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ABBA, LA RANCON DU SUCCÈS : DE LA TOURNÉE AUSTRALIENNE AU MUSÉE

Depuis le jour où le groupe suédois ABBA a remporté le grand prix de l’Eurovision en 1974, que de chemin parcouru ! Inconsciemment, depuis la disparition des Beatles en 1970, l’industrie du disque, mais aussi le public, cherchaient désespérément des successeurs à ce groupe mythique. C’est alors qu’est arrivé ABBA, un peu par hasard, sans crier gare…


ABBA À LA RECHERCHE DU TUBE

Si la chanson Dancing Queen marque la consécration de dix ans de carrière, l’histoire du groupe remonte au 6 avril 1974, à Brighton, en Angleterre, lorsqu’ils remportent le "concours Eurovision de la chanson" avec Waterloo. Celle-ci devient rapidement un tube international et tout semble alors possible pour le groupe. Les quatre suédois tiennent particulièrement à percer dans la patrie des Beatles, berceau d’une musique pop et rock qui tient le haut du pavé depuis les années 60.


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Généralement, les gagnants de l’Eurovision ne sont pas pris au sérieux, et cela, quelle que soit la qualité artistique du produit présenté. Or, suite au concours, quelques spécialistes affranchis nomment le groupe ABBA de « Beatles suédois ». Cette flatteuse comparaison qui leur va droit au cœur ne suffit pourtant pas à les faire entrer dans le top 40 britannique. En effet, les Anglais restent septiques sur la qualité artistique d'ABBA. La maison de disques RCA s’interroge et, ne sachant toujours pas ce qui cloche, toute l’équipe se met alors en quête d'un nouveau tube... quand, soudainement, des rumeurs leur font entendre qu'en Australie les chansons du groupe connaissent un succès aussi fulgurant qu’inespéré.


ABBA ET LA CONQUÊTE DE L’AUSTRALIE

Dans un premier temps, surtout grâce aux clips promotionnels qui sont diffusés sur les chaînes télévisées, l’Australie va jouer un rôle fondamental dans la carrière d’ABBA. Le groupe est aux avant-postes dans le domaine du clip, bien avant que cela devienne un passage obligé. Les téléspectateurs australiens découvrent alors les chansons I Do, I Do, Ring, SOS, Mamma Mia.

Dès lors, le succès des clips booste les ventes de disques, et les stations rocks qui trouvaient la musique d’ABBA trop « soupe au lait » sont bien obligées de diffuser leurs titres. En Australie, personne encore n’avait eu autant de popularité depuis les Beatles. Le public demande alors à voir les quatre Suédois en chair et en os…

En mars 1976, lors de leur première visite, l’engouement se transforme en véritable passion. Une émission télévisée leur est entièrement consacrée. Les Australiens se prennent d’affection pour ces deux couples à la fraîcheur naturelle qui possèdent le pouvoir de rassembler toutes les générations. Leurs succès est presque trop énormes. Ainsi, la chanson Fernando passera 14 semaines en tête du hit-parade, égalant ainsi le record de Hey Jude des Beatles. Quelques années plus tard, il en sera de même avec la chanson Dancing Queen qui accèdera à la tête des hit-parades en moins d'une semaine, en Australie, mais aussi dans tous les pays où la chanson sera présentée.

ÉCOUTER : ABBA - SOS

Le culte d'ABBA s’impose. Les Australiens voient le groupe de partout : à la radio, à la télévision, dans les journaux, mais aussi à travers tous les produits dérivés, des chaussettes au tee-shirt en passant par les sacs, les poupées et autres badges. Un véritable tsunami ABBA vient de s'abattre sur l'Australie !


LA PREMIÈRE GRANDE TOURNÉE AUSTRALIENNE

En mars 1977, un an après sa première visite, ABBA revient en Australie pour se produire sur scène. Ce sera sa plus grande tournée. À la une du ‘Daily Mirror’ australien, un gros titre est écrit : They’re here ! (Ils sont là !) Et, comme si la tournée n’était pas assez ambitieuse, Stig Anderson, le manager d’ABBA, a alors en vue un autre projet : profiter de ce séjour pour tourner un long métrage.

Le réalisateur Lasse Hallstrüm, qui tient à sortir des sentiers battus, monte un scénario pour le documentaire de la tournée : « Un DJ d’une radio veut obtenir une interview exclusive du groupe, tandis qu’un garde du corps s’efforce de l’en empêcher. » Par souci de réalisme, il ne révèle pas aux membres d’ABBA que le DJ et le garde du corps sont des comédiens. « Je les ai juste projetés dans leur réalité. Ils étaient tellement entourés de gens qu’ils ne connaissaient pas leurs gardes du corps personnellement. » dira-t-il. Plus tard, les membres d’ABBA comprendront que c’était une comédie, un jeu qui faisait partie du scénario. Le documentaire se fera dans l’improvisation la plus totale et produira au final, grâce au montage, un remarquable témoignage des quinze jours de la tournée.


