CHANSON


BIOGRAPHIE SAMMY DAVIS Jr., PORTRAIT D'UNE VIE CONSACRÉE AU MUSIC-HALL

Sammy Davis Jr. savait s’imposer là où le destin l’appelait. Chanteur, danseur, acteur, imitateur, fantaisiste, musicien, show man… on pouvait presque tout lui demander. Il n’est pas un domaine du spectacle que Sammy Davis Jr. n’ait exploré et où il n’ait brillé.


LE 'WILL MASTIN TRIO'

Sammy Davis est né à Harlem, le 8 décembre 1925. Grâce à ses parents qui gagnent leur vie en jouant au théâtre dans des pièces populaires et en participant à la troupe de music-hall ‘Holiday in Dixieland’, Sammy entrevoit dès son plus jeune âge ce que peut offrir la scène et le contact du public. Ses parents ayant l’intention de divorcer, il suit alors son père dans ses tournées et n’a que trois ans quand il apparaît pour la première fois sur scène dans la troupe de son oncle Will Mastin. Peu de temps après ses parents se séparent...


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Quand arrive la Grande Depression des années 30, la troupe de son oncle se retrouve sensiblement réduite et devient le 'Will Mastin Trio', constitué seulement de Sammy, son père et de son oncle. Si tout est fait pour protéger l'enfant du racisme ambiant, Sammy Davis sera confronté directement à ce fléau au moment de la seconde guerre mondiale, quand il sera enrôlé dans les forces américaines. Il gardera de cette période de nombreuses blessures qui le pousseront à refuser de se produire dans les endroits où la ségrégation raciale sera très présente. Cette idéologie qui gangrène le pays explique également qu’il ne fera pas grand bruit des origines cubaines de sa mère quand son pays plongera dans un « profond ressentiment » envers Cuba et Castro en 1962, à l’époque de la crise des missiles.

À gauche, Sammy Davis Jr. en 1966 durant le show télévisé 'The Perry Como Show' - À droite, Sammy Davis Jr. au piano en 1956, avec Steve Allen durant son show.

Toutefois, la fougue de la jeunesse et le sens de la fantaisie reprennent leur droit, ce qui lui permet d’affronter la scène sans autres soucis que de bien faire. En 1945, après deux ans de service militaire, le ‘Will Mastin Trio’ devient le ‘Will Mastin Trio Starring Sammy Davis Jr.’. Malgré les railleries et moqueries, Sammy découvre qu'être sous les projecteurs est certainement la meilleure façon de se protéger contre le racisme. « Mon talent était une arme, une force, un moyen de me défendre. C'était le seul moyen dont je disposais pour tenter de faire réfléchir la personne en face de moi », dira-t-il. La petite troupe visite alors les plus grands music-halls et cabarets du pays et enchaîne les tournées.

Ses participations à des spectacles qui mêlent chant et danse commencent à connaître le succès. Malheureusement, la popularité grandissante du chanteur et fantaisiste se voit interrompu en 1954 par un grave accident de la circulation qui le prive de son œil gauche, et ce peu de temps après avoir enregistré son premier album, 'Just fot Lovers'. Soutenu par Frank Sinatra et après deux ans d’absence, l’artiste revient au premier plan, tout d’abord à Broadway dans un show qui lui donnera, par la suite, son surnom de « Mr. Wonderful ». Le spectacle est un véritable succès avec près de quatre cents représentations. Hollywood lui fait également les yeux doux et l’engage pour ses débuts au cinéma. Il s’ensuivra une vingtaine de films et une impressionnante série d’albums où ses dons de chanteur et d’artiste complet se révèleront hors du commun.


SAMMY DAVIS Jr. : PERDIDO (1959 - CBS Parade)
Dans ce document de télévision, Sammy est tour à tour un chanteur de jazz qui scatte et un musicien qui passe du trombone au vibraphone puis à la batterie !

LES ANNÉES FLEURISSANTES

En 1959, Dean Martin, qui est lassé par son tandem comique avec Jerry Lewis, devient un chanteur crooner tout désigné sur scène et au cinéma. En compagnie de Sammy Davis, ils répondent favorablement à l'invitation de leur ami Frank Sinatra de participer au groupe qu'il vient de fonder, les Rat Pack. Ce trio là, capable d’enflammer les scènes du music-hall partout où il se produit, enregistre des dizaines de disques et tourne dans plusieurs films de qualité inégale dont on retiendra néanmoins 'L'Inconnu de Las Vegas' (Ocean's Eleven) en 1960 et 'Les Sept Voleurs de Chicago' (Robin and the Seven Hoods) en 1964. Le trio Davis, Martin et Sinatra peut être considéré, collectivement et individuellement, comme le trio de tête du music-hall des années 60 aux États-Unis.

En 1960, Sammy épouse l'actrice d'origine suédoise May Britt, mais il se voit aussitôt confronté à des âmes toutes prêtes à le condamner. L'artiste est une fois de plus face à cette Amérique puritaine qui juge et qui reste encore profondément ségrégationniste. À cette époque, plus de trente États interdisent encore les mariages interraciaux. Toutefois, et malgré des menaces de mort qui planent durant les spectacles qu'il donne à Broadway, Sammy tient bon la rampe en étant soutenu par un public de fidèles qui répond toujours présent à ses invitations.

