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BLUES, SOUL, REGGAE, RAP, WORLD MUSIC...


BOB MARLEY AND THE WAILERS

Bien des années après sa disparition Bob Marley reste toujours d’actualité. Dépassant le seul cadre musical, il est devenu une référence culturelle. Il est la première véritable superstar venue d'un pays pauvre. Sa musique, le reggae jamaïcain, un proche dérivé du rhythm & blues et de la soul américaine, est la voix de tous les peuples opprimés de la terre, au nom desquels il s'exprima. Brillant et prolifique chanteur auteur-compositeur, sa carrière internationale ne dura que huit années intenses. Outre ses merveilleuses créations, sa dimension sociale et spirituelle lui donna vite l'aura d'un exemple et, pour beaucoup, d'un prophète. Il succombera en pleine gloire à trente-six ans.


L'ENFANCE


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Quand Bob Marley nous a quitté, il a laissé derrière lui une culture, une histoire, une musique, qui ne cesse de progresser et qui nous fait avancer tous les jours...

Bob Marley (dit Robert Nesta Marley) est né à Nine Mile, Saint Ann en Jamaïque, le 6 février 1945. Chanteur et guitariste de cantiques, de soul, de ska, de rock steady et de reggae, il demeurera actif de 1959 jusqu'à sa mort en 1981.

Nesta Robert Marley est né et élevé dans un hameau des collines à une heure de route de la côte nord de la Jamaïque. Sa mère Cedella Malcolm, dont le père est un paysan chrétien et rebouteux, cède un temps aux avances du capitaine Norval Marley, qui a plus de cinquante ans et supervise à cheval des travaux dans la campagne. Puis pour suivre les préceptes de l'église, Cedella exige le mariage et se refuse à lui. Après des semaines, elle finit par céder et à la naissance de l'enfant, elle n'a que dix-sept ans...

Le capitaine accepte le mariage contre l'avis de sa famille de planteurs jamaïcains d'origine britannique, qui le déshérite : un Blanc n'épouse pas une Noire. Norval prénomme son fils Nestor, avec en deuxième prénom Robert, du nom de son frère. Il disparaît bientôt et sombre dans la boisson pour ne réapparaître cinq ans après. Rongé par la culpabilité, il promet alors une éducation décente pour son fils, qui le rejoint à la capitale en bus. Mais le petit Nesta (sa mère écrit ainsi le prénom), qui lit l'avenir dans la paume des mains au village, ne connaîtra jamais son père. Il ne sera retrouvé que par miracle plusieurs mois après chez une vieille dame qui l'élève dans un quartier très pauvre. Cedella revoit alors une seule fois le père, un homme faible mais gentil. Coupable, il est en pleurs, et donne tout ce qu'il a pour son fils : deux pièces en cuivre d'un penny. Il décèdera quelques années plus tard, brisé et malade. En rentrant à la maison, traumatisé, Nesta refuse de dire l'avenir et déclare que désormais, il sera chanteur.

Bob Marley va à l'école et participe aux travaux d'agriculture. Son grand-père Omeriah, qui l'a élevé, jouait du violon et de l'accordéon. Son oncle, musicien semi professionnel, jouait de la guitare et du banjo dans les groupes de bal populaire (branle écossais, polka et valse) où l’on entend le quadrille, avec sa danse dirigée par le commandeur, ancêtre du rappeur. Le mento « Touch Me Tomato » est le premier morceau que chante Nesta à l'âge de cinq ans en frappant deux bouts de bois pour tenir le rythme. Don't Touch Me Tomato est d'ailleurs en réalité adapté du Touche pas mes tomates de Joe Bouillon, un chef d'orchestre français. Il le co-signa avec un certain Lemarchand, le quatrième mari de Joséphine Baker, qui interprétait ce morceau en France avant la guerre.

Bob aime chanter et accompagne sa mère à l’église baptiste le dimanche. Il y chante le gospel avec ferveur, comme la grande majorité des Jamaïcains. En 1957 après avoir tenu une petite échoppe de vendeuse de fruits en bord de route, la mère de Nesta emménage à Kingston et devient femme de ménage. Elle s'installe dans le ghetto urbain très dur, pauvre et violent de Trench Town où elle vit avec Thadeus « Thaddy » Livingston, le père de Neville "Bunny" Livingston dont elle aura bientôt une fille, Pearl.

