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MUSIQUE & SOCIÉTÉ


LES APRES-CONCERTS PAYANTS

A la fin des concerts, une nouvelle mode serait-elle en train de naître ? Pas de celle qui fait ‘chaud’ au cœur, mais plutôt de celle qui fait ‘tinter’ le porte-monnaie. De quoi s’agit-il ?


LES CONCERTS EN ‘HAPPY END’ PAYANT

Prenons le cas d’un déroulement classique d’une fin de concert : l’envoi de tomates ayant disparu depuis longtemps, je passerai sous silence la manifestation désapprobatrice du public, pour en venir au fait… Généralement, quand les spectateurs sont contents, des rappels constitués de salves d’applaudissements et de quelques tubes interprétés par l’artiste concluent le concert. Ensuite, la majorité du public s’en va alors que quelques-uns traînent des pieds, notamment les fans qui restent sur place dans l’espoir d’une rencontre avec leur idole.

A présent, voici une fin de concert revue à la sauce “Made in USA” : parfois, à l’intention du public présent dans la salle, des artistes américains proposent de prolonger le concert par des rencontres individuelles en coulisses, mais attention… de façon monnayable. En d’autres termes, contre une petite somme d’argent. Oui, vous avez bien lu ! L’artiste donne un droit d’accès à sa loge pour des rencontres en tête à tête, mais à condition d’ouvrir le porte-monnaie (on n’ose imaginer un telle chose à l’époque de la gloire de Michael Jackson !).


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Pour éviter tout débordement, chacun attend son tour patiemment avec un numéro d’inscription. Pour l’artiste, la cohue est maîtrisée devant la loge, et pour le fan, la rencontre exclusive et inespéré avec l’artiste permet d’échanger quelques mots, voire d’obtenir une photo dédicacée en supplément.

Tout ceci n’est pas très original, me direz-vous ! Ce genre de contact avec les artistes existe déjà depuis très longtemps. Par respect pour ses fans et pour les remercier, l’artiste a certaines obligations… sauf qu’ici, la suggestion d’un acquittement financier produit un obstacle supplémentaire dans sa relation avec le public et entraîne, de fait, une détérioration de son image médiatique.

Exemple avec le concert de Janelle Monae (nouvelle égérie montante de la soul music) qui s’était produite à Paris, l’année dernière. A la fin de son concert, un animateur surgit pour venter l’exclusivité d’une rencontre avec la chanteuse pour 50 euros. L’initiative est surprenante. Elle n’est pas improvisée mais au contraire bien préméditée, conduite à la façon d’un show à l’américaine. Mais l’histoire des cinquante euros demandés au départ deviendront, face aux protestations des spectateurs, dix euros.

Dix euros pour rencontrer un court instant, seul à seul, Janelle Monae, peut paraître une somme raisonnable comparée à certains tarifs pratiqués pour assister à des concerts de stars en France. Bien sûr, pour le moment les artistes qui ont pris cette initiative n’ont pas l’aura du regretté ‘Roi de la pop’ Michael Jackson, mais ce procédé a quelque chose de choquant en jouant sur l’affectif du public. On serait même en droit de supposer qu’il existe là comme une sorte de manipulation déguisée.

En France, à votre avis, jusqu’où iraient les enchères pour une rencontre en tête à tête avec Johnny H. après un concert ? La question mérite d’être posée…


QUAND L’ARTISTE EST FACE A LA CRISE

Si les Etats-Unis sont à l’origine de ces ‘after’ monnayés, en France, où la relation avec l’artiste est assez différente, il n’est pas sûr que cette pratique prolifère. Non pas, parce que les fans s’interdiraient un petit extra, mais parce que l’image médiatique de l’artiste pourrait vraiment en pâtir. Public français et public américain ne défendent pas l’art de la même manière, ni sa relation avec l’argent.

En réalité, face à la crise du disque, certains artistes et producteurs américains recherchent de nouveaux moyens pour renflouer leur trésorerie, et cela, même s’ils doivent subir les sifflets du public et prendre le risque de ternir leur image.

Même si en France, les concerts ne permettent pas toujours à la majorité des chanteurs de renflouer leur compte en banque, il faut reconnaître que la scène française a actuellement beaucoup de mal à vivre. De salles claisemées en tickets soldés, la morosité est bien là. La multiplication des chanteurs et des chanteuses n’arrengent rien et les tarifs attractifs n’ont plus.

Le public est tellement sollicité que son pouvoir d’achat se disperse entre les concerts et le cinéma, mais également entre les jeux en tous genres ou l’achat de gadgets multimédia. Crise ou pas crise, que l’artiste en difficulté cherche quelque part à arrondir les fins de mois, une telle parade demeure critiquable et ne peut laisser indifférent le fan et encore plus le spectateur lambda.

La vente de l’artiste se devrait-elle d’être soumise à une surenchère permanente ? Si on ajoute au prix des places celui du disque, au prix des magazines spécialisés celui de l’abonnement au fan-club, sans compter la vente des produits dérivés, tels tee-shirts et affiches, créer un nouvel ‘impôt artistique’ risque de ne pas passer inaperçu aux yeux de nombreux fans !

Ce qui est sûr, c’est que face à de telles initiatives, provoquées plus ou moins légitimement par la crise, le fan inconditionnel risque de se recruter de plus en plus dans les couches sociales aisées pour ne pas dire fortunées !

par Patrick Martial (03/2011).

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