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CHANSON


BIOGRAPHIE JULIEN CLERC, PORTRAIT D'UN CHANTEUR POPULAIRE

Au lendemain de mai 68, à l’heure où les générations s’opposaient, le chanteur Julien Clerc s’imposait sur les postes de radio avec La Cavalerie. Sa mélodie et sa poésie sont arrivées à point nommé pour toucher des cœurs et des âmes tournés vers des horizons lointains…


DE BOURG-LA-REINE À LA SORBONNE

Julien Clerc, de son vrai nom Paul-Alain Leclerc, est né le 4 octobre 1947 à Paris. Il est originaire de la Guadeloupe par sa mère et du Poitou par son père. Ses parents ayant divorcé, il est élevé par son père, professeur de lettres, puis haut-fonctionnaire à l’UNESCO. Julien passe ainsi son adolescence à Bourg-la-Reine et au lycée Lakanal de Sceaux. Il se révèle bon en lettres et médiocre en mathématique.

Entre deux cours, il écoute les chansons des Beatles et de Bob Dylan… Doué pour le piano et la batterie, il apprend très vite à déchiffrer les mélodies à l’oreille. Tout en préparant le bac, il compose ses premières musiques sans avoir la moindre ambition professionnelle. Maurice Vallet, l’un de ses voisins et camarade de classe, ajoute des paroles et va devenir l’un des auteurs favoris de Julien. Maurice Vallet contribuera ainsi aux premiers succès du chanteur : Ivanovitch, Julien, Quatre heures du matin, Les menhirs ou encore Zucayan et Cœur-de-Dieu.


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© Studio Harcourt - Julien Clerc (2011)

Devenu étudiant en droit, Julien Clerc fait la connaissance à L’Écritoire, un bar voisin de La Sorbonne, d’Étienne Roda-Gil, un poète ayant pour maîtres André Malraux et San-Antonio. De leur fraternité immédiate naissent des chansons dont le style ne retient pas l’attention des responsables des maisons de disques. « On ne comprend rien aux textes, cela n’intéressa personne » avoue l’un d’entre eux à Julien après une audition.

Paul-Alain Leclerc devenu Julien Clerc sur le conseil de Roda-Gil trouve néanmoins deux appuis : Bob Socquet, directeur artistique, et Bertrand de Labbey, éditeur de chansons. Julien obtient alors carte blanche et enregistre un premier 45 tours dont les arrangements sont confiés à Jean-Claude Petit. Le disque sort le 2 mai 1968, soit 24 heures avant les premières manifestations. La cavalerie, puis dans une moindre mesure Jivaro Song, constituent un évènement dans l’histoire du music-hall ; l’éclosion d’un nouveau style.


LE PREMIER OLYMPIA ET HAIR

Gilbert Bécaud devient le premier supporter de Julien Clerc et l’engage en première partie de son récital 1969 à l’Olympia. Après une représentation, Bertrand Castelli, producteur de spectacle aux États-Unis, se rend en coulisses pour proposer à Julien le rôle principal de la version française de Hair, une comédie musicale alors célèbre aux Etats-Unis et en Angleterre. Julien hésite, puis décide de se rendre à Londres pour assister à une représentation. Enthousiaste, il signe le contrat dès son retour à Paris et entre tout de suite en répétition. Quelques semaines après, le voici « Tête d’affiche » au théâtre de la porte Saint-Martin entouré de comédiens vêtus comme lui en hippies. C’est ainsi que la chanson Let the Sunshine In deviendra Laissons entrer le soleil et procurera à Julien Clerc un succès mérité.

Après Hair, Julien Clerc renoue avec son répertoire et retrouve l’Olympia en 1970, mais cette fois-ci en vedette. Le soir de la première, Barbara et Jacques Brel sont les premiers à le féliciter et à lui prédire une grande carrière. La même année, Julien reçoit pour son premier 33 tours le "Grand prix de l’Académie Charles Cros". Ce disque éponyme se vend à 200 000 exemplaires et touche déjà plusieurs générations de spectateurs. Le public s’enflamme à l'écoute de Yann et les dauphins, Ivanovith ou Le caravanier, tandis qu'à l’horizon se dessinent déjà La Californie et Carthage, deux titres appartenant au second 33 tours (Des jours entiers à t’aimer - 1970) et qui confirme le talent, la personnalité et la singularité du chanteur.