Bunny devient le partenaire de chant de Nesta. Ils s'essayent sur des cantiques et des chants d'église comme This Train. C'est Bunny, toujours entreprenant, qui fabrique une première guitare avec des fils électriques sans gaine. Une boîte de sardines sert de caisse de résonnance, et un morceau de bambou de manche. Leurs voix d'adolescents élaborent alors les premières mélodies des futurs Wailers. En 1959, Bob gagne une livre sterling à un concours de chant public au Queens Theatre...


LES DISQUES BEVERLEY'S

En 1962, alors qu'il est en apprentissage pour devenir soudeur, il se blesse dans un accident de travail et échappe de peu à la perte d'un œil. Derrick Morgan, soudeur dans son atelier, vient de subir la même mésaventure. Il a profité de son bref congé de convalescence pour tenter sa chance auprès d'un producteur et a enregistré son premier disque. Il conseille à Nesta d'en faire autant. Issu du rythme « shuffle », du r&b et du jazz, le ska naît en 1960. Il est le symbole de l'indépendance jamaïcaine obtenue en 1962 et le jeune Marley se consacre alors à la musique.

Comme Derrick Morgan il va chez les disques Beverley's et enregistre trois titres pour Leslie Kong en 1962. Il y rencontre l'adolescent Jimmy Cliff, avec qui il joue quelque peu. Deux 45 tours de ska sortent chez Beverley's, l'un sous le nom de Robert Marley, Judge Not puis One Cup of Coffee, une reprise d'un succès country de Claude Gray qui sort sous le nom de Bobby Martell imposé par Kong. Terror, qui parle du terrorisme meurtrier régnant dans les ghettos, ne sortira jamais. Mais déjà avec ces trois titres, les trois thèmes qui reviendront dans son œuvre sont là : spiritualité, amour et lutte sociale. Bob Marley a dix-sept ans et les deux 45 tours sortent aussi en Angleterre sur une jeune marque spécialisée en ska, Island, qui appartient au Jamaïcain blanc Chris Blackwell.


STUDIO ONE

Nesta et Bunny sont alors rejoints par Winston Hubert "Peter Tosh" Mc Intosh, qui possède une vraie guitare et leur apprend à jouer. Avec Nesta, Robert "Bob" Marley et Junior Braithwaite (4 avril 1949 - 2 juin 1999), ils forment un quatuor d'harmonies vocales modelé sur un groupe soul, les Impressions de Curtis Mayfield, qu'ils copient. Junior et Bunny chantent le plus souvent les aiguës, Peter les graves, et Bob la voix médium. Joe Higgs, qui a déjà publié plusieurs disques vit lui aussi à Trench Town, et leur enseigne le chant et les harmonies. Ils sont bientôt cinq avec l'addition sporadique de Beverly Kelso et Cherry Green (elles cesseront d’enregistrer avec le groupe en 1965). Ils chantent d’abord des cantiques, des reprises de doo-wop et de soul américaine.

Après une audition chez Studio One sous le nom des Teenagers, "Coxsone" Dodd leur demande de composer des chansons. Coxsone préfère Junior Braithwaite, à la voix haute perchée, qui devient le chanteur principal, et le restera jusqu'à ce que Bob s’impose et qu’il parte vivre aux Etats-Unis fin août 1964. Junior n'est chanteur principal que sur Habits, Straight and Narrow Way, Don't Ever Leave Me et It Hurts To Be Alone. Ils travaillent beaucoup et leur énergique premier simple ska, Simmer Down, chanté par Bob fin 1963 ou début 1964, apparaît dans les listes des succès dans la presse d’avril 1964.

C’est un premier gros succès en Jamaïque. Mais malgré de nombreux succès et un premier album, la compilation de 45 tours The Wailin' Wailers (Studio One 1965), très déçus ils ne touchent jamais plus de trois livres sterling par semaine. L'album contient déjà une première version de Put It On, Simmer Down, et la délicieuses ballade très soul I'm Still Waiting (dont une prise alternative bien différente sera publiée bien plus tard sur le CD de l’album chez Studio One).

Accompagnés par les fantastiques Skatalites, ils enregistrent entre 1963 et 1965 une centaine de morceaux splendides dont les créations de Marley : Cry To Me, One Love, Love And Affection, mais aussi le And I Love Her des Beatles, des adaptations du Like a Rolling Stone de Bob Dylan sous le nom de Rolling Stone, et plusieurs autres reprises de soul et beaucoup de ska.