LE CONCERT DE SYDNEY

Le jour du concert à Sydney, tout le monde attend avec impatience ABBA. Le concert doit avoir lieu en plein air, au "Sydney Showground". Mais le soir du concert, les dieux de la météo sont bien décider à transformer le triomphe en débâcle. Le temps est épouvantable. Le stade est noyé sous la pluie, rempli de fans surexcités. Les milliers de parapluies ouverts jusqu'à l’horizon composent un spectacle saisissant. Dans les coulisses, à cause de l’orage qui gronde, la peur d’une soudaine électrocution panique les membres du groupe et les techniciens. Pourtant, malgré le risque, ABBA monte sur scène et produira ce soir-là un de ses meilleurs spectacles, la peur au ventre. Le lendemain, la presse relèvera cette déclaration : « We risked our lives ! » (Nous risquions nos vies !). Philosophiquement, le réalisateur Lass Hallstrüm déclarera : « C’est toujours beau, la pluie, avec de la lumière derrière… Les cris du public sous la pluie, c’était vraiment quelque chose. Ca m’a donné la chair de poule. »

Partout où le groupe se déplaçait, il y avait une foule de gens qui les attendait. Lors de leur visite à la mairie de Melbourne, ils n’étaient pas 2 ou 3000 fans, mais 100 000 à scander ABBA ! Les gens hurlaient à perte de vue au point que la police dût fermer les accès à la ville momentanément.

MONTAGE CONCERT ABBA - SYDNEY 1977

ABBA ne cesse de galvaniser le public partout où il se produit. Si les concerts sont grisants, la tournée génère également beaucoup de pression. Dans les hôtels qui reçoivent les membres du groupe, rien n'a vraiment été prévu pour assurer leur sécurité. Autant renoncer à toute intimité, car il ne semble y avoir aucune limite chez les fans comme chez les paparazzis. Leur extraordinaire popularité surprendra même les vedettes de la rock-music. Ce n’était pas « La fièvre du samedi soir » mais plutôt « La fièvre ABBA » que le groupe subissait !


LA CONSÉCRATION ARTISTIQUE POUR ABBA

L’Australie étant conquise, l’Angleterre devenait le joyau de la couronne. Ce pays représentait l’étape incontournable pour leur consécration artistique. Pour de jeunes compositeurs ambitieux et talentueux comme Bjorn et Benny, le berceau de la musique pop les attiraient comme un aimant. Le succès remporté en 1976 par la chanson Dancing Queen permet au groupe de rentrer par la grande porte. Cependant, si l’Angleterre goûte enfin à la musique d’ABBA sans modération, aux États-Unis, la consécration est bien plus difficile. Rien de plus normal, quand on sait que le pays de l’oncle Sam résiste à tout ce qui vient d’Europe, presque comme s’il disait : « De la pop suédoise ! Comment est-ce possible ? » Cependant, le marché américain, poussé par des fans toujours plus nombreux, comme autrefois avec les Beatles, ne peut faire l’impasse et finira par céder sous la pression. Les Américains comme les Anglais finiront par s’enticher de ce groupe suédois à la musique faussement aseptisée.

Si certains groupes sont difficiles à faire rentrer dans les cases, ABBA en fait certainement partie. Entre ses rythmes vaguement « disco », ses arrangements sophistiqués et ses voix qui viennent s’y poser, ABBA représentent le summum d’un style commercial unique en son genre. Il fait partie des groupes qui ont marqué les gens par le passé et qui continuent de les marquer encore aujourd’hui.


LE MUSÉE ABBA

En avril 2013, à Stockholm, a été ouvert un musée entièrement consacré à ABBA. Pour les fans du mythique groupe suédois, c’est devenu un lieu de pèlerinage. En grande partie financé par Björn Ulvaeus (1), l'un des anciens membres du groupe, le musée propose aux visiteurs de découvrir les nombreuses tenues vestimentaires typés "seventies" que le groupe a eu l’audace de porter sur scène, mais également quelques aspects moins connus de la vie des deux couples que constituait ABBA (2).

D’une superficie de 1.300 mètres carrés, l'attraction la plus courue du musée est celle qui donne la possibilité de chanter aux côtés des membres du groupe... ou plus précisément, de leurs hologrammes. Une scène est réservée à cet usage et permet aux visiteurs de se filmer et de s'enregistrer en compagnie des chanteurs. Les visiteurs peuvent aussi retrouver leur voix dans un audioguide enregistré pour l'occasion, ainsi que les décors reconstitués du studio d’enregistrement et du bureau du producteur.

1 - Björn Ulvaeus : J'étais un peu réticent au fait de devenir un objet de musée, je ne voulais vraiment pas en entendre parler. Mais j'ai dû changer d'avis quand je me suis rendu compte que ça allait se passer à Stockholm, que je n'allais pas regarder ça de loin ».

2 - Björn Ulvaeus : « On y parle aussi de la vie quotidienne, des crises, des choses dont on n'a pas beaucoup parlé, des divorces. On dépasse l'image enjouée qu'on donnait »

Par Elian Jougla (Cadence Info - 09/2015)


À CONSULTER

ABBA ET LA CHANSON 'DANCING QUEEN'


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