NEWSRECHERCHEPROPOSERCHANSONCLASSIQUEINSTRUMENTJAZZMUS. FILMSMUS. SOCIÉTÉROCK & CoSON TECH.BLUES, SOUL...

MUSIQUE & SOCIÉTÉ.


HISTOIRES DE ROCKSTARS ET CHANTEURS FRANÇAIS AU DESTIN TRAGIQUE

Ils ont pour nom Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, John Lennon, Bob Marley, Marvin Gaye, Claude François, Michel Berger et Daniel Balavoine. Leur point en commun est d’avoir eu leur destin brisé alors qu’ils étaient en haut de l’affiche. À la surprise générale, ils ont brûlé leurs ailes ou subit un jour ce que réserve parfois les accidents de la vie. Terrassés en pleine jeunesse ou parties trop tôt, ils sont devenus aujourd’hui de véritables légendes...


JIMI HENDRIX, UN 18 SEPTEMBRE 1970

Le 18 septembre 1970, Jimi Hendrix est retrouvé mort dans un hôtel de Londres. À 27 ans, le guitariste légendaire se retrouve désormais dans le triste « Club des 27 » (1). Trop d’abus ont eu raison de sa santé. L’explication à cette issue se trouve certainement dans la pression énorme qu’il subissait et une fatigue extrême qu’un corps, pourtant encore jeune, ne pouvait supporter.

Sa courte carrière a démarré sur les chapeaux de roues et se résume à quatre albums en quatre ans. Plus que sa voix, c’est sa virtuosité à l’instrument qui va marquer les esprits. Toute une génération de guitaristes verra dans le jeu du gaucher un arsenal de techniques révolutionnaires. Avec lui, le blues rimera avec audace et le rock avec tentation.


Ad Block

Il semblerait que vous ayez installé un bloqueur publicitaire sur votre ordinateur. Celui-ci vous empêche de consulter cette page dans sa totalité et dans des conditions visuelles optimisées. La mise en ligne d'encarts publicitaires non intrusifs permet à ce service d'exister durablement.

Pour ne plus subir cette restriction sur d'autres pages du site, nous vous conseillons de désactiver votre bloqueur publicitaire pour l'ensemble du site "www.cadenceinfo.com". Merci de votre compréhension.

Procédure pour autoriser "cadenceinfo.com"


Jimi Hendrix aura marqué les années hippies. Aujourd’hui, avec le recul, son passage au 'Festival de Woodstock' témoigne de cette alchimie qui allie à la musicalité et l’inspiration, une incontestable adresse instrumentale jamais égalée. Hendrix avait l’art du show « électrifiant », la corde serrée entre les dents !

Seulement voilà, à force d’expérimenter, de chercher de nouvelles voies, le LSD, les amphétamines vont entrer aussi dans sa vie comme des talismans au pouvoir magique. La défonce est là, la fuite du réel s'y invite également. Les souvenirs des instants vécus s’estompent presque aussi vite que les traces laissées par d’hypothétiques créations géniales. Toujours plus fort, toujours plus haut, Jimi Hendrix sera dans le tourbillon de la drogue à la poursuite de ses rêves et de sa passion, jusqu’à l’issue fatale.

1 - Le « Club des 27 » regroupe les artistes influents du rock et du blues tous morts à l’âge de 27 ans.

EN SAVOIR + : PORTRAIT DE JIMI HENDRIX


JANIS JOPLIN, LA VOIX SOUL

La chanteuse a trouvé la mort le 4 octobre 1970 au même âge que Jimi Hendrix, à 27 ans, dans des conditions tout aussi tragiques. Elle sera découverte inanimée dans une chambre d’hôtel de Los Angeles. La chanteuse qui mettait sa vie en scène comme un psychodrame, avait en réalité une existence peuplée de grands moments de solitude. Comme de nombreuses rock stars de l’époque, elle faisait face à son destin en consommant des médicaments et de l’héroïne.

Face au miroir, elle imaginait un monde à son image. Son rock psychédélique, sa façon déglinguée d’exprimer sa féminité sur scène aura contribuer à bouleverser le rapport du sexe faible avec la société des années 60/70, encore largement dominée par les hommes. Son jeu scénique, ses chansons, sa voix, ont permis de construire un mythe autour de son personnage, celui d’une femme blanche qui chante et qui exprime sa rage à la façon d'une Noire Afro-américaine.

