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(source AW Stats)

CHANSON


« MON PAYS, C’EST L’AMOUR », UN JOHNNY HALLYDAY PRENANT ET VRAI

Quelques mois après la disparition de l’artiste, les fans sentaient monter en eux une certaine fièvre. L’attente semblait insoutenable et interminable. Ils ne pouvaient s’empêcher de penser à la date du vendredi 19 octobre inscrite en gros dans leur agenda. Le compte à rebours venait de commencer...


« MON PAYS, C’EST L‘AMOUR », L’ALBUM DE TOUTES LES ATTENTES

L’album posthume de Johnny Hallyday, « Mon Pays, c’est l’amour » vient de sortir. Il était difficile d’ignorer l’événement étant donné que la date de parution avait été annoncée quelques semaines auparavant sans ménagement. Dès 0 h 01, dans la nuit de jeudi à vendredi, quelques Fnac restées ouvertes pour l'occasion ont vu les plus fidèles fans se ruer sur l'album posthume de leur idole, sans même savoir au fond quelle était son contenu et sa qualité artistique. Pour eux, l'acte compulsif s'explique pour d'autres raisons. Certains, en larmes, trouvaient le moment d'autant plus fort que la dernière fois où ils avaient eu rendez-vous avec Johnny c'était le 9 décembre 2017, jour du vibrant hommage populaire.


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Disponible sur les plateformes de téléchargements, en streaming et dans tous les points de ventes, le 51ème et dernier album de Johnny Hallyday devrait atteindre des records de vente. Consciente de l’effet que peut produire une telle médiatisation, la maison Warner avait pris les devants en proposant 800 000 exemplaires en vente. De quoi voir venir, sachant que la meilleure vente réalisé par Johnny pour un album a atteint un peu plus de deux millions d’exemplaires (« Sang pour sang » – 1999).


UN ALBUM À L’IMAGE DE JOHNNY HALLYDAY : POIGNANT, FORT ET SANS CONCESSION

S’il existe un message en filigrane dans « Mon Pays, c’est l’amour », ce n’est certainement pas celui du désespoir, ni celui d’un artiste qui sent que tout peut lui échappe. Même une chanson comme « J’en parlerai au diable » doit être relativisée et replacée dans son contexte.

Cet album-là n’est pas un testament mis en musique. D’ailleurs, les propos rapportés par l’architecte de l’album, Maxim Nucci (alias Yodelice), laisse à penser que « Mon Pays, c’est l’amour » n’a pas été conçu avec cette idée en toile de fond : « Johnny avait manifesté vite l’envie de revenir sur scène, de faire des stades. Il avait envie de balayer tous les styles musicaux de sa carrière. Il voulait des choses très orchestrées, des arrangements épiques. » (source : La voix du Nord) Néanmoins, il reste évident que l’annonce de sa maladie n’a pu que provoquer une certaine agitation dans l’entourage familial et professionnel.

Dans cette période trouble, quand personne ne peut prédire de quoi l‘avenir sera fait, Johnny restait lucide sur son état de santé et continuait de faire preuve de courage. Il ne voulait certainement pas renoncer à ce qu’il aimait : la scène et ses fans. Il envisageait d’ailleurs de remonter sur scène après le succès rencontré par la tournée du trio ‘Hallyday/Mitchell/Dutronc’. C’est peut-être pour cela qu’aujourd’hui, les chansons de « Mon Pays, c’est l’amour » ont un goût si particulier, parce que mieux que Johnny, nous savons que ce sont ses dernières (1)

1 - Pour faire taire les rumeurs, les proches et la maison de disques ont confirmé qu’il n’existait pas d’autres enregistrements susceptibles de voir le jour.


JOHNNY HALLYDAY : JE NE SUIS QU'UN HOMME


Le sentiment est quasi général, l’album de Johnny est une réussite. Étonnamment, la crainte d’entendre la voix de Johnny altérée par la maladie est dissipée quand on l’écoute. Sa façon caractéristique d’appuyer sur l’intonation des mots, d'articuler autour d'eux, de monter la voix en puissance semble intacte. C’est presque magique, d’autant plus qu’aucune correction n’aurait été apportée selon Yodelice.

L’album est ouvert sur le rock et le blues, voire le rockabily, ce qui ne devrait pas déplaire aux fans de la première heure. Si « Mon Pays, c’est l’amour » n’est pas un testament musical, il a par contre le mérite de démontrer que l’homme qui a saisi le micro reste avant tout un homme avec ses doutes et ses faiblesses : « J’aurais voulu rester pour le pire, le meilleur, mais je ne suis qu’un homme » (« Je ne suis qu’un homme »).

Comme d’habitude, Johnny Hallyday s’en remet à quelques auteurs d’horizons divers pour trouver la tonalité qui lui sied. Christophe Miossec (« Je ne suis qu’un homme ») côtoie des auteurs inconnus du grand public - mais qui ne le resteront certainement pas très longtemps ! : Yohann Mallory, Pierre Jouishomme et Boris Lanneau « Tomber encore ».

Onze titres sont ainsi à découvrir avec des thèmes que le chanteur a souvent interprétés. Donc pas de surprises à avoir de ce côté-là. Johnny reste Johnny et chante l’amour comme la mort, les regrets et les adieux (« Pardonne-moi »), l’Amérique à coup sûr, mais aussi le ‘rock du bagne’, c’est-à-dire l’univers carcéral : « 4m2 et des poussières, c’est la dimension de l’enfer.  / 4m2 et des poussières, c’est la mesure de ma misère » («  4m2  »).

Par D. Lugert (Cadence Info - 10/2018)

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