GORAN BREGOVIĆ : THREE LETTERS FROM SARAJEVO (en savoir +)
Ad Block

Vous ayez installé un bloqueur publicitaire sur votre ordinateur. La mise en ligne d'encarts publicitaires non intrusifs permet à ce service d'exister durablement. Pour consulter cette page dans des conditions visuelles normales, vous devez désactiver votre bloqueur publicitaire. Merci de votre compréhension. En cas de difficulté : procédure pour autoriser "cadenceinfo.com"

GORAN BREGOVIC 'THREE LETTERS FROM SARAJEVO' POUR UN HÉRITAGE MUSICAL DÉTONANT

Ce musicien et compositeur issu de l'ancienne Yougoslavie a traversé son existence en multipliant les expériences musicales. Son nouvel album intitulé Three Letters from Sarajevo sonne une fois de plus comme un nouveau challenge en racontant l'hsitoire d'une ville qu'il a bien connu Saravejo, une ville où il est né et qui a connu de terribles événements lors de son siège au début des années 90. Pour ce disque, Goran Bregović a choisi le violon pour illustrer ses trois pièces instrumentales pour solistes dont les styles font cohabiter le classique, l'oriental comme le klezmer, une musique traditionnelle et instrrumentale pratiquée par les juifs ashkénazes.

UNE GRANDE VARIÉTÉ DE STYLES

Le disque Three Letters from Sarajevo raconte l'histoire de Sarajevo avec sa multiculturalité identitaire, source de multiples croyances et de paradoxes troublants. La présence de chants interprétés par des artistes comme Riff Cohen, Rachid Taha, Bebe ou encore Asaf Avidan, Sifet et Mehmed s'enrichit à travers de multiples langues, tels l'hébreu, l'arabe, le serbo-croate et l'espagnol.

La grande force de ce disque est d'engranger un art d'une grande amplitude qui favorise de manière cohérente une multitude de styles, mais aussi de techniques, sans y perdre au change. En capturant des bribes de musique traditionnelle en otage et en y incorporant sa science et son approche musicale, Goran Bregović parvient à créer des morceaux originaux qui donne l'impression de s'adresser à tous et à toutes sans distinction de race, de sexe, d'âge ou de religion.

LE PARCOURS D'UN MUSICIEN ATYPIQUE, ENTRE ROCK, MUSIQUE DE FILMS ET OPÉRA

Le parcours artistique de ce musicien peut surprendre. D'abord violoniste au conservatoire, ce sera la guitare qui va lui permettre de devenir une rock-star en Yougoslavie dans les années 80. Son groupe, Bijelo dugme (le Bouton blanc) sera la source de cette réussite inatendue : 13 albums en quinze ans. Mais la musique rock ne sera qu'une première étape à sa carrière, car le cinéma va entrer dans sa vie et lui permettre d'investir d'autres espaces sonores.

Les années 90 seront celle des BO. Il y aura Le Temps des Gitans (1990) d’Emir Kusturica, puis Arizona Dream (1993) et Underground (1995) ou encore pour Patrice Chéreau, La Reine Margot (1994) et quelques années plus tard Le Lièvre de Vatanen de Marc Rivière en 2006.

Tout ce travail conduit pour le cinéma n'empêche pas le musicien de consacrer du temps à d'autres ambitions, celles-ci plus personnelle. Il refonde en 2005 son ancien groupe Bijelo dugme pour une série de concerts, avant de fonder l'année suivante ce qui est encore aujourd'hui l'Orchestre des Mariages et des Enterrements, orchestre atypique constitué de cuivres. de percussions orientales, avec parfois la présence de voix féminines bulgares ou/et un chœur d'hommes classique. A ce détonant mélange, vient s'ajouter à l'occasion quelques programmations électroniques.

Goran Bregović, musicien insaisissable mais passionant a composé par ailleurs quelques oeuvres ambitieuses, notamment un oratorio intiulé « Mon cœur est devenu tolérant » autour des trois religions monothéistes, et un hommage à l'auteur de Carmen de Georges à travers un étonant et premier opéra gitan, « Karmen avec une fin heureuse ».