Son atterrissage à San Francisco au début des années 60, en pleine ascension de l’ère « pop », ne se fera pas sans douleur. Fort heureusement pour elle, son étonnante capacité vocale sera sa grande force. C’est cette signature-là qu’elle imposera avec autorité, malgré une existence de dépravée, alternant à la drogue et au sexe, un style de vie totalement dévoué à quelques rencontres éphémères, instables, voire dangereuses (Janis Joplin sera battue par quelques amants).

Mise à mal physiquement, moralement, l’issue fatale était prévisible, comme emportée, aspirée dans un abîme. C’est en 1967, au festival de Monterey que la foule s’enflammera en voyant et en écoutant ce petit bout de femme qui chante le blues en s'inspirant de Gertrude Rainey ou de Bessie Smith. La « Edith Piaf californienne » et son charisme vous emportait alors dans son voyage, dans son trip qui faisait ressortir son besoin de vivre, d’être aimée, face à un physique qu’elle n’acceptait pas. Toute sa vie, son combat aura été de faire valoir son image de femme forte et talentueuse.

Devenue une artiste incontournable à la fin des années 60, Janis Joplin supportera difficilement les charges de sa profession et les sacrifices liés à son rang de star. À l'été 69, le 'Festival de Woodstock' signe le début de sa fin. Le visage hagard, comme possédée par la drogue, Janis Joplin n’est plus que l’ombre d’elle-même. L’histoire voudra que quelques jours avant sa mort, elle est le temps d’enregistrer en a cappella « Mercedes Benz », une chanson à la tonalité empreinte de gospel qui témoigne de sa souffrance à vivre. De son cours passage sur terre, il nous reste seulement une petite discographie réduite à 4 disques studios et quelques rares documents filmés où sa voix écorchée, sensible jusqu'au paroxysme, attestent de la puissance de son talent à restituer tout son vécu.

EN SAVOIR + : PORTRAIT DE JANIS JOPLIN


JIM MORRISON, LE POÈTE À LA BEAUTÉ PERDUE

Jim Morrison appartient lui aussi au tragique « Club des 27 ». Il décède le 3 juillet 1971 à Paris. Comme pour Hendrix et Joplin, Jim Morrison goûtera au paradis artificiel. Après un sevrage volontaire, c’est une surdose occasionnelle qui aura raison de son cœur. La pureté de la drogue alors en circulation sera une des explications de cette « overdose ».

Un symbole disparaît, celui d’un jeune homme porté par un culte sans borne. La musique, une fois de plus est le trait d’union entre le « dieu artiste » et l’homme de la rue. Jim Morrison est issue de la bourgeoisie. Son éducation, mais aussi ses rapports avec son père amiral dans l’US Navy, vont accentuer son désir d’émancipation vis-à-vis de sa famille. Dès lors, la littérature va devenir son alcôve, son refuge, jusqu’à faire de lui un poète. De cette passion va naître également un sens de la dramaturgie qu’il développera plus tard sur scène.

Avec trois amis il fonde The Doors, et dès la parution du premier album en 1967, Jim Morrison en est la star incontestée. Le dénommé « Roi Lézard » avait une beauté fascinante que les photographes capturaient sous tous les angles. Morrison a été à la musique ce que fut James Dean ou Marilyn Monroe au cinéma : un sexe symbol. Sur scène, Morrison se déhanchait, se couchait et jouait avec le public. Le « Light My Fire » emporte tout sur son passage, bientôt suivi de « The End » et de « Riders on the Storm ».

Avec les Doors, l’ordinaire confinait à l’extraordinaire, non pas seulement à cause de leur musique, mais surtout en raison de leurs textes engagés. Les Doors se foutaient bien de ce que l’on pouvait penser d’eux. Pour le poète maudit c’était « prenez-moi comme je suis et faites avec ! ». Le refus de l’autorité, de la guerre (le Vietnam), sans oublier le puritanisme qui colle à la peau du citoyen américain, sont dénoncés dans un grand nombre de chansons. Morrison vise implicitement sa famille et son père sans le nommer, mais aussi la société et le FBI, ce qui le poussera à venir en France sans avoir le sentiment, un jour, de pouvoir revenir sur ses pas.

