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CHANSON


PATRICIA KASS, BIOGRAPHIE EN FORME DE PORTRAIT

La chanteuse Patricia Kass est avant tout une « show woman », une artiste qui a construit une grande partie de sa carrière grâce à la scène. L’année 2016 marque son grand retour après un long silence provoqué par un burn-out. La parution de son dixième album intitulé tout simplement Patricia Kass nous donne l'occasion de revenir sur sa longue carrière.


PATRICIA KASS, LA GLOBE-TROTTEUSE

A 50 ans, l’éternelle ‘Mademoiselle chante le blues’ est depuis longtemps une globe-trotteuse infatigable. Cette enfant de Moselle, devenu ambassadrice de sa région, a parcouru le monde entier avec ses chansons en bandoulière, de Paris à Berlin, de Londres à New York et de Moscou à Tokyo. Tout comme Mireille Mathieu, elle a pérennisé sa fort belle carrière en chantant sur des scènes prestigieuses, enchaînant les tournées à un rythme effréné, sans laisser du temps au temps.


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Personne affable et courtoise, voire pudique quand on l’interroge sur ses débuts, Patricia Kass est partie du bas de l’échelle en apprenant le métier de chanteuse sur le tas. A 8 ans, elle chante déjà tout et n’importe quoi avec un certain aplomb. Une fête foraine ou un bal du samedi soir, rien ne lui fait peur.

Sa voix grave, tout en décalage compte tenu de son jeune âge, étonne tous ceux qui l’entendent chanter. Dès la prime adolescence, la voici devenu chanteuse dans un cabaret de Sarrebruck, le "Rumpelkammer". Grâce à son frère Dany, elle y remporte un premier concours de chant. Patricia Kass fréquentera ce lieu durant plusieurs années en interprétant toute sorte de chansons en plusieurs langues : allemand, de part les origines de sa mère, anglais, en retenant phonétiquement les textes, et bien sûr en français. A 13 ans, le destin frappe à sa porte. Le compositeur François Bernheim, qui a remarqué sa voix et sa détermination, use de ses relations parisiennes pour l’inciter à rejoindre Paris… Six ans plus tard, le compositeur décide de la prendre sous son aile et un premier enregistrement est réalisé.


LES PREMIERS SUCCÈS

Jalouse sort en 1985. Patricia Kass enchaîne alors ses premières promotions télés et fait connaissance avec le playback. Pour la chanteuse, cet univers formaté se situe à des encablures de ce qu’elle a connu. Ce premier disque passe assez inaperçu. Sa mère, qui est alors atteinte d’un cancer, est toutefois toujours là, à ses côtés, pour la soutenir. Cependant, le combat de cette maman dévouée qui lutte contre la maladie affecte en retour sa fille au plus profond de son être.

Coïncidence ou pas, c’est à cette époque que la chanteuse enregistre Mademoiselle chante le blues (1987) de Didier Barbelivien. Cette chanson, d’abord rejeté par d’autres interprètes, va rencontrer un certain succès grâce à la voix de Patricia Kass. Mademoiselle chante le blues redonne surtout du baume au cœur à une mère qui voulait voir sa fille réussir avant de s’en aller tranquillement.

Pour Patricia Kass, le chemin qui reste à parcourir est encore long, d’autant plus que la chanson comme son interprète ne sont pas dans le ton de l’époque, et que les médias boudent son passage sur les ondes. Or, certains auditeurs, qui ont remarqué le timbre de cette voix si particulière, téléphonent aux radios pour plébisciter la chanteuse et réécouter le titre. C’est ainsi que Mademoiselle chante le blues va rentrer dans le Top 50 et atteindra la 7e place.

Suite à Mademoiselle chante le blues, une nouvelle chanson émerge : Mon mec à moi (signé Barbelivien et Bernheim). Ce titre-là deviendra emblématique pour la chanteuse, et confirmera un tempérament et une personnalité. Après 10 ans d’une longue marche vers le succès, la chanteuse devient un nom : «  La Kass » s’affiche à la une des magazines. Patricia Kass, c’est la « classe » dira affectueusement son père. Avec sa voix rocailleuse de blues chantant une Lily Marlène très convaincante, Patricia Kass fait honneur à ses souvenirs en chantant D’Allemagne (1990) ; un nouveau succès pour une carrière qui s’annonce très prometteuse.


