MUSIQUE & SOCIÉTÉ.


LES APPLAUDISSEMENTS. POURQUOI APPLAUDIT-ON LORS D’UN SPECTACLE ?

Lors d’un concert, vous êtes vous posé la question de savoir pourquoi vous applaudissiez ? Le geste semble anodin, pourtant celui-ci révèle certains de nos comportements en société…


EN REMONTANT DANS L’ENFANCE

L’applaudissement serait-il inscrit dans nos gênes ou serait-il conditionné par une pratique ancestrale ? Applaudissons-nous toujours pour de bonnes raisons ?


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Lorsque nous sommes enfants et que nous commençons à marcher et à parler, le geste qui consiste à frapper nos mains l’une contre l’autre s’acquiert à la même période. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce geste : parfois le désir d’obtenir quelque chose, une nourriture, un jouet ou plus simplement en écoutant de la musique, emporté par le mimétisme de l’entourage familial.

D’après l’écrivain Rabelais, « le rire est le propre de l’homme », les applaudissements seraient-il aussi le fruit de notre vie en société ?

Lorsqu'on se réfère aux écrits, l’applaudissement apparaît déjà dans la bible. À l’époque de la Grèce antique, puis plus tard du temps de l’Empire Romain, l’origine divine trouve par contre une explication plus rationnelle à travers le théâtre quand l’acteur, au moment de l’épilogue, manifestait son désir d’être reconnu pour son talent en réclamant un « valete et plaudite », que l’on peut traduire par « Portez-vous bien et applaudissez ».

Mais si le geste participe généralement à une forme de contentement, dans les faits, il est très rare d’applaudir tout seul chez soi en écoutant de la musique, aussi captivante soit-elle. Par contre, il peut nous arriver de crier à l’occasion, en étant comme saisi par une performance surprenante comme lors d'un match de foot, par exemple. Ce qui nous conduit à applaudir se produit presque tout le temps quand nous sommes en communauté, quand nous vibrons ensemble d’un seul élan pour un même événement, une même musique, un même artiste. Et les occasions pour applaudir ne manquent pas. De très nombreuses manifestations en société nous conduisent à accomplir le geste : le sport, le théâtre, les one man show, le cirque, etc.


LES CODES DE L’APPLAUDISEMENT

Les applaudissements répondent aussi à des codes qui finissent par se banaliser avec le temps, comme quand le public coordonne ses frappements de mains en cadence lors de grands matchs, ce qui est une bonne façon de démontrer que la satisfaction est générale. Dans ce cas, l’applaudissement a une fonction culturelle et sociale. L’autre raison importante qui justifie l’applaudissement est celui de la politesse, un geste qui sous-entend aussi que le public a apprécié le spectacle. Un anniversaire, la réussite d'un projet ou le départ en retraite d’une personne au sein d’une entreprise sont également du même ordre.

Cependant, il existe une exception, celui du concert classique et de l’opéra. Dans ce cas, une sorte de discipline oblige les spectateurs à faire preuve de retenue. Tout ce qui est applaudissement intempestif est rejeté. Cette attitude, qui n’avait pas lieu d’être sous Mozart, est devenue petit à petit une règle établie ; la faute aux compositeurs romantiques du 19e siècle qui exigeaient que leurs œuvres soient écoutées en entier, dans un silence religieux. Un applaudissement en cours d’interprétation aurait été considéré comme un sacrilège, comme la preuve d’un manque de respect envers l’interprète ou le compositeur.

Aujourd’hui, dans un monde devenu insensible à certaines valeurs ancestrales, cette exigence de réclamer le silence, voire de l'imposer, donne lieu à de vifs débats qui s’épanchent sur les réseaux sociaux. La relation entre le respect de l’artiste et le moment de l’applaudissement - qui, je le rappelle, est généralement une réponse à la manifestation d’une joie -, demande de la part du public une contenance émotionnelle pour laquelle la politesse, synonyme de « conduite à tenir », a bien du mal à tenir la distance... surtout quand le public manque de repères et d'éducation, balayant par des huées tout ce qui l'insupporte.

FAUT-IL APPLAUDIR OU NE PAS APPLAUDIR ?

La question revient souvent sans apporter de réponses fiables et exemptes de reproche. D’après une étude scientifique réalisée dans une université suédoise, la durée des applaudissements et de leur intensité obéiraient à un phénomène de contagion comportementale, à la façon d’un mimétisme qui nous emporterait collectivement. Néanmoins, de façon plus pragmatique, l’applaudissement reste une forme de remerciement qui se manifeste de différentes manières : réactive et immédiate lors d’un concert de rock et de façon nettement plus posée en musique classique. Dans ce dernier cas, les applaudissements n’interviennent qu’à la fin de l’exécution de l’œuvre, que celle-ci dure cinq, dix minutes ou plus, libérant alors en une seule traite tout le facteur émotionnel.

Dans la vie, chacun de nous est plus ou moins expansif au moment de livrer ses émotions. Les marques de satisfaction diffèrent d’un individu à l’autre et s’expriment de façons différentes. Néanmoins, quel que soit le degré de notre réactivité, l’applaudissement est sans aucun doute le résultat d’une joie, d’un bonheur qui doit tôt ou tard s’exprimer. En effet, le geste qui nous pousse à applaudir est en étroite relation avec les parties du cerveau qui ordonnent nos émotions. L'applaudissement en est la résultante. Il est alors bien difficile, vous en conviendrez, d’y résister !

Par Elian Jougla (Cadence Info - 07/2020)


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