Dans sa nouvelle vie d’exilé, le chanteur va se détruire dans l’alcool et les acides. La provocation qu'il a conduite à sa guise va à présent se retourner contre lui. Celui qui incarnait la beauté cache à présent son visage bouffi sous une barbe fournie. Jim Morrison devient méconnaissable et se laisse aller tandis qu’aux Etats-Unis le 5e et dernier album des Doors, « L.A.Woman » paraît (l’album se classera n°1 en avril 1971)... Mais comme il le prédira à ses collègues musiciens quelques mois auparavant, les héros du rock doivent avoir des fins tragiques. Il ne s’était pas trompé !

EN SAVOIR + : JIM MORRISON ET THE DOORS


LA FIN TRAGIQUE DE JOHN LENNON

Un fan déjanté, Mark Chapman est l’auteur des cinq balles de calibre 38 qui vont atteindre mortellement l’ex-Beatles John Lennon le 8 décembre 1980, alors que ce dernier se rendait avec sa femme Yoko Ono dans leur appartement situé non loin de Central Park à New York. Chose étrange, le jour même le chanteur aurait déclaré « que son travail ne serait pas terminé tant qu’il ne serait pas mort et enterré. »

En 1980, John Lennon s’est affranchi de l’héroïne et goûte à une vie plus équilibrée. Il a 40 ans et il coule des jours heureux avec sa femme. Il est en paix avec lui-même et a plein de projets dans la tête dont celui de remonter sur scène.

On se souvient bien sûr de sa rencontre avec Paul McCartney. Dès l’enfance, la musique rock’n’roll leur colle à la peau et ce duo rapidement improvisé, dûment complété par Georges Harrison, puis plus tard par Ringo Starr, constituera le plus grand groupe qu’ait connu la rock-music : The Beatles.

John Lennon était le plus puriste des quatre, le plus attaché aussi à l’esprit du « rock’n’roll ». En 1964, Lennon à 24 ans, il est marié et a un gosse. Il lui est difficile d’imaginer d’avoir les cheveux longs ou d’avoir un ‘costard’ sur scène. Le désaccord profond avec leur agent artistique Brian Epstein confirmera le caractère pugnace de Lennon et son attachement aux valeurs de la première heure. Mais Lennon finit par s’incliner et oublie son perfecto en cuir. Pour lui, une page se tourne, tandis que les Beatles lui offrent une « beatlemania ».

L’année suivante sort « Help », un cri de désespoir lancé par Lennon pour se sortir de cette folie hystérique et contagieuse qui ravage tout sur son passage. La "route psychédélique" viendra « sauver » les Beatles en leur offrant de la distance vis-à-vis de la scène. Pour Lennon, ce sera aussi la rencontre avec Yoko Ono, une plasticienne d’avant-garde, qu’il rencontrera en décembre 1966. Elle deviendra sa muse, sa femme, mais aussi son guide spirituel. Son nom sera souvent évoqué au moment de la séparation des Beatles en 1970, bien que rien n’atteste formellement que sa conduite ait eu une grande influence ; des divergences musicales existaient depuis longtemps entre Lennon et McCartney, ce qui suffit généralement à clore toute entente, surtout quand l’un des membres cherche à tout diriger.

En 1969, alors que le dernier album des Beatles, « Let It Be » n’est pas encore sorti, John Lennon a la tête ailleurs. Il est en croisade contre la guerre du Vietnam et milite pour la paix. John et Yoko restent alités pendant plusieurs jours pour protester contre la violence dans le monde.

En prenant cette position hautement symbolique, Lennon signe sa rupture définitive avec les Beatles. Il s’autorise enfin une liberté de paroles qui lui ressemble. Sa stature de rock star lui permet cela et il ne s’en prive pas : manifestations, concerts gratuits pour la paix… Mais si John Lennon œuvre pour la fraternité entre les hommes, il conserve aussi sa position sociale favorable de bourgeois établi. C’est un homme de paix en costume blanc qui sait causer argent, business, même s’il conserve dans un coin de sa tête une place pour la non-violence.

En 1970, quand John Lennon sort l’album « Imagine », sa chanson éponyme sera là pour renforcer sa prise de positon envers un monde plus tolérant et plus juste. John Lennon a poursuivi un rêve, et ce rêve a pris forme à travers cette chanson devenue aujourd’hui un hymne pour la paix à travers le monde. Le message lancé par John Lennon est passé.