ENTRER DANS LA LUMIÈRE ET SE BATTRE

Suite au décès de sa mère survenu quelques mois auparavant, la chanteuse enchaîne les dates pour oublier son chagrin. Sur scène, le public est là et soutient celle qui fait briller leurs yeux le soir des grands rendez-vous. Sous les lumières, le visage devient radieux. Tout semble s'effacer comme par magie.

En 1990, paraît Scène de vie au moment où elle vient chanter sur ses terres, à Forbach. La petite fille de Moselle, partie incognito, est devenue une belle jeune femme fêtée comme une princesse. Des fans suivent ses déplacements en France, mais aussi à l’étranger. La carrière de la chanteuse prend son envol.

En 16 mois, deux cents dates sont au programme avec une semaine à l’Olympia et un vrai beau succès à l’étranger. Ses spectacles ne sont qu’une suite de concerts à guichet fermé. Cette avalanche de dates témoigne de son investissement envers une carrière qui ne doit rien au hasard. Patricia Kass a toujours été libre de ses choix. C’est elle qui produit ses albums et ses tournées. Cette liberté d’entreprendre, elle l’assume totalement.

Deux ans plus tard, la voici à Moscou pour un concert sur la place Rouge. La chanteuse est accueillie comme une star avec limousine et chauffeur. Le public moscovite fait patiemment la queue pour voir cette chanteuse dont on parle tant. Patricia Kass est au firmament de sa carrière...

Entrer dans la lumière, extrait de son troisième album Je te dis vous (1993), symbolise à juste titre sa vie mais aussi la scène, ce qui à ses yeux représente tout ce qu’il y a de plus fort et d’indispensable. Cette scène omniprésente ne laisse que peu de place à la vie privée et à l’amour. A bientôt 30 ans la chanteuse, comme tout artiste en vogue, voit la presse people suivre le moindre de ses gestes jusqu’à déformer les évènements qui se produisent. Le secret du bonheur s’affiche à la une entre amour et désamour, récapitulant le temps des illusions et des désillusions (Il m’a dit que je suis belle – 1993). Toutefois Patricia Kass est une battante et c’est avec un esprit de conquête qu’elle ambitionne son départ vers les Etats-Unis…

Depuis Chevalier, Montant ou Piaf, rares sont les chanteurs français à avoir su s’imposer. La chanteuse cherche à se prouver à elle-même, comme un challenge, que tout est possible ici comme ailleurs. Défendre un produit, un nom, des chansons en langue française tels sont ses défis. La comparaison avec Edith Piaf ne se fait pas attendre même si sa voix et les mélodies de ses chansons ne peuvent y faire penser. Toutefois la reprise de La vie en rose en a cappella permet à la chanteuse de créer le lien invisible, faisant craquer le public américain dans les salles où elle se produit. La tournée se passe si bien qu’elle décide d’enregistrer aux Etats-Unis son quatrième album, Dans ma chair, en 1997.

La chanson qui ouvre l’album, Quand j’ai peur de tout, écrite par Jean-Jacques Goldman, est le signe d’un malheur qui vient de la frapper une nouvelle fois, celle de la disparition de son père. La chanteuse fait face et entame la promotion du disque. Les autres titres marquants de cet album composé autour de l’amour et de ses ruptures sont Je voudrais la connaître et Les lignes de nos mains qui sera accompagné d’un clip où la chanteuse y apparaît comme libérée du passé, mettant en scène des attitudes provocantes derrière un regard outrageusement maquillée.

La nouvelle Patricia Kass n’a rien perdu de sa verve. Son tempérament de battante et sa générosité sont toujours là. Ses concerts se déroulent un peu partout, parfois même dans des pays souvent ignorés par les grandes stars de ce monde, comme ceux d’Europe de l’Est où les négociations s’apparentent bien souvent à un parcours du combattant.

1999. Pour son cinquième album, Le mot de passe, la chanteuse change d’équipe. Un nouveau compositeur est appelé : Pascal Obispo. Le chanteur, qui a travaillé notamment pour Florent Pagny et Johnny Hallyday, signe 10 des 12 tires de l’album. Le Bordelais est un faiseur de tubes. L’album regorge de mélodies suaves, profondes, chargés d’émotions (Ma liberté contre la tienne). Patricia Kass chante l’amour avec beaucoup de retenue dans la voix. Le mot de passe intègre un climat enrobé de certitudes, certainement l’un des disques parmi les moins « fabriqués » de sa carrière.


