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CLASSIQUE / TRADITIONNEL


LE PIANISTE DAVID FRAY REVISITE SCHUBERT

David Fray est un jeune pianiste dont l’ascension est somme toute assez fulgurante dans un milieu où la distinction est rare. Il a déjà derrière lui une carrière impressionnante où s’aligne quelques disques remarquables et des concerts inoubliables dans les plus belles salles de l’hexagone et d’ailleurs. Après avoir enregistré les concertos pour piano de Bach en 2009, le pianiste revisite pour la seconde fois Franz Schubert, un compositeur dont il se sent très proche…


INTERVIEW DAVID FRAY


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Votre nouvel album est tout simplement intitulé Schubert. C’est le deuxième disque que vous consacrez à ce compositeur. Qu’est-ce qui vous touche chez lui  ?

C’est un besoin nécessaire. Bach et Schubert sont un peu les deux jalons les plus importants de mon répertoire. Dans mon parcours, ils seront donc toujours présents… Ce qui me touche chez lui, c’est qu'il incarne le visage de la mélancolie, du tragique. Il y a aussi dans ses œuvres tardives une sorte de sérénité. Malgré justement tout le côté tragique de ces œuvres, il existe une sorte de plénitude qui me bouleverse particulièrement.

Pour parler de nostalgie, vous dites que c’est celui dont vous vous sentez le plus proche. Est-ce qu’il faut voir dans cette proximité une ressemblance… ou de l’admiration  ?

Vous savez, j’essaye de dépasser le côté purement individuel. Je crois personnellement qu’on est tous un peu Schubert quelque part, et quand on écoute sa musique, ce qu’il nous présente ce n’est pas moi en particulier, c’est nous tous. C’est son universalité. Il parle plus qu’aucun autre compositeur à l’intime, si vous voulez. C’est ça qui fait que chacun a l’impression en écoutant Schubert que cette musique s’adresse à lui seul.

On trouve quatre de ses chefs-d‘œuvre dans ce disque qui ont été composés à la fin de sa vie. Ce sont des pièces très importantes. Vous l’avez dit, il y avait une plénitude, une force qu’il n’avait jamais eue auparavant...

Disons que les dernières années de Schubert ont été particulièrement prolixes en chef-d’œuvre, d’une manière qui est presque surnaturelle… Je crois que sa caractéristique est d’avoir fait de la mort une compagne qui est presque réconfortante.

Il l’a apprivoisée…

Il a apprivoisé la mort et à l’accepter. C’est une chose que je trouve unique dans l’histoire de la musique.

Il a fait un chemin personnel et musical qui, du coup, nous accompagne grâce à ces œuvres dans ce chemin-là...

Absolument.

Vous n’êtes pas seul sur ce disque. Vous avez convié votre professeur Jacques Rouvier, professeur de conservatoire, à jouer à quatre mains. C’est un très joli retour des choses de l’avoir convié sur cet album…

Ce n’était que justice, du point de vue purement musical et artistique. Il fallait que ce soit quelqu’un en qui j’ai une totale confiance, une familiarité. Mais c’est aussi une manière de dire que des gens comme moi, on ne s’est pas fait tout seul. Il y a des tas de gens derrière qui nous aident, qui nous ont aidés, et un professeur c’est l’élément fondamental et dont, pourtant, on ne parle pas assez.

Vous dites cela avec beaucoup d’implications personnelles… Quand vous jouez, il émane de vous une implication corporelle assez incroyable. On a l’impression que la musique vous traverse complètement…

Dans le meilleur des cas, même si cela ne doit pas trop se voir, même si j’ai peut-être un tempérament qui fait que ça se voit beaucoup, il faut que la musique vous traverse. Il faut créer une sorte de boucle entre l’instrument et votre propre corps.

DAVID FRAY – MÉLODIE HONGROISE EN SI MINEUR (extrait)

(source France 2 - 04/2015)

Les critiques internationales sont très élogieuses. Il y a même un journaliste qui a écrit après vos récitals : « On a du mal à quitter la salle de concert ». La musique traverse peut-être votre corps, mais elle traverse aussi celui du public.

Oui, dans le meilleur des cas.

Qu’est-ce que ça vous fait quand vous lisez des critiques pareilles. Vous vous dites : « J’ai bien fait d’écouter ma passion. J’ai bien fait d’en faire mon métier. »  ?

Je suis très reconnaissant de savoir que certaines personnes vivent les choses de cette manière-là, mais fort heureusement les avis peuvent être parfois contradictoires. Je ne peux pas me dire, personnellement, j’ai mal fait parce que quelqu’un va me critiquer de manière négative ou j’ai bien fait parce que la critique est positive. J’estime qu’il est important de s’extraire un peu de ça, même si je sui bien évidemment sensible à l’accueil et au fait que les choses soient bien reçus. C’est important.

Est-ce que vous avez le sentiment que tout est allé vite, parfois même trop vite  ?

Sur le côté purement médiatique ou autre, on ne peut pas tout contrôler. J’ai l’impression que c’est allé très vite au début à cause des concertos de Bach, effectivement. C’est une chose que je n’attendais pas, et que personne autour de moi n’attendait également. Ensuite, je crois que j’ai une vitesse de croisière qui me permet d’être moi-même, de faire mes projets au rythme où je l’entends.


David Fray (et Jacques Rouvier) - Schubert (Fantaisie) chez Erato.

(Cadence Info - 04/2015)


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