CHANSON


MARIE LAFORÊT, BIOGRAPHIE/PORTRAIT DE LA CHANTEUSE ET ACTRICE

Surnommée "la fille aux yeux d'or", Marie Laforêt a joué dans 35 films et vendu plus de 35 millions d'albums au cours d'une carrière qu’elle considérait faite de bric et de broc. Flirtant à ses débuts dans le cinéma de la Nouvelle Vague pour ensuite aligner de nombreux succès dans la chanson, Marie Laforêt brillera sur les planches en fin de carrière…


UNE ENTRÉE DANS LE SEPTIÈME ART

Née Maïténa Doumenach le 5 octobre 1939 à Soulac-sur-Mer en Gironde, Marie Laforêt est fille d'un industriel. Jeune fille, elle se passionne pour le théâtre au lycée, à Paris, puis remporte un concours d'actrice, organisé par Europe 1, en 1959. Repérée par Louis Malle, celui-ci lui donne un petit rôle dans son film Liberté.


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© Gorup de Besanez - Marie Laforêt à la 'Mostra de Venise' en 1994.

L'année suivante, alors qu'elle n'a que 20 ans, elle tourne son premier grand rôle dans un film de René Clement, Plein Soleil, aux côtés d’Alain Delon et de Maurice Ronet. En 1961, elle héritera d'un surnom, celui du titre du film « La fille aux yeux d'or » de Jean-Gabriel Albicocco, son futur mari.

Sa personnalité complexe, intello, pas vraiment féministe, à la fois modeste, gouailleuse et snob, est dotée d'un humour corrosif. De son physique exceptionnel, aux traits purs et sensuels, aux cheveux longs romantiques, elle affirmera qu'il ne lui avait pas toujours porté chance. Néanmoins, son regard magnétique et sa beauté lui permettront de tourner avec les plus grands : Georges Lautner (Joyeuses Pâques, Flic ou voyou), Edouard Molinaro (La chasse à l’homme), Henri Verneuil (Les morfalous), Gérard Mordillat (Fucking Fernand où elle obtiendra une nomination pour le César du meilleur second rôle féminin). L'actrice sera également dirigée par Claude Chabrol, Pierre Granier-Deferre, Jean-Pierre Mocky et bien d'autres ; son rôle le plus marquant restant Tangos, l'exil de Gardel de Fernando Ezequiel Solana, qui obtiendra le prix du jury à Venise en 1985.


MARIE LAFORÊT : VIENS, VIENS

UNE CARRIÈRE PARALLÈLE DANS LA CHANSON

Comme d’autres actrices de la même génération, Marie Laforêt est parfois invitée à chanter dans certains films. De ce point de départ, on remarque d'emblée sa voix juste au timbre caractéristique, tranchant dans les aigus, et d'où s'élève un délicat vibrato. Un premier 45 tours sort en 1963 où figure Les Vendanges de l’amour, écrit par Danyel Gérard et Michel Jourdan ; un premier opus qui devient rapidement un premier succès.

Les années qui suivent confirment la règle en se remplissant de tubes pleins de charmes : Ivan, Boris et moi, Il a neigé sur Yesterday (une chanson en hommage aux Beatles), Viens sur la montagne, Que calor la vida, Viens, viens ou encore des reprises inattendues comme Paint It, Black des Rolling Stones traduite en français par Marie Douceur, Marie Colère et pour laquelle la chanteuse a écrite les paroles.

Tout en prenant soins de se tenir à l'écart du show-biz, elle remplit l'Olympia en 1969 et tourne dans le monde entier, chantant dans de nombreuses langues (anglais, espagnol, italien, russe, roumain). « Je n'ai pas une voix, j'ai un timbre », dira t-elle en minimisant son talent personnel et ajoutant, comme pour bien montrer qu'elle n'était dupe de rien, ne pas « avoir honte de faire ce que je fais : interpréter au premier degré des chansons populaires ». Marie Laforêt devient un visage et une voix iconiques auprès du public des années 60/70.

De 1964 à 1979, ce sont 13 albums studios qui seront enregistrés, des albums où cohabitent souvent des adaptations de standards issues du folk américain, des chansons plus ou moins légères qui soulignent des goûts personnels parfois très pointus et même aventureux.


MARIE LAFORÊT : MARIE DOUCEUR, MARIE COLÈRE

En 1994, elle publie une compilation parcourant ses 30 années de carrière dans la chanson en quatre volumes. Quatre ans plus tard, l'album Voyage au long cours, constitué d'inédits enregistrés lors d'une grande tournée mondiale en 1998, sera le dernier testament discographique de la chanteuse.


© Roland Godefroy - Marie Laforêt au festival du cinéma américain de Deauville en 1989.

ÉCRITURE ET THÉÂTRE

En 1978, elle s'installe à Genève, obtient la double nationalité franco-suisse et s’occupe en 1980 d’une galerie d'art. Celle qui aura vendu plus de 35 millions d'albums, renonce petit à petit aux enregistrements et privilégie l'écriture (Contes et légendes de ma vie privée - 1980).

Dans les années 80/90, Marie Laforêt joue quelques rôles pour la télévision et se produit également au théâtre. En 2000, elle est nominée aux Molières sous les traits d’une bouleversante Maria Callas. À d’autres occasions sa voix s’élève dans des registres plus légers (festival Juste pour rire de Montréal).

En 2002, cinq ans avant de faire ses adieux à la scène, Marie Laforêt fait parler d'elle pour des raisons autres qu'artistiques. Liée par un de ses époux à la famille de Didier Schuller - ancien directeur de l'office HLM des Hauts-de-Seine et condamné dans une affaire de financement occulte, elle témoigne de sa peur dans l'émission de Thierry Ardisson, sur Canal + et en tire un livre : Panier de crabes.

Marie Laforêt s'est mariée cinq fois, a eu trois enfants, deux filles et un garçon, de deux histoires d’amour différentes, d’abord avec Judas Azuelos, homme d'affaires d'origine marocaine juive, puis avec Alain Kahn-Sriber, homme d'affaires et collectionneur d'art. Sa soudaine disparition survenue le 2 novembre à Genolier, en Suisse, à l'âge de 80 ans, aura bouleversé le monde de la chanson et du cinéma français.

Cadence Info (11/2019)


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