Un tel succès fait bien évidemment des jaloux et enflamme les critiques. Certaines personnes relèveront bien volontiers son vibrato appuyé (en réponse la chanson Berce-moi sera comme un pied de nez à cette critique), tandis que d’autres jugeront son univers hermétique, particulièrement en raison de certaines paroles contenues dans ses chansons (Julien Clerc reconnaîtra des années plus tard qu’il ne comprenait pas toujours ce qu’il chantait). Fort heureusement pour lui, la majorité lui réserve un triomphe à chacun de ses passages sur scène. Pour le public, Julien est avant tout un jeune homme bien élevé, capable de s’exprimer intelligemment et posément sur des sujets fort divers comme la drogue, l’argent ou la politique. Chacun des disques de Julien Clerc devient dès lors un événement.

Six ans après ses débuts, il reçoit, après un concert au Palais des Sports, cinq disques d’or des mains de Françoise Hardy. Deux d’entre eux le récompensent pour une seule chanson, Ce n’est rien. Son rythme populaire conduit au son de l'accordéon et ses paroles en ritournelle accordent au chanteur un crédit et un enracinement médiatique amplement justifiés.


JULIEN CLERC CÔTÉ VIE PRIVÉE

Au début de sa carrière, une artiste célèbre tient une place essentielle dans la vie de Julien Clerc, France Gall. Leur amour ne va toutefois pas résister à leurs obligations professionnelles respectives. Ils finissent par se séparer au milieu des années 70 ; une blessure dont Julien aura beaucoup de mal à guérir, une rupture évoquée dans l’album N°7, sans doute le plus noir de sa carrière et marqué principalement par une chanson signée Etienne Roda-Gil, Souffrir par toi n’est pas souffrir (1975).

Engagé par Jean-Pierre Blanc, réalisateur du film D’Amour et d’eau fraîche (1976), Julien partage l’affiche avec Miou-Miou. Leur complicité se poursuit bien au-delà des plateaux… De leur amour naît en 1978 un enfant prénommé Jeanne qui devient la demi-sœur d’Angèle, la fille de Miou-Miou et de Patrick Dewaere. Le couple s’installe dans l’Yonne, près d’Auxerre. Julien se promène avec ses chiens, élève des moutons, fait du cheval et reçoit ses copains pour jouer au poker ou pour échanger des histoires drôles. Une forme d’existence interrompue hélas par des emplois de temps devenus totalement incompatibles.

Julien croise ensuite le parcours d’une jeune bordelaise prénommée Virginie et passionnée comme lui d’équitation. Julien et Virginie se marie en Corse, puis s’installe à Paris et à Bordeaux. Ils vont devenir les parents d’une fille Vanille puis d’un garçon Barnabé, mais le couple se sépare en 2002.

Depuis 2004, Julien partage son existence avec Hélène Grémillon, scénariste et romancière, qui donne naissance à Léonard le 22 avril 2008. Julien est père pour la cinquième fois !


JULIEN CLERC ET LE CLUB DES AUTEURS

Pour Julien Clerc, les années 80 sont marquées du sceau de Femmes… Je vous aime (1982). La chanson sera l’un des plus grands succès du chanteur. Écrite par Jean-Loup Dabadie, l’écrivain avait déjà concocté pour Julien un autre titre phare de sa carrière Ma préférence deux ans plus tôt. Le chanteur a conquis un public féminin qui le suit les yeux fermés à travers des textes taillés à leur intention.