Cry To Me, Put It On, I'll Keep On Moving et One Love seront réenregistrés par la suite et compteront parmi ses titres les plus populaires. Bob grave aussi quelques cantiques pour Studio One, comme Let the Lord Be Seen in You sous le nom de "Bob Marley & the Spiritual Sisters". Peter Tosh enregistre treize titres en tant que chanteur principal des Wailers chez Studio One, dont The Toughest, Maga Dog, et le Don’t Look Back des Temptations. Quant à Bunny, moins prolifique, il grave néanmoins des merveilles comme le ska Dreamland, une reprise du Dream Island des El Tempos (Vee Jay) et sa sublime ballade doo wop « I Need You So ».

Ces morceaux sont disponibles sur différentes compilations de vinyle sorties chez Studio One. On les trouve aussi sur les compilations posthumes en CD : Simmer Down at Studio One (1991), One Love at Studio One (1991), Rare Ska Sides From Studio One (1999), Destiny (Heartbeat 1999), Climb The Ladder (Heartbeat 2000), et Wailers and Friends (Heartbeat 1999) qui en plus d’un duo Bob Marley/Marcia Griffiths contient des morceaux où les Wailers sont simplement choristes d’autres grands artistes, comme Delroy Wilson, Bob Andy, Rita Marley & the Soulettes, Ken Boothe, Lord Brynner, Jackie Opel, Joanne Dennis et Lee « Scratch » Perry. Tous ces albums mélangent indifféremment les titres interprétés par Peter Tosh, Bunny, Bob et Junior : The Wailers.

Le 10 février 1966 Nesta se marie avec Alpharita Consticia "Rita" Anderson, du trio des Soulettes que Bob encadre chez Studio One. Rita Marley est chanteuse de ska comme lui. Elle est enceinte, ils ont besoin d'argent et Nesta quitte l'île pour rejoindre sa mère qui s'est remariée aux Etats-Unis à Wilmington avec un Jamaïcain, Mr Booker. Le fonctionnaire qui lui délivre son passeport n'aime pas son premier prénom Nesta et inscrit le deuxième, Robert, plus sérieux, en tête. Le diminutif de Robert, Bob, est déjà devenu le surnom de Marley à cette époque. Après son départ début 1966 il n’enregistrera plus jamais pour Coxsone Dodd chez Studio One.

Pendant son voyage en Amérique, Bob est remplacé temporairement par Constantine "Dream" Walker, un des trois membres des Soulettes, qui enregistre quelques titres avec les deux autres Wailers Bunny et Peter, comme la magnifique ballade doo wop I Need You. Peter Tosh gravera encore quelques titres pour Coxsone comme Rasta Shook Them Up, l’un des tout premiers titres mentionnant le mouvement Rastafari qui se répand en Jamaïque, mais les Wailers quittent Studio One où malgré un succès certain, mais limité aux pistes de danse locales, ils ne gagnent pas leur vie.


WAIL'N SOUL'M

Du 21 au 23 avril, l'empereur d'Ethiopie Haïlé Sélassié Ier, le dieu vivant des rastas jamaïcains, Jah Rastafari, fait une visite officielle qui marque fortement la population et précipite le développement de ce mouvement dans l'île. Bob Marley travaille alors dans l'équipe de nettoyage de l'hôtel Dupont à Wilmington aux Etats-Unis. Sa femme est présente à l’arrivée du monarque, qu’elle perçoit comme étant Jésus réincarné. Quand Bob rentre à l'automne 1966, il se déclare lui rasta et avec ses économies américaines monte sa marque de disques, Wail'n'Soul'm. Rita Marley a quitté Studio One elle aussi, et le nom Wail'n'Soul'm est un abrégé de Wailers and Soulettes music. Les disques sortiront désormais le plus souvent sous le nom de "Bob Marley & the Wailers", et le cas échéant "Peter Tosh & the Wailers".

