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CLASSIQUE / TRADITIONNEL


CARLOS KLEIBER, UN CHEF D’ORCHESTRE SINGULIER

Chef d’orchestre génial et singulier, l’Autrichien Carlos Kleiber ne dirigeait que lorsque son frigo était vide. Son parcours restera à jamais une énigme : il ne signait aucun contrat, ni ne donnait d’interview…


LA PERFECTION DU CHEF D’ORCHESTRE

Vénéré par les mélomanes et à peu près inconnu du grand public, Carlos Kleiber est mort en 2004, à l’âge de 74 ans. Si son parcours reste à tout jamais une énigme, ses rares enregistrements qui furent réédités en 2004 par Deutsche Grammophon révèlent la singularité de son génie.

Ce chef d’orchestre tenait que très rarement la baguette. Indifférent à la notion de succès, Kleiber donnait une série de concerts ou d’opéras quand le besoin s’en faisait sentir. Puis il retournait à son silence. Jamais, de toute sa carrière, il n’a accordé une seule interview. Il n’avait pas d’argent et ne signait pas de contrat. De toute façon, il refusait les ponts d’or que lui offraient tour à tour les théâtres du monde entier.


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Devant un orchestre ou un plateau d’opéra, Carlos Kleiber essayait d’obtenir le maximum pour parvenir à une vérité musicale et dramatique qui pouvait changer d’un jour sur l’autre. Au moment du concert, il émanait de tout son être un tel magnétisme, une telle force que les musiciens se surpassaient. Sa direction était à la fois d’une suprême élégance et d’une sensualité inouïe. « Il était très exigeant, mais c’était un bonheur de jouer avec lui. On comprenait pourquoi on faisait de la musique », se souvient un musicien.

Obsédé par la perfection, Kleiber lançait à l’orchestre : « Soyez patients avec moi, vous allez voir, cela va être si beau. » Il lui arrivait de se mettre en colère lorsqu’il se heurtait à un mur d’incompréhension ou de routine. « Vous n’êtes que des cons de merde », lâcha-t-il, un jour, blême, à des musiciens avant de quitter l’estrade. Le lendemain, il revint avec un large sourire : « Bon, je retire le ‘de merde’. »

Les musiciens respectaient son idéal élevé et s’amusaient de ses excentricités. Lors d’un concert se déroulant durant le carnaval de Munich, c’est déguisé en Boris Becker, le célèbre tennisman, que le chef débarqua aux répétitions. À un soliste qui lui demandait comment comprendre tel passage d’une symphonie de Brahms, il répondit : « Imaginez que vous faîtes l’amour et que vous devez changer de position. »

Les rares enregistrements de Carlos Kleiber sont tous des miracles de beauté et d’intelligence. À l’heure où les chefs d’orchestre s’enrichissent sans que la qualité musicale s’en ressente nécessairement, l’art et la morale de cet incroyable musicien ont valeur de paradis perdu.

par O. Bellamy (Cadence Info - 08/2013)


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