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SON & TECHNIQUE


LE CODE MP3, UNE HISTOIRE DE COMPRESSION

Le MP3 est une norme de compression audio qui a fait couler beaucoup d’encre lors de son lancement “commercial” à la fin des années 90. En devenant un support indispensable aux amateurs de musique et de technologie, son essor va être étroitement lié à celui d’Internet. Pour les internautes, le MP3 apparaît tout de suite comme une solution efficace et pratique pour enregistrer de la musique sur ordinateur, tout en préservant une certaine qualité sonore.


LE MP3, UN SUPPORT AUDIO POUR TRANSMISSIONS TÉLÉPHONIQUES

MP3

Avant de devenir un support pour enregistrer de la musique, les scientifiques avaient orienté leur recherche dans une autre direction : celui d’améliorer la qualité audio dans les transmissions téléphoniques numérisées. Dans les années 80, un certain Karlheinz Brandenburg de l’université d’Erlangen-Nuremberg va devenir célèbre pour avoir lancé le concept et le développement du MP3. Ce scientifique travaillait alors sur un algorithme capable de sélectionner certaines fréquences aux détriments d’autres, afin d’ajuster le niveau du son suivant les limites de l’oreille humaine.


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En éliminant certaines fréquences jugées inutiles, l’objectif non avoué par Branderburg est d’alléger le poids du fichier audio, sans pour autant apporter de sensations (trop) négatives lors de l’écoute. Branderburg va développer l’OCF, un algorithme qui encode et décode les signaux à un taux de compression suffisant pour être acheminés par les lignes téléphoniques. La chanson Tom’s Diner, de Suzanne Vega va servir de test. Malheureusement, les premiers essais ne sont pas encourageants, mais l’idée étant bonne, celle-ci suit son chemin…

Un groupe d’experts internationaux, le Moving Picture Expert Group, planche sur le projet de Branderburg. A la fin de l’année 1992, après de nombreux tests et quelques améliorations de l’algorithme, une norme est choisie et au bout de quelques mois, Branderburg lance sur son site une première version de son logiciel capable de convertir des fichiers en MP3…

Mais par faute d’attention ou de prévention, son logiciel est ‘cracké’ par un pirate du Net dénommé SoloH. Il n’en faut pas plus pour que le MP3 fasse des petits… et à la fin de l’année 1997, sans être honoré par les revues de technologie, celui-ci devient un support incontournable du Net. Bien plus léger qu’un fichier non compressé comme le WAV, le MP3 apparaît comme très utile pour ceux qui souhaitent stocker de nombreuses chansons sur leur disque dur qui, à l’époque, ne contient seulement que quelques Go de données. C’est en partant de ce constat que prospère l’ISO MPEG-1/2 Audio Layer 3, plus connu sous le nom de MP3.


QUAND MAJORS ET MP3 SONT ENTRÉS EN GUERRE…

En 1997, l’Internet était très différent de celui d’aujourd’hui. Il n’existait pas encore de site de téléchargement officiel. Face à ce désert, un jeune universitaire, Michael Kramer, a l’idée de rassembler plusieurs pages et sites proposant des fichiers musicaux au format MP3. Son site baptisé ‘Blex’s page of good mp3‘ fait l’effet d’une petite bombe. Le premier annuaire dédié au MP3 était né. Evidemment, ce nouveau support pour ados branchés finit par venir aux oreilles d’un directeur artistique…

Geffen Records, alors maison de disques pour des groupes de rock tels que Aerosmith, Nirvana ou Guns N’Roses, au nom de la protection des droits d’auteurs, menaça de sa plus belle écriture tous les propriétaires des sites incriminés à retirer immédiatement toutes traces de MP3.

Ainsi, comme au bon vieux temps de la K7, le MP3 représentait un danger, une menace pour l’industrie du disque et pour les auteurs. Le MP3 allait engendrer des peines de poursuites… Peine perdue, car l’Internet étant un outil difficilement contrôlable - c’est sa force, mais aussi sa faiblesse – le MP3 va s’imposer à travers des sites dédiés aux artistes indépendants. La parade était toute trouvée ! Fondé par deux américains, Greg Flores et Michael Robertson, le site mp3.com devient la première référence en la matière.

Deux ans plus tard, à l’aube de l’an 2000, une nouvelle révolution est en marche, celle des sites d’échange de fichiers entre internautes. Napster ouvre le bal. Rapidement des procès d’intention se font jour ; mais la profusion des fichiers – plusieurs centaines de millions de MP3 seront échangées – agit comme un tsunami que rien ne peut arrêter… Et quand Napster rendra les armes, en juillet 2001, d’autres plateformes du même genre prendront le relais. A nouveau, des milliers de fichiers piratés seront téléchargés, envers et contre tout, comme une guerre qui n’en finit pas, mêlant intérêt économique et avancée technologique.

Avec les échanges de fichiers, un mot envahit Internet : ‘GRATUITÉ’. Ce mot va rapidement résonner dans la tête de tous les internautes comme une réalité justifiée. Cette ‘gratuité’ devient la bête noire, la solution maudite pour de nombreux secteurs créatifs qui sont touchés économiquement. Les concepteurs de logiciels, les auteurs, les distributeurs, les producteurs et plus généralement, la musique et le cinéma vivent cela avec une inquiétude grandissante, au point que des lois voient le jour dès le début des années 2000 (sans toutefois apporter de solutions idéales ou un juste compromis entre internautes et plaignants).


LE SUPPORT MP3, UN SUPPORT UNIVERSEL

Aujourd’hui, le MP3 s’est introduit dans de nombreux supports technologiques high-tech. On le rencontre bien sûr dans les baladeurs et dans les lecteurs de DVD, mais également dans les téléphones portables et dans les autoradios.

Étant donné les possibilités actuelles de stockage des disques durs – des centaines de Go – grâce au MP3, l’internaute dispose de dizaines de milliers de chansons enregistrées sur un seul disque dur. C’est gigantesque, mais quelque part déconcertant…

Entre-temps, des concurrents au MP3 sont nés. Ils sont nombreux et leur efficacité pas toujours facile à ‘décoder’, surtout pour un novice. Ils ont pour nom WMA, Vorbis, AAC, OGG, VOX. De son côté, le MP3 se décline en d’autres versions, comme le MP4 pour l’audio combiné à la vidéo.

Le MP3 est devenu un standard universel et son rapport qualité audio/taux de compression étant suffisamment performant pour convenir à la majorité de ses utilisateurs, sa disparition annoncée n’est certainement pas pour demain !

Par Elian Jougla (Cadence Info - 10/2011)


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