Le ska passe de mode et fait place au rocksteady, plus lent et plus axé sur les voix soul que sur les cuivres jazzy. Les deux premiers titres enregistrés en autoproduction par Bob Marley & the Wailers sont Bend Down Low et Freedom Time, leur premier single pour le nouveau label. Freedom Time, à double sens, fête à la fois leur départ de chez Studio One et la fin de l'esclavage. Ils enregistrent nombre d’autres 45 tours avec d'excellents musiciens comme Winston Wright au piano et à l'orgue, le pianiste Gladstone « Gladdy » Anderson, les guitaristes Hux Brown, Lynn Taitt et Ranford "Rannie Bop" Williams, le bassiste Jackie "Sledge" Jackson, le batteur Hugh Malcolm, le percussionistes Alvin "Seeco" Patterson et Constantine "Dream" Walker (sans compter les cuivres et bois des ex-Skatalites). Tous les ingrédients du succès sont déjà là si on compare la qualité de leur travail avec celle des autres grands groupes vocaux de l’époque comme les Techniques, les Heptones ou les Paragons. Mais sans le soutien des soirées dansantes de sound systems importants comme ceux de Coxsone Dodd, ils ne trouvent que rarement preneur.

Bob, Rita, Peter et Bunny ouvrent alors une minuscule boutique et y vendent leurs 45 tours de rock steady, le nouveau style. Bob les distribue lui-même en vélo, mais malgré une apparition à la télévision dans l’émission de Neville Willoughby qui passe aussi « Nice Time » dans son émission de radio, les indépendants n’ont presque aucun succès. Avec Bend Down Low, Don’t Rock my Boat et Stir It Up, il chante des paroles salaces à double sens. D'autres réussites s'appellent Pound Get a Blow, Hypocrites, Fire Fire (Simply Red en fera un tube britannique pur en 1987 sous le nom de Fire Burning), I'm Hurting Inside, Mellow Mood (très repris par d'autres).

Après Sharon, adoptée quelques mois plus tôt, Bob et Rita annonce fierement la naissance de leur première fille Cedella (23 août 1967). Quand Bob Marley raconte sa prise de conscience rasta à sa mère très chrétienne, elle est choquée, comme le serait tout Jamaïcain, qui considèrent à priori les rastas comme blasphématoires. Mais elle le suivra plus tard dans cette voie.


JAD

Peter Tosh grave Dem a Fi Get a Beatin’, Funeral et le Stepping Razor de son ancien prof Joe Higgs pour Wail’n Soul’m. Il interprète de plus en plus de morceaux en duo avec Bob ou avec Bunny et Bob aux harmonies. Mais de juillet 1967 à septembre 1968, Bunny Livingston est en prison pour détention de chanvre, et Rita Marley remplace Bunny au sein du trio. En janvier 1968, Bob Rita et Peter Tosh rencontrent le chanteur américain Johnny Nash, déjà une vedette de télévision, et son imprésario Danny Sims, qui cherchent à enregistrer du rocksteady pour lancer ce style nouveau aux Etats-Unis.

Ils rencontrent d’abord Bob Marley lors d’une cérémonie rasta, et très vite les Wailers commencent à enregistrer pour eux des maquettes de chansons. Sims leur fera bientôt signer un contrat exclusif d'agent, d'éditions musicales et de production de disques. Alors que Johnny Nash enregistre en Jamaïque une série de succès rocksteady dont certains sont écrits par Bob Marley, les trois Wailers profitent de sa présence et enregistrent pour Sims - sous le nom de Bob Peter et Rita- une série de morceaux très soul/rock steady comme Rock to the Rock, How Many Times, Nice Time, les ballades doo wop Chances Are et Love.

Lors d'une séance ultérieure à Kingston, toujours dirigée par l'arrangeur de Nash, Arthur Jenkins, ils enregistrent la version originale de Soul Rebel, How Many Times et What Goes Around Comes Around (écrit par des Américains dont Jimmy Norman, présent aux cotés de Nash) avec des musiciens américains des studios Atlantic (qui travaillent notamment avec Aretha Franklin). On y trouve leurs tout premiers véritables reggaes de 1968, avec les versions originales de Soul Rebel, de Hammer mais à l'époque seules de nouvelles versions de Bend Down Low et Mellow Mood sortent sur un 45 tours JAD (distribué en France par CBS). Johnny Nash aura beaucoup de succès aux Etats-Unis avec les rocksteady Hold Me Tight, le Stir It Up de Bob et une reprise de Sam Cooke, Cupid. mais les Wailers ne rencontrent toujours aucun succès.