EN SAVOIR + : JOHN LENNON DE LIVERPOOL À LONDRES


BOB MARLEY, L’HOMME PROVIDENCIEL

Nous sommes en mai 1981, Bob Marley est atteint d’une tumeur. Il sait qu’il va mourir et il décide de rester auprès de sa mère à Miami. Bob Marley a suivi les préceptes de sa religion en refusant de se faire amputer pour retarder l’issue fatale (une banale blessure en jouant au football, mais nullement soignée, est à l’origine du développement de son cancer). À l’annonce de sa mort, le monde entier est en deuil, mais c’est également la Jamaïque, son pays natal, qui meurt aussi. Le prophète reggae, alors en pleine gloire, a 36 ans.

De la campagne au ghetto jamaïcain, Bob Marley ne cessera d’écrire et de composer. Ce n’est qu’en 1963, alors qu’il a 18 ans, que son aventure artistique débute en formant The Wailers avec Junior Braithwaite, Peter Tosh et Bunny Wailer.

Sur scène avec The Wailers, Bob Marley s’impose rapidement comme une personnalité incendiaire. Ses chansons constituent des hits en puissance qui finissent par s’enchaîner les uns aux autres. Il y aura « I Shot the Sheriff », « Get up Stand up » mais aussi « Woman no Cry » en 1975, chanson dans laquelle il console une femme affectée par la violence des ghettos.

Si la Jamaïque n’est qu’une île transportée par beaucoup de misère, elle sera la source d’un mouvement musical très puissant, le reggae. Bob Marley en est le plus digne de ses représentants. Ses chansons sont intemporelles et contiennent, pour la plupart, des messages politiques, ce qui renforcent leur puissance.

Le reggae incarne une musique de combat, mais sans les armes. Bob Marley deviendra cet ambassadeur, ce « Martin Luther King » de la Jamaïque à même de représenter les pays du tiers-monde et les peuples dans la misère. A travers sa musique, il souhaite éveiller les consciences, remettre en cause la condition des hommes, le partage, le rapport entre Blancs et Noirs…

Le reggae se mondialise et le mouvement rasta, revendiqué par Bob Marley, connaît une audience planétaire. Mais en 1978, la Jamaïque est en crise et à la veille des élections qui opposent deux camps, Marley n'a qu'une idée en tête, celle de s’engager pour la paix à travers un immense concert. Échappant de peu à une tentative d’assassinat, il s’exile pour New York avant de rejoindre Londres où il sort l’album « Exodus », un opus qui dénonce le sort injuste réservé à l’Afrique.

Début 80, Bob Marley continue ses tournées et électrise les plus grandes scènes. Quel que soit le contexte, l’époque, le lieu, le chanteur est toujours resté un authentique artiste attaché à des valeurs de combat qu’il connaît depuis son enfance. Tout autour du monde, il ne cessera de livrer sa philosophie rasta, jusqu'à son dernier souffle.

EN SAVOIR + : MUSIQUES NOIRES ET UNITÉS AFRICAINES


MARVIN GAYE, LA FOLIE D’UN PÈRE

Un infanticide, voilà comment est mort le prince de la soul, Marvin Gaye, assassiné par son père le 1er avril 1984. Malgré son immense talent, Marvin Gaye s’était perdu comme Hendrix ou Joplin dans l’alcool et la drogue. Ce fils de pasteur avait pourtant connu la foi en intégrant dès le plus jeune âge la chorale de l’église.

À l’adolescence, il apprend le piano et la batterie. La musique devient pour lui une échappatoire face à un père autoritaire et violent. En 1959, il enregistre son premier single « Mama Loocie » avec les Moonglows, avant de rejoindre l’écurie Tamla Motown. Pour son dirigeant Berry Gordy, Marvin Gaye est dans la lignée de Stevie Wonder et de Ray Charles, avec en plus un sex-appeal incroyable et une voix extraordinaire. Qu’il s’accompagne ou pas au piano, Marvin Gaye balance sa voix de velours sur les ondes et ça marche. Dans les années 60, il aura plusieurs succès notamment en chantant en duo avec son amie Tammi Terrell.

En 1970, ses chansons accèdent au sommet des charts, mais celles-ci restent encore imprégnées par le son et l’esthétique de la Tamla. La surprise viendra l'année suivante avec l’album « What’s Going On » (1971). Tout bascule. Marvin Gaye ne se contente plus de chanter l’amour, il prend fait et cause pour la discrimination et la guerre au Vietnam. Le chanteur de charme propose alors une musique très aboutie, d’une grande puissance esthétique. Mais « What’s Going One » sera un album d’exception dans sa carrière.

