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BLUES, SOUL, REGGAE, RAP, WORLD MUSIC...


RAY CHARLES, LA VOIX SOUL
Une biographie en forme de portrait

Figure incontournable de la musique noire américaine, à la fois chanteur, pianiste, organiste, saxophoniste et chef d'orchestre, Ray Charles était un artiste extrêmement communicatif sur scène. Possédant un style de piano très personnel, Ray Charles abordait indifféremment le blues, le rhythm’n’blues, le jazz et la pop sans une once d'hésitation, passant d'un style à un autre avec virtuosité et talent.


RAY CHARLES, THE "GENIUS"

« Vous ne pouvez pas échapper à vos racines. Il y avait beaucoup d’Eglise en moi et cela s’est ressenti dans ma musique, alors pas question de cacher cela… et comme ça a marché, on a dit que j’étais un génie ! ». C’est ainsi que Ray Charles expliquait son surnom de Genius ; « Le seul génie » comme le soulignait Frank Sinatra.

Né à Albany en Géorgie en 1932, Ray Charles Robinson, fils de Aretha et Bailey Robinson, est victime d’un glaucome à l’âge de 6 ans qui le prive peu à peu de la vue. Très rapidement la musique l’attire (Consulter Ray Charles et Wiley Pitman) ce qui le conduit à suivre des études dans l'institut pour aveugle de Floride qui l'avait accueilli. Là, 9 années durant, il suit des études classiques et apprend différents instruments, dont la clarinette, le saxophone alto et le piano. Orphelin à l’âge de 15 ans, professionnel à 16 ans, la musique ne le quittera plus.


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© Victor Diaz Lamich - Dernier concert de Ray Charles, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts lors du Festival International de Jazz de Montréal en 2003.

Les débuts sont difficiles. Ray Charles est d’abord pianiste accompagnateur dans des orchestres de danse. Puis il fonde un premier groupe très influencé par le trio de Nat King Cole, son idole. Ses expériences professionnelles le conduisent à jouer dans l’orchestre de Lowell Fulson avant de devenir l’accompagnateur de la chanteuse de rhythm’n’blues Ruth Brown. Cependant, l'envie de s'exprimer et de s'affirmer, de jouer ses compositions prennent si bien le dessus qu'en 1949 il forme le Maxim Trio ; la première formation composée d'artistes Noirs à avoir un show télévisé.

Son style comme sa personnalité commencent à se définir au milieu des années 50, période durant laquelle il compose et enregistre quelques-uns des plus grands titres du répertoire américain. Si le blues est avec le gospel sa forme privilégiée d'expression, le rock and roll et le rythm’n’blues deviendront ses terres de floraison tout comme le twist durant un moment. A travers différents moyens d'expression, Ray Charles démontrent toute sa virtuosité à passer d’un style dans un autre. Dans son répertoire figurent des compositions devenues des classiques (I Got a Woman - 1958, What'd I Say - 1959, etc.) qu'il complètera quelques années plus tard de chansons populaires (Yesterday, Eleonor Rigby, des Beatles, I Don't Need No Doctor, de John Mayer, etc.). Ses reprises qu’il adapte et arrange à sa convenance auront tellement de succès qu'il fera de même en chantant du Brel (Ne me quitte pas deviendra If You Go Away) et de l’Aznavour (For Mama - La mama).

A la fin des années 50, le chanteur est devenu un artiste complet. Les critiques n’hésitent pas à le comparer à Louis Armstrong ou à Nat King Cole. Son orchestre rencontre un succès croissant auprès du public noir et blanc. Les étonnants I Got a Woman et What Did I Say, dont l'introduction pianistique est déjà un classique en soi, enflamment le public dès que les premières notes résonnent. Le répertoire subjugue, tandis que les chansons « soul » aux contours dramatiques dressent un portait saisissant de l'interprète Ray Charles.


AUDACE ET GRAVITÉ

D’une grande persuasion scénique, Ray Charles a surpassé tous les chanteurs de son époque par son allant, par la liberté de son délire. Sur un entourage sonore qui ne s'échappe que peu du rock and roll le plus impératif, il a incorporé au vieux domaine profondément ressenti du blues et du gospel song, à des ballades souvent sophistiquées ou même abâtardies des mélismes et accords contemporains, des interrogations dramatiques qui universalisent et agrandissent son langage.

