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MUSIQUE & SOCIÉTÉ


LES CHANSONS "CHARLIE HEBDO"

Quand des chansons naissent à la suite d’événements tragiques, quels qu’ils soient, même et peut-être surtout ceux de Charlie Hebdo, on peut se poser la question légitime de savoir quelle est la part de récupération, la part d’objectivité et de sincérité dans la démarche des créateurs.


HIER XYNTHIA, AUJOURD’HUI CHARLIE HEBDO

Il y a peu encore, lors de la tempête Xynthia en 2010, des chansons avaient vu le jour dans le but de rendre hommage aux victimes et à tous les sinistrés (quelques exemples). La recette, car il y a recette - mais sans que l’on sache toujours où vont les fonds -, doit servir normalement à soutenir la cause.

Aujourd’hui, avec les retombées médiatiques directes et indirectes créées par les derniers attentats, personne n’est surpris de voir des artistes chanter des couplets sur des événements aussi sensibles. C'est devenu comme une habitude, une routine qui s'installe. Que des artistes se trouvent en première ligne des journaux, volontairement ou involontairement, chacun choisira l’adverbe qui lui convient. Toutefois, on conviendra que pour un chanteur, la pudeur, le recueillement comme la colère, s’écrivent généralement plutôt avec des notes qu’avec des silences.

Le logo « Je suis Charlie », misérablement construit dans la hâte, a été le premier signe de ce qu’aurait pu être une récupération commerciale. Fort heureusement, il en a échappé – pour le moment - grâce à la volonté de son auteur. Mais qu’en sera-t-il demain ou après-demain ? « Je ne suis pas Charlie » est déjà la première contrefaçon. Depuis, d’autres visions plus ou moins fantasques sont nées, et naîtront ailleurs dans le monde, soulignant la puissance des chocs de culture.


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Exemple d'une récupération par l'image

En attendant, en France, des artistes de tous horizons ont fait leur entrée dans le palmarès. C’est devenu pour quelques chanteurs une source de bienfaisance pour "artiste en devenir" ou en quête de notoriété. Les journalistes de tout bord sont déjà aux aguets, sachant que de tels événements malheureux conduisent souvent à une sorte de récupération créative. La sortie d’un film fiction se sera peut-être pour plus tard, quand l’embrasement des événements sera retombé, quand il servira de source pour des scénaristes en mal d’inspiration ou d’aide-mémoire pour des spectateurs qui auront déjà zappé… Aujourd’hui, comme les réseaux sociaux deviennent aussi des sources d’info, de baromètre actif, les journalistes non plus qu’à attendre que quelques vidéos soient mises en ligne sur YouTube pour faire leur sélection et le tour est joué (Une sélection de chansons).

Pour les chanteurs, c'est le concours pour celui qui créera la meilleure chanson posthume, celle qui fera le buzz. Pour ma part, la démarche est condamnable, surtout quand celle-ci est créée à chaud, sans le recul nécessaire... car dans un tel cas, il y a toujours suspicion. L’artiste connu médiatiquement fait parler de lui en suivant le mouvement, prenant fait et cause, s’impliquant superficiellement ou en profondeur (chacun choisira), tandis que l’artiste lambda, celui qui rame, aura tout intérêt de profiter de la situation pour extraire de son catalogue personnel une chanson que, peut-être, il aura adapté à toute vitesse pour convenir à la situation.

Avec les réseaux sociaux tout le monde rentre dans la danse. C’est à la fois très malheureux et très nocif parce qu’il en ressort aussi des parts sombres et incontrôlables. Le monde politique acquiesce et subit les événements, tandis qu’au même moment le top départ artistique est déjà donné. Deux, trois jours après l’attentat de Charlie Hebdo, une première chanson voit le jour. Pourquoi lui et pas moi se diront certains ? Alors, l’assaut est donné, ou plutôt la permission, car l’art n’est pas en guerre… jusqu’à présent !

Par Elian Jougla (01/2015)

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