Plusieurs petits producteurs, Wailers compris, comme Bunny Lee ou le Hollandais Ted Pouder tentent leur chance en 1969, mais malgré leur qualité aucune des reprises cherchant manifestement le succès ne rapporte un sou, ni wem>The Letter des Box Tops chanté en reggae par Peter et Rita, ni la reprise du générique télé américain des Archies, Sugar Sugar ni Black Progress, une adaptation du manifeste de négritude (Say It Loud) I'm Black and I'm Proud de James Brown). Ces titres ne sont pour la plupart disponibles que sur les albums JAD Selassie Is the Chapel (JAD 1997) et Best of the Wailers (JAD 1997) dans la série The Complete Bob Marley & the Wailers 1967 to 1972.


TUFF GONG

Peu après la naissance de son fils David "Ziggy" Marley en octobre 68, l'année suivantez Bob repart chez sa mère en Amérique. Après avoir dû couper ses nattes de rasta pour se présenter à un poste de docker qu’il n’obtient pas, il travaille cette fois de nuit, à l'usine Chrysler de Wilmington, où il porte des pièces. A son retour, avec ses économies les Wailers fondent les disques Tuff Gong. Ils enregistrent pour la première fois avec Aston "Family Man" Barrett et son frère Carlton lors d’une séance qui donne le Black Progress adapté de James Brown et le Hold on to this Feeling de Junior Walker (duo Bob & Rita). Les frères Barrett vont suivre Bob Marley à partir de là.


BEVERLEY'S

Mais en 1970, les Wailers enregistrent l'album Best of the Wailers pour Leslie Kong, chez Beverley's. Pour ces séances Beverley’s, Jackie Jackson est toujours là, Hugh Malcolm a été remplacé par Michael "Mikey Boo" Richards à la batterie, et Gladstone Anderson est au piano en plus de l'orgue de Winston Wright. L’album contient les excellents Soul Shake Down Party, Stop The Train, Back Out et Cheer Up et ne sera publié qu'à l'été 71 après quelques singles. Faute de plaignants (Kong décèdera le 9 août 1971), des centaines de pirates différents (au son médiocre) de ces enregistrements Beverley's seront publiés sur la planète entière jusqu'à la réédition augmentée d'inédits produits par les Wailers.


UPSETTER

De plus en plus désespéré, après des auditions infructueuses début 1970 Bob contacte le producteur réalisateur Lee "Scratch" Perry, un ancien de chez Studio One avec qui les Wailers ont déjà enregistré. Lee Perry a du succès à l'étranger avec sa marque Upsetter, distribuée par la marque de disques anglaise Trojan appartenant au jamaïcain Chris Blackwell, également propriétaire du label Island. Les trois Wailers travaillent alors avec Perry tout au long de 1970 et 1971 et gravent des chefs-d'œuvre impérissables parfois co-signés Perry.

Les Wailers sont à nouveau accompagnés par la rythmique extraordinaire des Upsetters, les jeunes frères Aston "Family Man" Barrett et Carlton "Carly" Barrett. On entend aussi d'autres membres des Upsetters comme Alva "Reggie" Lewis, Ranford "Rannie Bop" Williams aux guitares, Glen Adams (orgue) et Gladstone Anderson (piano). Headley "Deadly Headley" Bennett, Tommy McCook sont aux cuivres et Uziah "Sticky" Thompson aux percussions. Ensemble ils créent les arrangements de compositions somptueuses comme Kaya , Sun Is Shining, Soul Rebel, Love Light et bien d'autres.

Des reprises, comme le Keep on Moving de Curtis Mayfield, Dreamland des El Tempos, African Herbman de Richie Havens sont également arrangées en reggae par les frères Barrett, Scratch et les Wailers. Lee Perry publie nombre de singles en Jamaïque, incluant les versions dub de tous ces titres mixées par ses soins. Quelques dubs, comme Keep on Moving, sont mixés par King Tubby pour l’album des Upsetters Blackboard Jungle Dub.

Deux albums 33 tours, Soul Rebels et African Herbsman sortiront en Angleterre chez Trojan en 1973/74, mais Peter, Bob et Bunny ne touchent presque rien. Ils sont dépités. Peu après, Patricia Williams met au monde un nouveau fils de Bob, Robert Junior, dont la mère n'est pas Rita.

Avec la même équipe en 1971, les Wailers sortent alors eux-mêmes Trench Town Rock (où Bunny Livingston est à la basse) en Jamaïque chez Tuff Gong, leur premier gros succès depuis 1966. Il est suivi par d'autres morceaux auto produits remarqués, où les guitares sont souvent jouées par Bob et Peter eux-mêmes, comme Guava Jelly, Lively Up Yourself ou Screw Face.


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