JAZZ ET INFLUENCES


JIMMY SMITH, L’ORGANISTE QUI FAISAIT VIBRER LE HAMMOND

Bluesman, swingman et showman très dynamique, la carrière de Jimmy Smith est indissociable de l’orgue Hammond, instrument qu’il a popularisé dans le jazz dès le milieu des années 50.


UN AMOUR POUR LE HAMMOND B-3

Dans les années 50, malgré une popularité qui ne cesse de croître aux États-Unis, très peu de pianistes pratiquent l’orgue jazz. L'image d'un orgue résolument moderne, déraciné du gospel et des chants d'église où il est enfermé depuis ses origines, a du mal à exister. Si Wild Bill Davis est l’un des premiers à le faire swinguer en adoptant un jeu en accords (block chords), c’est surtout Jimmy Smith qui va dépoussiérer l’instrument en prenant la tête de petites formations avant de se voir confier une place de leader méritée au sein de big bands célèbres.


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Après avoir débuté au piano, Jimmy Smith (James Oscar Smith) se met à l’orgue en 1953, à l’âge de 28 ans. S’emparant du classique B-3, il attire l’attention du public dès son premier album en 1956 (The Champ) et devient rapidement une vedette de l'instrument.

Grâce à sa clairvoyance, l'organiste comprend vite qu’il peut tirer des sons novateurs de cet instrument. « Lorsque j’ai eu l’occasion d’essayer un B-3, il y a eu comme un déclic en moi et j’ai compris qu’en détachant les notes, il y avait là un style nouveau à créer. À moi tout seul, je pouvais être l’orchestre de Count Basie ! » dira l’intéressé.

En effet, son approche technique sera de faire sonner son orgue comme un big band. Même en accompagnement, Jimmy Smith reproduisait souvent les riffs de cuivres qu’il recyclait sur les claviers. Il utilisait admirablement cette technique tout en explorant les nombreuses ressources sonores du Hammond : « Le Hammond est comme une machine à coudre ou une pedal steel guitar, c’est un sacerdoce en soi-même et il faut au moins dix ans pour en faire le tour et pouvoir commencer à dire que l’on connaît un peu l’instrument, au point que si les techniciens arrivent un jour à effacer les difficultés du Hammond, alors ce ne sera plus le même instrument. » (Jimmy Smith – 05/1991, Keyboard Mag.)


JIMMY SMITH : CAN'T GET ENOUGH (1974)

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Combinant avec talent les accords et les notes détachées venues du jeu de piano, l’organiste aimait utiliser les présets fournis par le B-3, notamment celui qui indiquait « Organ Grinder Swing ». C’était même devenu son surnom pendant quelque temps du jour où il enregistra un album portant ce nom-là (Organ Grinder Swing – 1965). Concernant toujours le son, une de ses autres ressources techniques était de changer assez souvent la vitesse de rotation de sa cabine Leslie. Quant au pédalier, l‘organiste ne se privait pas de l’utiliser, donnant même l’impression que son jeu de basses battait vigoureusement la mesure.

Musicalement influencé au départ par le blues et le gospel, Jimmy Smith va, à partir des années 60, orienter son style vers le jazz soul dont il deviendra l’un des plus éminents représentants. Également chef d’orchestre infatigable, Jimmy Smith a joué avec des personnalités aussi diverses que le trompettiste Lee Morgan, les saxophonistes Lou Donaldson, Hank Mobley et Stanley Turrentine, les guitaristes Kenny Burrell et Wes Montgomery ou le batteur Grady Tate.


JIMMY SMITH  WATERMELON MAN (1995)

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Musicien fidèle du prestigieux label 'Blue Note' à ses débuts, il passera chez 'Verve' à partir des années 60 lors de sa période jazz soul, période durant laquelle il sera aussi une 'guest star' auprès de divers big bands comptant à leur tête de célèbres arrangeurs, tels Oliver Nelson (Peter & the Wolf – 1966, Hoochie Cooche Man - 1966) et Lalo Schifrin (The Cat – 1964).

Citons aussi ses diverses collaborations avec le trompettiste Dizzy Gillespie, le pianiste Oscar Peterson, le violoniste Stuff Smith et le guitariste Kenny Burrell (Blue Bash ! – 1963) ou encore la chanteuse Dee Dee Bridgewater (Love And Peace : A Tribute To Horace Silver – 1995)

Par Elian Jougla (Cadence Info - 06/2020)


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