LA VOIX DE PATRICIA KASS

Cette voix impressionnante dans un corps aux apparences fragiles nous conduisent à la comparer immédiatement à Edith Piaf. Cette voix grave aux antipodes de celle de la chanteuse parisienne, si caractéristique dans ses interprétations, est une carte de visite qui fait sa fierté. Quand sa voix prônent les intonations blues, c’est comme "par défaut", car ce rapprochement facile est pour elle une parenthèse, un amusement dont il est question seulement au moment des shows télévisés comme quand elle chante en duo avec Joe Cocker Out of the rain ou l’éternel La musique que j’aime en compagnie de Johnny Hallyday. Patricia Kass est une chanteuse de variété, dans le bon sens du terme même si, comme pour Mireille Mathieu, certains regretteront de ne pas l'entendre sur des territoires plus ambitieux. Une question de choix en définitive.

UNE PARENTHESE AU CINÉMA

Si la jeune femme devenue star n’a pas besoin de s’inventer une autre vie que la sienne, d’autres le feront pour elle en raison de ses origines allemandes par sa mère, de sa grâce naturelle et de son léger accent. Photographes et cinéastes voient en elle une Marlène Dietrich. En 1994, le metteur en scène américain Stanley Donen, auteur de Chantons sous la pluie, lui fera tourner des bouts d’essais pour le film qu’il devait consacrer à l’actrice allemande. Or le projet n’aboutira pas, et c’est quelques années plus tard que le public découvrira Patricia Kass sur les écrans dans le film de Claude Lelouch, And now Ladies and Gentlemen (2002).

Voici donc une « chanteuse de variété » incarnant une « chanteuse de piano bar », un univers qu'elle a bien connu et dont l'histoire, celle d’une écorchée de la vie tombant amoureuse d’un anglais (Jeremy Irons), aurait pu être la sienne. Ce rôle plus chanté que parlé est idéal pour mettre le pied à l’étrier, cependant le film de Claude Lelouch n’est qu’une parenthèse dans sa carrière car déjà se profile à l’horizon un nouvel album, Sexe fort (2003) ; album dans lequel figure Où sont les hommes ?, une interrogation porteuse de sens pour la chanteuse : « Où sont les hommes ? / Qui pardonnent, fusionnent et qui donnent / Leur âme dans les bras d'une femme / Où sont les hommes ? / Qui laissent éclater leurs faiblesses au grand jour pour vivre un grand amour / Où sont les hommes ? / Qui osent, proposent un avenir meilleur, Un remède au malheur / Où sont les hommes ? / Qui se battent et combattent, montent au front de leurs rêves et vous emmènent ailleurs. » (D. Barbelivien).


LE VIRAGE ROCK

La couleur générale de l'album Sexe fort est rock. Les chansons sont signées de plusieurs mains de maître : Etienne Roda-Gil, J. J. Goldman, Obispo, David Manet, Patrick Fiori, Renaud, Bertignac, Cabrel, etc. La chanteuse chante aussi un duo avec Stephen Eicher (On pourrait). Personne ne semble pouvoir résister aux appels de cette diva de la chanson française. Tous goûtent au plaisir de travailler avec elle. Cet album rebelle, peuplé de guitares saturées, poursuivra son élan à travers une tournée. La pudique Patricia Kass des débuts s’efface devant une Patricia Kass forte en gueule. Le jeu scénique outrancier sera comme pour le cinéma une parenthèse, un nouvel épisode où la chanteuse se lancera un défi à elle-même, jouant à la femme glamour et sexy. Nous sommes en 2004 et Patricia Kass pose devant les photographes en femme libérée et fatale. De toute évidence, la chanteuse cherche à soigner son image, sa carrière, tout en la contrôlant encore et encore.

2005. Première tournée en Chine. Le pays est sensible aux musiques venues d’occident. Toute une jeunesse semble vouloir se dresser contre l’impérialisme en place. Lors du concert à la « Cité interdite », le public d’abord réservé finit par ovationner le concert rock de la chanteuse. Grâce à son instinct et son professionnalisme, Patrica Kass brise la glace, et la jeunesse qui ne demandait qu’à s’enflammer fustige l’autorité et se lâche.

