’un aperçu superficiel de sa personnalité, spectaculaire il est vrai.

L’œuvre lyrique de Jim Morrison des Doors est magnifique. Les textes magiques qu’il a écrit pour ce groupe comptent parmi les plus belles œuvres poétiques surréalistes de la musique rock. Cette atmosphère morbide, démoniaque, créée par les paroles, était admirablement complétée par la musique de Ray Manzarek (son utilisation de l’orgue a fait école) et les ponctuations rythmiques sauvages de Robbie Krieger et John Densmore.

Décrire cette atmosphère est difficile ; pour cela, il faut écouter les Doors (toute l’importance et la force extraordinaire du groupe de Jim Morrison transparaît à l’écoute de “The End“, de “People Are Strange” ou de “When The Music Is Over“). La lecture des deux recueils de poèmes que Morrison a écrits servent de témoignage posthume (”The lords and the new creatures” et “An American prayer“), tout comme les textes des six albums que Jim Morrison a enregistrés avec ses compagnons.

Après la disparition de Morrison, le trio tentera de perpétuer les Doors, sans succès. Continuant à être régulièrement redécouvert sur disques par les nouvelles générations, la légende de Morrison est encore bien vivante. Reste que les Doors, tout comme Janis Joplin, n’ont pas été vraiment perçus en leur temps à leur juste valeur, mais l’époque chaotique de la fin des années 60 voulait peut-être cela !

Par Elian Jougla (Cadence Info)


À CONSULTER

JIM MORRISON ET LES DOORS, HISTOIRE ET LÉGENDE


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