Ray Charles est l’un des premiers à avoir vraiment popularisé aux Etats-Unis le rhythm'n'blues. Sa carrière « commerciale » sans surprises voit défiler durant les années 60 d’autres succès parmi lesquels figurent Georgia On My Mind, I Can’t Stop Loving You, Hit the Road Jack et Busted. Ces chansons-là, taillées pour chanteurs crooners, attirent un public encore plus large. Ray Charles produira près de soixante-six titres classés, dont sept figureront à la première place. Sa voix bouleversante, qui passe de la plainte la plus lentement susurrée, de l'éraillement le plus rauque à d'impudiques cris de tête ou à des éclats de fausset, a gravé quelques-unes des plus belles complaintes du 20e siècle.

Dans sa carrière, Ray Charles ne s’interdira rien, notamment le duo qu’il partagera en compagnie de grandes vedettes venues du jazz ou du rock, d'abord avec la reine du rythm’nblues Aretha Franklin (Spirit In the Dark - 1971) ensuite avec Betty Carter et Cleo Laine (Porgy and Bess - 1976) ; Billy Joel (Baby Grand – 1986) ou encore Dee Dee Bridgewater (Presious Thing sur une texte de Ronnie Bird - 1988) . Son ami de toujours, Quincy Jones, l’invite sur des albums exploratoires de musique fusion (Back On the Block - 1989 - et Q’s Jook Joint - 1995 - avec Chaka Khan, Bono, DJ Funk master Flex ; et dans son disque-invitation Just Between Us en 1988, où le Genius partage ses émotions avec le guitariste de blues B.B. King, Lou Rawls, Gladys Knight et Joe Cocker (Let’s Call the Whole Thing Off).

Sa disparition en juin 2004 laisse derrière elle le souvenir d'un artiste sensible et généreux. Le cinéma ne s'y trompera pas en proposant Ray quelques mois après son décès, une biographie filmée qui permettra au musicien Jamie Foxx d'obtenir l'Oscar du meilleur acteur pour son interprétation du « Genius ». Outre une carrière de chanteur bien remplie, Ray Charles tourna dans plusieurs films, notamment Ballad In Blue (1964), un film dramatique dans lequel il vient en aide à un jeune enfant aveugle (Piers Bishop) dans sa lutte pour survivre et retrouver la vue.


LA "SOUL" STYLISÉE DE RAY CHARLES

Son style composé de questions-réponses entre sa voix et les instruments, ses suites d’accords au piano – devenu peu à peu l’instrument soliste après la disparition de Mickey Baker, son fidèle guitariste – sans oublier ses choristes, les Raelettes, ne seront pas sans influences sur un bon nombre de chanteurs pop et rock, blancs et noirs : Stevie Wonder, bien sûr, mais aussi Marvin Gaye, Steve Winwood, Van Morrison, etc.

En dépit d'un lyrisme turbulent et d'une sensibilité un peu grandiloquente, de son recours parfois facile à user de reprises comme source de jouvence, d'une diction qui, avec les ans, les fatigues, les consolations « stupéfiantes », devient souvent plus allusive que signifiante, Ray Charles a toujours su apporter des lettres de noblesse aux rythmes et aux mélodies plébéiennes. Il aura été d’autant plus unique que les artistes populaires qui ont pris sa succession n’ont pas toujours été en mesure d’éclairer aussi bien que lui l’âme de cette musique qu’il a respecté jusqu’à son dernier souffle, celle du blues. Des artistes comme James Brown, Ike et Tina Turner, Wilson Pickett où Jimmy Hendrix ont eux aussi proclamé une telle revendication - souvent appuyée de suggestions viriles, voire sexuelles -, cependant ce qu'ils ont clamé, ce qu'ils ont mis grossièrement en scène, tient davantage dans la façon d’échauffer les salles que dans celle d'émouvoir tant soit peu cette âme libératrice qui caractérise si bien la musique noire américaine.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 12/2016)

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