Les musiques néo-symphoniques accompagnées des textes quasi oniriques de Maurice Vallet et d’Étienne Roda-Gil cède le pas. Julien a changé de registre. Est-ce une évolution normale ou une certaine maturité qui transporte le chanteur ? Toujours est-il que les fans de la première heure regretteront la part de folie, d’inattendu qui enveloppaient de rêverie et de voyages les Niagara, Zucayan et autre Yann et les dauphins. Mais le chanteur a déjà tracé d'autres sillons, traversé par des inspirations et des valeurs qu'il a construit à travers un club très fermé d’auteurs et où un nom manque à l'appel : Étienne Roda-Gil. Le complice des débuts s’est éloigné en 1980 (il réapparaîtra douze ans plus tard avec l’album Utile). Julien s’est également séparé de son arrangeur fétiche, Jean-Claude Petit, et cela s’entend dans ses nouvelles productions.

Si Julien sait qu’il peut déjà compter sur Dabadie, d’autres plumes célèbres vont l'entourer : Maxime le Forestier, Luc Plamandon, David McNeil (Melissa – 1984), Serge Gainsbourg – le temps de deux chansons (Belinda et Mangos) – sans oublier son amie Françoise Hardy (Fais-moi une place - 1990). Ces complices sont indispensables à l’évolution musicale de l’artiste. Chaque nouveau disque est en effet pour Julien Clerc l’occasion de découvrir d’autres rimes ou d’ouvrir dans la musique de nouvelles voies s’en changer la sienne, unique en son genre et reconnaissable entre mille.


SI J’ETAIS ELLE…

En 2000 sort Si j’étais elle. Dans ce disque Carla Bruni est une nouvelle venue, mais elle imprime déjà de son empreinte des textes qui font mouches. Le titre éponyme rencontre un vif succès et montre à quel point Julien Clerc évolue tout en conservant sa façon de phraser et de raconter à travers quelques mots tout l’amour que le public féminin lui porte. Quand sort Double Enfance en 2005, Julien Clerc comme d’autres chanteurs est confronté à un marché du disque qui commence à montrer quelques défaillances. Pourtant l’album rencontre un beau succès. Étienne Roda-Gil et Maxime le Forestier sont toujours là. La famille s’agrandit pour l’album suivant (Où s’en vont les avions - 2008) avec l’arrivée d’une jeune recrue, Benjamin Biolay comme producteur.

En 2012, après avoir été accompagné par un orchestre symphonique, Julien revient à quelque chose de plus intime. La tournée s’intitule Pianistic et, comme son nom semble l’indiquer, elle ne fera appel qu’à deux pianos pour habiller ses chansons anciennes et nouvelles.

À 70 ans, le chanteur conserve une jeunesse et un charme indéniable. Julien semble avoir traversé sa longue carrière avec une harmonie et une plénitude totale, planifiant avec autant d’élégance que de sagesse son évolution artistique et scénique. Homme engagé quand il chante L’assassin assassiné en prenant fait et cause contre la peine de mort (Sans entracte – 1980), ou ne cachant pas ses opinions quand il se prononce en 2012, en faveur du mariage pour tous et de la cause gay, l'artiste donne l’image d’un homme en totale osmose avec notre époque. Aujourd’hui, Julien est un grand-père heureux, un homme comblé, et même si on ne sait jamais ce que réserve l’avenir, il sait qu’il peut déjà compter sur ses fans pour reprendre en chœur avec lui "Si on chantait, la la la, Si on chantait !"


DISCOGRAPHIE

  • 1968 : Julien Clerc
  • 1970 : Des jours entiers à t'aimer
  • 1971 : Niagara
  • 1972 : Liberté, Égalité, Fraternité... ou la Mort
  • 1973 : Julien
  • 1974 : Terre de France
  • 1975 : No 7
  • 1976 : À mon âge et à l'heure qu'il est
  • 1978 : Jaloux
  • 1980 : Clerc Julien
  • 1980 : Sans entracte
  • 1982 : Femmes, Indiscrétion, Blasphème
  • 1984 : Aime-moi
  • 1987 : Les Aventures à l'eau
  • 1990 : Fais-moi une place
  • 1992 : Utile
  • 1997 : Julien
  • 2000 : Si j'étais elle
  • 2003 : Studio
  • 2005 : Double Enfance
  • 2008 : Où s'en vont les avions ?
  • 2011 : Fou, peut-être
  • 2014 : Partout la musique vient
  • 2017 : À nos amours

Par Elian Jougla (Cadence Info - mise à jour 10/2017)


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