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CLASSIQUE / TRADITIONNEL


TONALITÉ ET HISTOIRE DE LA MUSIQUE

Sujet souvent débattu en musicologie, la tonalité conserve encore aujourd’hui quelques opposants. Comme celle-ci ne relève pas d’une explication rationnelle, les musiciens qui veulent comprendre son mécanisme se basent sur ce constat : dans l’accord tempéré, les 24 tonalités majeures et mineures se composent de notes correspondantes, entre lesquelles règnent les mêmes rapports fluctuants.


LA TONALITÉ ET SES HUMEURS

Est-ce suffisant pour expliquer tout son fonctionnement… certainement pas !


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Une autre question se pose : le choix du “la” diapason. Jusqu’au 19e siècle, sa hauteur n’était pas fixe. Elle différait en fonction des régions et du type de musique. Alors que doit-on penser du caractère tonal, puisque la tonalité choisie par le compositeur ne reste pas stable !

Joués par des orchestres qui sont, de nos jours, accordés en général assez haut, la “Symphonie de Beethoven en do mineur” semble prendre les chemins du “do dièse mineur” (tout en conservant son caractère de do mineur) Ce seul exemple démontre à lui seul que le caractère tonal n’est qu’une convention… et si les Grecs accordaient à leurs tonalités une expression spécifique, cela ne prouve rien, car il est évident que le demi-ton assure une nature tonale persistante.


QUAND CHAQUE COMPOSITEUR DÉVELOPPE SA TONALITÉ

Depuis le 16e siècle, l’utilisation de certains modes religieux passent pour gais, d’autres pour tristes. Avec l’aide du système tempéré, on peut employer toutes les tonalités et essayer de nouveaux caractères tonals.

Johann Mattheson, un musicien théoricien allemand, a pensé en 1713, que le “mi majeur exprime une tristesse désespérée, sinon mortelle… et qu’il a dans certaines circonstances, quelque chose de si déchirant qu’il ne peut être comparé qu’à une séparation fatale du corps et de l’âme”. À l’opposé, Hector Berlioz considérait le mi majeur comme “éblouissant, magnifique, noble…”. On comprend alors l’opinion de Wagner pour qui le caractère tonal n’était qu’une “chimère”.

Cependant, tout le monde ne pensait pas comme Wagner : Beethoven assure avoir choisi soigneusement les tonalités de son “Fidelio“. En sélectionnant, pour le personnage de “Pizarro” un accord en sol dièse majeur, il voulait exprimer une “caractéristique individuelle”. De son côté, Robert Franz souffrait mille morts quand on chantait un de ses petits lieders dans une autre tonalité que prévue. De même pour les œuvres de Bach en si mineur, tonalité préférée de ce compositeur.

On retrouve le génie de Haydn dans sa prédilection pour les tonalités simples comportant 2 altérations au maximum : do majeur, sol majeur, ré majeur, alors que les Romantiques et les Impressionistes , de Chopin à Debussy, ne jurent que par les tonalités avec beaucoup de bémols. Quant à Beethoven, son goût a souvent alterné entre ré majeur et ré mineur… Malgré sa position sur le sujet, ce n’est pas non plus un hasard si le “Lohengrin” de Wagner est en la majeur et son “Parsifal” en la bémol majeur.

Quant au fa majeur, si répandu, il a toujours été considéré comme une tonalité exprimant la Nature, tonalité que l’on retrouve évidemment dans la “Pastorale” de Beethoven. Certains vont encore plus loin en prétendant que les chutes d’eau résonnent en fa majeur !

Au-delà des spéculations douteuses, le caractère tonal est une réalité. Ainsi, la série des quintes provenant des tonalités ascendantes augmente la tension alors que celle qui mène au si bémol provoque un relâchement. C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre la perception de ce problème contenu dans la préface du compositeur Hindemith, et concernant la refonte de sa “Marienleben” de 1947, où il identifie des personnes, des entités réelles ou irréelles de son œuvre à des tonalités musicales.

Patrick Martial (Cadence Info - 01/2011)
(info source : L’encyclopédie de la musique - Deutche Grammophon.)


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