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BÉRURIER NOIR, HISTOIRE D’UN ROCK ALTERNATIF FRANÇAIS

Les Béruriers (nom des habitants de Bourges) ont ouvert la porte d’un rock touffu, paillard, et lancé la scène rock française des années 88-89 qui révéla les Garçons Bouchers, Los Carayos, Dazibao, Chihuahua, OTH, les Négresses Vertes (formé par Helno), la Mano Négra, Banlieue Rouge, etc.


BÉRURIER NOIR, UN STYLE INCLASSABLE, MINIMALISTE ET HYPNOTIQUE

« On n’est pas un produit à vendre. Nos spectacles servent à inciter les gens à se prendre en charge, à bouger. On veut que les Bérus soient des détonateurs. » Pour la première fois, en mars 87, un groupe rock français indépendant remplissait le Zénith de Paris.


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Fondé en 78 comme étant un groupe punk-rock par Olaf Freud (également fondateur de Ludwig Von 88 et parolier des Cadavres), la formation évoluera à partir des années 80. À ses débuts, celle-ci rassemble une boîte à rythmes, deux guitaristes, Olaf et Pierrot le Fou, et Françis au chant. Par la suite Pierrot est remplacé par Loran (ex-Guernica). Puis c’est au tour d’Olaf de démissionner en 82. Dès lors, ils ne sont plus que trois (avec la B.A.R !)… Leur premier concert, qui devait être le seul, est un concert d’adieu, à l’usine Pali Kao (en février 82, l’enregistrement d’une K7 en témoigne).

Bérurier Noir (dont le nom est emprunté du personnage de San Antonio) sera le plus important groupe alternatif français, avec un son aussi violant que ses textes, et dont les sujets puisent dans les contradictions extrêmes de notre société : les CRS, le Front National, les mouvements skin, les SDF, les affamés, les sectes, les hôpitaux psychiatriques ou encore les singes de laboratoire, l’anarchie et la société de consommation.

Le style est inclassable, minimaliste et hypnotique avec sa boîte à rythmes antédiluvienne et un jeu de guitare sommaire saturée où l’on sent poindre une grosse influence de Métal Urbain, avec parfois un beat martial et halluciné (Les bûcherons). Ailleurs, les manifestes anarchistes dévides froidement leurs paroles glaçantes : « Il tua son petit frère / Il n’a jamais vu la mer / Il créchait dans un taudis / Parmi les rats et les souris / Il étrangla son proprio… » (Il tua son petit frère).

Berurier Noir : Live at Olympia 1989 (56')


LES BÉRURIER NOIRS, UN CRI DE RALLIEMENT

En 1983, un premier quatre titres voit le jour : Nada, avec Guernica. L’année suivante, un premier album, Macadam Massacre sur Rock Radical Record, label des Brigades, allait donner par la suite Bondage, un collectif de production dont les ventes (importantes) serviront à financer d’autres groupes comme les Satellites ou Nuclear Device.

En 85, l’album Concerto pour Détraqués devient un cri de ralliement avec les titres Vivre libre et mourir et Salut à Toi. L’étiquette mouvement alternatif est lancée, les Bérurier Noir en sont les leaders et attirent 1 000 à 2 000 personnes par concert. La troupe s’élargit avec l’arrivée de Bol (dessinateur), Helno et Jojo, choristes chaotiques, Pascal Kung-Fu, puis Masto (ex-Lucrate Milk) aux saxos, et les Titis, choristes-danseurs. Il y aura aussi des invités ponctuels, sans oublier le public qui envahit régulièrement la scène.

En 87, Abracadaboum est le premier et dernier album de la troupe au complet. Le succès lui tombe sur la tête en 88 et, comme pour la plupart des groupes du milieu alternatif, se sera la principale cause de sa dissolution (un procès verra même le jour). Un ultime album (Souvent fauché, toujours marteau – 1989) précédera un « suicide programmé » : un passage à l’Olympia du 9 au 11 novembre 89 où sera enregistré Viva Bertaga (encore une référence à San Antonio !) et un film de François Bergeron.

Dans les années qui ont suivi, chaque membre du groupe a tenté l’expérience solo avec plus ou moins de bonheur. Le chanteur Fanfan, formera "Molodoï" et "François Béru et les Anges Déchus". La sortie tous les quatre/cinq ans d'un album souvenir, relance à chaque fois des rumeurs de reformation : Carnaval des agités (live 1995), La bataille de Pali-Kao (live 1998), Même pas mort (DVD 2003)…

Berurier Noir a défendu les droits de l’homme et surent attirer les jeunes lassés du top 50, et un public interlope pas aussi ouvert et généreux que le souhaiterait la douzaine de créateurs de L’Empereur Tomato Ketchup. Un morceau de bravoure sur scène, Les rebelles, résumait une attitude de « saigneurs » qui préfèrent « pogoter » plutôt que de dévaliser les banques et les bureaux de tabac, et scander « la jeunesse emmerde le Front National ».

par D. Lugert (Cadence Info - 09/2015)


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