Quelques années plus tard, il sort « I Want You » (1976). L’album propose un thème unique, celui de la sexualité. Critiqué lors de sa sortie, « I Want You » lui vaudra pourtant la reconnaissance rétrospective d'écrivains et de critiques musicaux qui y verront l’aboutissement de son style novateur et unique.

À la fin des années 70, malgré l’énergie qu’il livre pour ses combats, Marvin Gaye cache en fait une dépression. Divorce, drogue, en rupture avec la Motown, le prince de la soul sortira tout de même deux albums (« Here, My Dear » – 1978, « Midnight Love » - 1982), mais qui ne trouveront pas leur public .

En 1980, Marvin Gaye est épuisé et consomme des drogues qui le détruisent. C’est à cette période de sa vie qu’il cherche à renouer le contact avec son père. Il va chercher à se réconcilier avec lui, mais cette tentative lui sera fatale.


CLAUDE FRANCOIS OU LA VIE À 200 À L’HEURE

Au 46 Boulevard Exelmans, c’est à cette adresse que Claude François, l’idole des jeunes, est mort, bêtement foudroyé dans sa baignoire le 11 mars 1978. L’homme de spectacle, mais aussi l’homme d’affaire, vivait sa vie à 200 à l’heure. Une journée épuisante parmi d'autres aura raison de ce moment d’inattention qui provoquera le drame.

Claude François quitte l’Egypte à 16 ans pour la France. A Nice, il apprend le piano, le violon et la batterie. Il trouve un premier emploi de batteur dans un quartet de jazz à Monaco. Sur les conseils de Brigitte Bardot et Sacha Distel qui viennent l’écouter, il décide de monter à Paris. Devenu « Cloclo », il impose son premier titre : « Belles, belles, belles » en octobre 1962. Quatre ans plus tard, c’est le premier Olympia avec la présence pour la première fois de quatre danseuses, « Les Claudettes ». Celles-ci vont être étroitement associer à tous ses concerts jusqu’à la fin de sa carrière.

Impétueux, dynamique, souple comme le danseur qu’il était, et d’une grande aisance sur scène, Claude François avait de nombreux atouts. En 1967, il sort ce qui va devenir un tube international : « Comme d’habitude » (My Way), et crée sa maison de disques ‘Flèche’, une maison d’édition musicale et un magazine de charme ‘Absolu’, qui sera suivi quelques années plus tard par la reprise de ‘Podium’ destiné aux ados.

Avec plus de 400 titres enregistrés, plus de 60 millions d’albums, l’artiste était un ogre, un homme d’affaire redoutable qui le restera jusqu’au jour fatidique de son électrocution. La ferveur posthume de ce chanteur ne s’est jamais démentie, puisque des années après ses "magnolias", ses chansons résonnent encore dans de nombreuses discothèques.

EN SAVOIR + : PORTRAIT DE CLAUDE FRANÇOIS


MICHEL BERGER, LE « SONGWRITER » FRANÇAIS

La chaleur du mois d’août 1992 a eu raison de lui. À Ramatuelle, Michel Berger passe ses vacances dans sa maison. Après une partie de tennis, il meurt d’une crise cardiaque à 44 ans.

Tout comme son père, le cœur de Michel Berger était fragile. Il le savait, mais sa soif de vivre et tout l’amour de sa femme et de ses enfants n’ont pu éviter le drame. Avec France Gall, ils avaient trouvé une sorte d’équilibre dans leur carrière artistique en alternant tour à tour leurs tournées.