Sa femme May donne naissance à une fille et le couple adopte deux enfants. Toutefois, Sammy accorde peu de temps à sa femme. Il enchaîne les spectacles et entretient d’autre part une relation avec la chanteuse Lola Falana, ce qui précipitera le divorce du couple en 1968. La même année, le chanteur fréquente Altovise Gore, une danseuse qu’il a rencontrée lors d'une émission télévisée. Sammy et Altovise se marient en 1970 et resteront unis jusqu'à la mort du chanteur en 1990.


LES GALAS DE BIENFAISANCE

En 1965, avec l’aide de Jane et Burt Boyar, Sammy Davis publie sa première autobiographie sous le titre « Yes I Can » ; un passionnant récit sur le monde contrasté du show business, l’artiste ne cachant rien de sa vie dissolue, de ses problèmes d’accoutumances à l’alcool et à la drogue, un « coin de paradis artificiel » où se mêlent conquêtes féminines d'une part et problèmes financiers d'autre part.


SAMMY DAVIS Jr. : ONNA BUILD A MOUNTAIN (1978)
Sammy est ici entouré de la troupe qui participe à la comédie musicale 'Stop The World - I Want To Get Off !'. Ambiance gospel assurée.

Par la suite, durant une quinzaine d’années, Sammy Davis Jr. sera souvent invité à participer à de nombreux galas de bienfaisance. On reconnaît en lui l’homme de cœur et de générosité. Retenons son passage en 1985 sur la scène du théâtre des Champs-Élysées à Paris, pour un concert exceptionnel au profit de l’UNICEF, mais aussi son importante tournée mondiale de 1989 avec ses amis Frank Sinatra et Liza Minelli.

Peu avant sa mort, Sammy Davis Jr. se verra récompensé par la communauté noire lors d'une émission de télévision. Atteint d'un cancer de la gorge, il s’éteint dans sa maison de Beverly Hills le 16 mai 1990. Sammy avait 64 ans. Le seul regret que l’on puisse émettre concernant sa longue carrière est peut-être de ne pas avoir eu une chanson au succès retentissant à l’image de ‘My Way’ ou ‘Strangers in the night’ chantés par Frank Sinatra.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 04/2020)


DISCOGRAPHIE PARTIELLE

  • Just for Lovers (1955)
  • Starring Sammy Davis Jr. (1955)
  • Here's Lookin' at You (1956)
  • Mr. Wonderful (1956)
  • Boy Meets Girl avec Carmen McRae (1957)
  • Sammy Davis Jr. Jumps with Joya Sherrill avec Joya Sherrill (1957)
  • Sammy Swings (1957)
  • All the Way... and Then Some! (1958)
  • Mood to Be Wooed avec Mundell Lowe (1958)
  • Porgy and Bess avec Carmen McRae (1959)
  • I Gotta Right to Swing (1960)
  • Mr. Entertainment (1961)
  • The Sammy Davis Jr. All-Star Spectacular (1962)
  • What Kind of Fool Am I and Other Show-Stoppers (1962)
  • As Long As She Needs Me (1963)
  • The Shelter of Your Arms (1964)
  • Sammy Davis Jr. Sings Mel Torme's California Suite (1964)
  • Our Shining Hour avec Count Basie sur des arrangements de Quincy Jones (1965)
  • Golden Boy (1965)
  • When the Feeling Hits You! avec Sam Butera & The Witnesses (1965)
  • Sammy's Back on Broadway avec des arrangements de Claus Ogerman (1965)
  • The Nat King Cole Song Book (1965)
  • Sammy Davis, Jr. Sings - Laurindo Almeida Plays avec Laurindo Almeida (1966)
  • Sounds of '66 avec Buddy Rich (1966)
  • Sammy Davis, Jr. Sings the Complete "Dr. Dolittle" (1967)
  • I've Gotta Be Me (1968)
  • Lonely Is the Name (1968)
  • Something for Everyone (1970)
  • Sammy Davis Jr. Now (1972)
  • It's a Musical World (1972)
  • That's Entertainment (1974)
  • The Song and Dance Man (1976)
  • In Person '77 (1977)
  • Stop the World – I Want to Get Off (1978)
  • Closest of Friends (1982)

COMÉDIES MUSICALES

  • Mr. Wonderful (1957)
  • Golden Boy (1964)
  • Sammy (1974)
  • Stop the World - I Want to Get Off (1978)

FILMOGRAPHIE (sélection)

  • Meet Me in Las Vegas (1956)
  • Porgy and Bess (1959)
  • L'Inconnu de Las Vegas (Ocean's Eleven) (1960)
  • L'Opéra de quat'sous (Three Penny Opera) (1963)
  • Johnny Cool (1963)
  • Les Sept Voleurs de Chicago (Robin and the 7 Hoods) (1964)
  • Tendre garce (Nightmare in the Sun) (1965)
  • A Man Called Adam (1966)
  • Sweet Charity (1969)
  • One More Time (1970)
  • T'es fou Jerry (Cracking Up) (1983)
  • Cannon Ball 2 (The Cannonball Run II) (1984)
  • That's Dancing! (1985)

TÉLÉVISION (sélection)

  • Les Mystères de l'Ouest (The Wild Wild West), série TV : saison 2, épisode 5 (1966)
  • Elvis : That's the Way It Is (1970 - documentaire)
  • Save the Children (1973 - documentaire)
  • Drôles de Dames, série TV : saison 2 épisode 14 (1977)

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