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ARCTIC MONKEYS, UNE MUSIQUE ROCK AUX ACCENTS POP

Encore un groupe de rock, me direz-vous ? Oui, mais celui-là est devenu en quelques années le prototype d’un groupe porté par le Web. Faut-il y voir là une ascension aussi soudaine qu’un déclin annoncé à la façon d’un feu de paille par l’industrie musicale ? Peut-être pas ! Fort de leur premier succès, Fake Tales of San Francisco, à l’énergie juvénile et tout en ruptures rythmiques, les Arctic Monkeys produisait déjà une musique mariant compétence et professionnalisme.


UNE PANOPLIE ROCK SIGNÉE ARTIC MONKEYS

Alors qu’il y a 40 ans, les groupes de rock cherchaient à dégager une impression d’insouciance comme d’audace, quitte à prendre des risques parfois démesurés avec le public, ceux d’aujourd’hui, en s’inspirant des rockeurs des années seventies, planifient leur carrière en évitant, si possible, toutes les fausses notes commises par leurs aïeuls.

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Quand les jeunes héros de Sheffield produisent leur second album Favorite Worst Nightmare, ils trouvent la matière à asseoir un son, si ce n’est un style encore bien défini. Les quatre musiciens d'Arctic Monkey ne jouent pas la carte de l’opportunisme ou de la mise en marche d’une révolution musicale, non, ils se contentent de suivre une évolution naturelle et sage.


ARTIC MONKEYS, 3 ALBUMS EN 5 ANS

Monter un groupe de rock, c’est, pour la plupart des adolescents, une façon de trouver ses marques et de s’affranchir de l’autorité. La musique doit être le symbole de l’instinct qu’on libère !  Comme de nombreux groupes de rock, les membres d'Arctic Monkeys ont appris sur le tas. La distribution des rôles, côté instrument, tient un peu du hasard. Étant donné que Jamie Cook jouait de la guitare et Nick O’Malley de la basse, Matt Helders s’est vu contraint de prendre la place du batteur. Quant au guitariste/leader, mais également parolier du groupe, Alex Turner, il est devenu chanteur parce qu’il fallait bien que quelqu’un s’y colle !

Rapidement, le groupe de gosses qui jouaient dans un garage est parvenu à une certaine notoriété grâce à la diffusion de leur musique sur Internet. En 2005, leur page MySpace est prise d’assaut et attire l’attention de la Radio BBC. Five Minutes With Arctic est le premier simple que la boutique en ligne iTunes Store s’empresse alors de mettre en téléchargement.

L’enregistrement de I Bet You Look Good On The Dancefloor sera le point de départ ; celui du commencement de l’hystérie, une hystérie assez forte pour éclipser momentanément des artistes comme Robbie Williams ou Sugababes. « À Londres, les gamins regardaient le groupe et les labels regardaient les gamins en train de regarder le groupe », précise Alex Turner. Leur second simple, When the Sun Goes Down, atteint également la première place au Royaume-Uni.

Ce qui est remarqué et remarquable avec Arctic Monkeys, c’est le rôle joué par Internet. Le groupe n’est pas gratifié, comme d’autres artistes, d’une publicité et d’un marketing très poussés ; leur popularité, ils la doivent surtout à Internet et à son nouveau visage commercial, capable d’en imposer même aux majors ! Les sites communautaires qui commencent à montrer le bout de leur nez sont les témoins de cette popularité grandissante. Arctic Monkeys n’est pas un groupe comme les autres, il est avant tout le groupe précurseur d’une musique que l’on associe au mirage économique d’Internet.


ARCTIC MONKEYS : MY PROPELLER

Ainsi, sort le premier album, Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not, précédé de précommandes (il en sera de même avec l’album suivant). L’album court après les records avec ses 363 735 exemplaires vendus dès la première semaine et I Bet You Look Good on the Dancefloor devient rapidement la première chanson phare du groupe.

Ensuite, tout va très vite et s’enchaîne mois après mois, année après année. Le groupe, davantage apprécié en Angleterre qu’aux États-Unis, ne décline pourtant pas l’invitation sur le sol de l’Oncle Sam. Même après le départ d'Andy Nicholson, le bassiste du groupe, remplacé par Nick O’Malley, Arctic Monkeys remporte un vif succès avec son 2e album, Favorite Worst Nightmare (2007). 

Leur dernier album, Humbug (2009), est le fruit d’une collaboration avec Josh Homme, alors ingénieur du son pour les Arctic Monkeys et leader du groupe Queens of the Stone Age. Enregistré au cœur du désert californien, dans le studio de Josh, le rock british des Arctic Monkeys a conclu un pacte avec ses fans : celui de produire une musique équilibrée, qui respire sans se sacrifier à une mode, mais qui ne se perd également jamais.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 09/2010)


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