Si Michel Berger est l’auteur d’un grand nombre de tubes, le chanteur n'évitera pas des débuts de carrière laborieux. Dans les années 60, l'auteur-compositreur publiera plusieurs 45 tours dans l’anonymat le plus complet. Alors qu'il avait une passion pour la musique pop anglaise et américaine jusqu'à connaître presque tous leurs codes, le timbre de sa voix ne convenait pas à l'exercice. C'est en écrivant des chansons pour d’autres artistes, notamment Françoise Hardy et France Gall (qu’il épouse en 1976), que MIchel Berger trouve enfin la possibilité de démontrer tout son talent. Dès lors, l'auteur-compositeur impose son nom et diversifie ses activités en créant sa maison de disques ‘Apache’ et en devenant producteur (Johnny Hallyday : album « Rock’n’roll attitude » - 1985)

Pendant longtemps Michel Berger restera un auteur-compositeur et producteur dans l’ombre de son épouse. Il se contentera de ce sort, car pour lui ce sera une façon d’exprimer ses idées en toute liberté. La consécration de son art viendra en 1980 avec l’opéra-rock « Starmania » dont il assurera la musique (les textes étant signés Luc Plamondon). La même année, il alignera quelques succès en tant qu’interprète : « Quelques mots d’amour », « Celui qui chante », « La groupie du pianiste », et bien sûr pour France Gall « Il jouait du piano debout ».

L’artiste travaille comme un acharné et ça paye : les succès pleuvent ! Mais le revers de la médaille est lourd à porter, car c'est cette addiction au travail qui la conduit assurément à la mort. Comme d’autres artistes français, il formulait le même rêve, celui de conquérir les States, de s’offrir une ouverture et une reconnaissance de la part d’un pays qui l’avait musicalement inspiré.

Aujourd'hui, plus de 25 ans après sa disparition, il reste à l’égal de Jean-Jacques Goldman. Ses chansons sont toujours diffusées sur les ondes et reprises par la jeune génération. Désormais, ses mélodies appartiennent au patrimoine de la chanson française.


DANIEL BALAVOINE, L’HOMME AU GRAND CŒUR

Le 14 janvier 1986, les radios diffusent un message : «Le chanteur Daniel Balavoine est mort dans un accident d’hélicoptère en marge du Paris Dakar. » Il avait 33 ans. Le public, mais aussi tous les professionnels du show-biz sont consternés. L’homme au grand cœur était un être sensible face à ces grands espaces africains comme à ses habitants qui vivaient là, dans la plus grande pauvreté. Pour sa part, la cause humanitaire était entendue et devait intervenir sans attendre. Le manque d’eau se faisant cruellement ressentir, Daniel Balavoine décide alors de faire jouer sa célébrité pour la bonne cause...

À cette époque, le chanteur est un artiste francophone parmi les plus populaires, aussi bien pour ses chansons que pour ses engagements politiques et humanitaires.

Des années plus tôt, déçu par l’après ‘Mai 68’, Balavoine se lance dans la musique, mais son premier disque fait un flop. Il lui faudra attendre la comédie musicale « Starmania » en 1978, pour que l'horizon s'éclaircisse enfin. De cet opéra-rock sort « Quand on arrive en ville » son premier grand succès, tandis qu’au même moment le public découvre son 3e opus, « Le chanteur » (1978) qui fera un carton avec 800 000 albums vendus. Daniel Balavoine passe alors du statut de parfait inconnu à celui de ‘Star des années 80’.

En 1980 justement, il sort « Un autre monde », avec des titres forts comme « Mon fils, ma bataille », « Je ne suis pas un héros » ou encore « La vie ne m’apprend rien ».

Compatissant, mais aussi fort en gueule, le chanteur s’engage jusqu’à accuser les pouvoirs publics d’ignorer les problèmes de la jeunesse. Balavoine ne chante pas que l’amour sous les présidences Giscard et Mitterrand.

Pour Balavoine, la carrière s’installe et les albums s’enchaînent avec leurs messages explicitent : « Vendeur de larmes » (1982), « Loin des yeux de l’occident » (1983) jusqu’à l’ultime « Sauver l’amour » (1985). À ceci s’ajoute de nombreux concerts pour la défense de multiples causes, comme celle de l’Afrique.

Balavoine, à l'instar de Coluche avec « Les restos du cœur » ou de France Gall et de Bono, appartient à ces artistes qui ont en commun d’utiliser leur notoriété pour devenir les ambassadeurs de la bonne cause, en remplacement du grand vide laissé par les hommes politiques.

L’année de sa disparition, l’artiste est au sommet, bien décidé à conquérir le marché anglo-saxon en montant un groupe. Hélas pour lui, tous ses projets vont partir en fumée. En héritage, l’artiste nous a légué sa centaine de chansons auréolées de messages qui, encore plus qu’hier, ont revêtu un sens encore plus profond, plus vrai et authentique.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 07/2018)


RETOUR SOMMAIRE