Année après année, la chanteuse s’est forgée une carrière internationale qui en ferait rêver plus d’un. A force de travail, de conviction et un farouche besoin d’entreprendre, Patricia Kass a tout sacrifié ou presque sur l’autel de sa passion : la scène ; cette scène qui semble tout avaler de ses craintes et de ses angoisses, et qui lui donne en retour cette force nécessaire et ce courage si indispensable.


KABARET

Chez Patricia Kass, la détermination à se renouveler semble inépuisable. En 2008, elle se lance un nouveau défi : honorer dans un spectacle intitulé Kabaret - avec un"K" pour "Kass" - toutes les héroïnes des années 30 : Greta Garbo, Suzy Solidor, Martha Graham et bien d’autres. Au bout du compte, un spectacle épuisant qui sera joué 150 fois dans 45 pays et totalisera 300 000 spectateurs.

Une fois de plus la chanteuse provoque le destin en prenant le parti pris de chanter des airs au style désuet avec le renfort sur scène de quelques instruments de circonstances : contrebasse, violon, clarinette et piano bastringue. La chanteuse, qui ne voulait plus se contenter d’un tour de chant classique selon la formule : « de nouvelles chansons accompagnées de quelques reprises », avait décidé de rajouter à son spectacle des chorégraphies contemporaines ; une passion de toujours, un pari une fois de plus assumé au prix de nombreuses répétitions difficiles avec le danseur chorégraphe Régis Obadia.

En 2012, entre deux tournées des plus éprouvantes, Patricia Kass, qui pensait ne plus être devant la caméra, accepte le rôle principal dans le téléfilm réalisé par Thierry Binisti, Assassinée. Elle y incarne le rôle dramatique d’une mère de famille dont la fille est tuée.

La même année, pour fêter le 50e anniversaire de la disparition d’Edith Piaf, la chanteuse enregistre un disque consacré à ses plus grandes chansons : Mon dieu, Padam, Padam, Milord, Hymne à l’amour, La foule, Non, je ne regrette rien, etc. Le spectacle qui l’accompagne se produira dans 45 pays. Comme souvent chez Patricia Kass, c’est tout son être qui s’engage, à 150 pour 100, et comme ce fut vrai pour Edith Piaf, la faille est béante et la rupture jamais très loin.


BURN-OUT ET CONQUÉTE

Patricia Kass, qui vit sa carrière à toute allure, se donne aussi sans compter. Au bout d’un chemin souvent haletant, composé d’une multitude de rencontres et de tournées à travers la planète, la chanteuse finit par craquer. Surgit alors un terrible burn-out, le classique syndrome de l’épuisement. Pour ne pas sombrer totalement, la chanteuse décide de mettre en veille sa carrière le temps qu’il faudra. Cela durera deux ans.

Ce genre d’épreuve survient un jour sans qu’on ait conscience de soi et de son comportement. On est dans le mouvement et on cherche toujours à le devancer. Les signes avant-coureurs sont connus : fatigue, angoisse, stress sont généralement accompagnés d’un désinvestissement soudain dans le travail.

Les semaines, les mois, les années passent. Patricia Kass travaille sur elle. Petit à petit, une lueur d’espoir se fait jour, même si l’expérience d’un burn-out n’est jamais sans conséquence sur ce qu'on appelle "la confiance en soi". Cette "confiance en soi", qui fait parfois défaut à la plupart d’entre nous, est capitale dans l’accomplissement de la carrière d’un artiste. Alors on se réveille doucement de sa torpeur et l’on imagine un nouveau chemin, une toute nouvelle destinée.

L’automne 2016 marque le retour de la chanteuse avec la parution de l’album éponyme Patricia Kass. Le jour et l’heure est le premier titre que la chanteuse offre en partage sur le Net. La chanteuse est repartie doucement mais sûrement à la conquête des plateaux, des médias, de son public, dans l’intention de retrouver un bonheur qui s’était enfui durant un temps…

Par Elian Jougla (Cadence Info - 05/2016)

A consulter : Patricia Kass évoque le métier de chanteur et ses débuts

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