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SALIF KEITA ET KASSAV :
DE LA CHANSON MANDINGUE AU ZOUK

Longtemps la musique africaine, pourtant si fertile, a été sous-estimée et méconnue. Mais à partir des années 80, elle commence à être appréciée dans le monde entier. Cette reconnaissance est due au talent éclatant de musiciens comme Youssou Ndour au Sénégal et Salif Keita au Malie.



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LA CHANSON MANDINGUE DE SALIF KEITA

« Ca me donne envie de vivre, la musique. C’est ma parole et ma façon de m’exprimer devant les gens. La musique m’a aidé aussi à me confirmer comme une personne entière. La musique, c’est tout pour moi ! » (1) C’est dans ces termes que Salif Keita exprime sa foi en la musique. Sur scène, s’accompagnant seulement d’une guitare, sa voix limpide exprime à la façon d’un sage les messages que lui dicte son cœur.

A cause de son albinisme, Salif Keita souffrira dès son enfance des railleries de ses camarades. Né avec une peau claire, presque blanche, cette voix sublime du Mali s’est heurtée rapidement à une société prisonnière de superstitions mettant en cause la différence de couleur de peau. Cette forme de ségrégation va le marquer à tout jamais et orientera ses choix artistiques.

Dans les premiers temps de sa carrière, cette souffrance intériorisée le poussera à se couvrir la tête d’une serviette ou d'un chapeau pour cacher son albinisme. Il le fera également en raison de sa descendance, car Salif Keita appartient aux nobles de la société Mandingue. Or, dans cette société dotée d’une culture forte et originale, mais divisée en caste, les nobles ne doivent pas chanter. Le chant est destiné aux griots, à ces dépositaires de la tradition orale, véritable « sang » d’un modèle de société qui a construit son empire dès le 13e siècle aux confins d’une Afrique de l’Ouest encore analphabète.



Ayant été victime de discrimination, le chanteur va combattre toutes les formes d’injustices à travers son art qu’est la musique. En France, quand l’ambassadeur Mandingue viendra chanter pour les immigrés maliens, il prendra leur défense face à l’agression de la police. « Nous pas bouger », chantera-t-il. Salif Keita développe sa musique Mandingue en trouvant les moyens de la partager avec des gens qui ont d’autres origines. C’est là, la grande force de cette artiste, apôtre d’une world music qui n’en porte pourtant pas le nom.

LE ZOUK ENCHANTEUR DE KASSAV

Créateur d’une musique toujours prête à conduire les pas des danseurs, Jacob Desvarieux sait de quoi il parle, lui qui a fondé le groupe Kassav en 1979. Ce guitariste, qui avait un temps flirté en France avec le rock, avait le profond désir d’imposer la musique des Antilles françaises sur tous les continents. Pour cela, il mit au point une formule magique : le zouk.

Dans le zouk, les racines africaines ne sont pas loin, aussi bien en ce qui concerne le rythme que l’harmonie. Cette musique noire, qui ne s’identifie pas aux formes assumées du blues et de la soul « made in USA », descend directement d’un brassage de cultures héritées de l’esclavagisme des Antilles et d’une culture Européenne.

C’est en 1635 que des colons français s’installent en Guadeloupe et en Martinique. Au nom du Roi et de la compagnie française des îles d’Amérique, ils développent la culture de denrées exotiques comme le tabac ou la canne à sucre. Pour cela, ils font appel à une main d’œuvre réduite à l’esclavage. Vingt ans après l’arrivée des Français, trois milles Africains travaillent déjà en Guadeloupe. Ces hommes et ses femmes ont amené avec eux leur culture, leur chant et leur musique, sans pour autant avoir toute la liberté pour exprimer et conduire leur art. Toutefois, malgré les interdictions, les blâmes, un effet de création collective finira par s’implanter dans les îles à partir du 19e siècle. A partir de là, naîtront des formules rythmiques, des mélodies, une façon de faire qui sera progressivement accepté par les Antillais.

Essentiellement rythmique, non inféodé à de quelconques gènes, le Zouk appartient bel et bien à la culture guadeloupéenne et martiniquaise. Richard Bonna : « Le code n’a jamais changé. Le battement rythmique lui non plus. Il date de très longtemps. Il est là, on l’entend. C’est ce qui fait danser les Africains. » (1)

Tout au long de son histoire, la musique noire a toujours pris des reliefs différents suivant les lieux où elle a été générée. De sa diversité naît sa richesse. Quand un nouveau défi l’attendait, elle a toujours su le relever sans faillir. Le zouk a puisé son « modernisme » de ces îles devenues aujourd’hui les vitrines d’un tourisme de masse. Pensé, construit pour la danse, le zouk anime de nos jours les soirées festives et distille sa joie de vivre sur les scènes du monde entier avec la science du naturel.

Par PATRICK MARTIAL (Cadence Info - 08/2015)

1 - Les légendes des musiques noires - David Brun-Lambert

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