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(source AW Stats)

ROCK, POP, FOLK, ELECTRO...


LES JEUNES ARTISTES SUÉDOIS


Ils écoutent les groupes pop anglais, mais ils sont suédois. Ils s’appellent Lisa Melberg, Jay-Jay Johanson, Anna Ternheim, Fever Ray et sont, dans leur pays, les aînés de la scène alternative. Avec d’autres jeunes talents comme Frida Hyvönen, Nina Kinert, Nicolai Dunger ou Prince of Hausswolff, ils ont tout digéré, du disco au folk américain, mais démontrent surtout qu’ils sont capables de créer une musique populaire séduisante et attirante.


UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE MUSICIEN SCANDINAVE

La musique suédoise n’a cessé de réchauffer de nombreuses discothèques depuis pas mal d’années. Le phénomène n’est pas nouveau. Les musiciens suédois ont l’art de marier les genres, même si leur terrain d’expression est souvent à la sauce anglaise. Pendant longtemps, la Suède n’a produit que des musiques pop sans âme dont le colossal succès n’avait d’égale que la glaçante vacuité. Ace of Base ou Roxette sont de ceux-là.


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Et puis toute une jeune génération d’auteurs a émergé, maîtrisant aussi bien l’histoire du rock anglo-saxon que la moindre subtilité de la langue de Shakespeare, affinant un style sous influence certes, mais à la sensibilité et au tempérament bien particulier. Des chansons sans affect, au sens mélodique inné, aux accents rares de vérité et de sincérité.

Pour ces jeunes artistes, la musique a toujours été un acte naturel, partagé en famille depuis la plus tendre enfance. Un terrain d’entente et d’échange entre les générations, détaché de la traditionnelle opposition entre culture classique, tradition folk et plaisir de la pop. Autant que le sport, dans leur pays la pratique musicale est considérée comme un hobby, une saine activité. Dans la plupart des villes, des salles de répétitions sont mises à disposition, certains recevant des subventions pour payer le matériel. La plupart des jeunes Suédois apprennent un instrument, quelle que soit leur origine sociale.

Un exemple parmi d’autres, celui de Nina Kinert, une chanteuse et pianiste versatile au solide bagage classique qui a traversé le folk pour arriver à produire une symphonie électro-pop avec son album Red Leader Dream. Comme la plupart de ses contemporains qui éclosent sur la scène internationale aujourd’hui, Kinert est une petite fille des années 80, dont les premiers émois musicaux et visuels ont été Michael Jackson, Kate Bush, Prince et Mariah Carey. Des artistes complets, dont l’héritage assumé ne paraît pas incompatible avec celui de musiciens plus intimistes, de Joni Mitchell à Prince, de Neil Young aux Cocteau Twins, dont les plages intensément introspectives ont trouvé une forte résonance chez les jeunes Scandinaves.

Les artistes suédois ne seraient-ils doués qu’en imitant à la perfection les autres ? Que ceux qui se sont distingués sont ceux qui n’auraient pas tout à fait réussi et, du coup, auraient créé involontairement quelque chose de plus personnel ? Après tout, l’obsession de Benny Andersson et de Björn Ulvaeus, les deux compositeurs d’ABBA, était de reproduire le fameux « wall of sound » (mur du son) de Phil Spector. En échouant, ils ont inventé un son bien à eux.


NINA KINERT - PLAY THE WORLD


L’INCONTOURNABLE ABBA

ABBA, le quatuor mixte des seventies, héroïque vainqueur du kitschissime concours de l’Eurovision 1974 avec Waterloo, s’est imposé comme les Beatles venus du froid. Un triomphe et une reconnaissance mondiale reposant sur une qualité d’écriture rare, distillant sous forme de joyeuses rengaines dansantes de terribles dissections des conflits affectifs et de la solitude éternelle. Autant dire qu’ABBA, loin d’être un monstre écrasant, a eu pour effet, même inconscient, de libérer, de décomplexer les artistes suédois.

« La force d’ABBA est d’avoir atteint à l’universel avec un esprit très suédois, raconte Lisa Milberg. Toute leur œuvre est imprégnée, irriguée par une profonde mélancolie. Que ce soit dans les chansons des Concretes ou de la plupart des artistes suédois qui comptent, ce sentiment est toujours présent. Une sensation d’isolement géographique, de manque perpétuel. On dit souvent que les endroits trop froids et ennuyeux stimulent la créativité. C’est peut-être un cliché, mais je suis tenté de penser qu’il est probablement vrai. »

Par H. C. (Cadence Info - 05/2014)


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