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CLASSIQUE / TRADITIONNEL


HAENDEL, BIOGRAPHIE PORTRAIT DU COMPOSITEUR ALLEMAND

Trois semaines avant la naissance de Bach à Eisenach en 1685, le petit Georg Friedrich Haendel voyait le jour dans une famille bourgeoise où sa vocation musicale fut combattue par un père qui tenait à faire de lui un juriste. Le duc de Saxe, ayant entendu cet enfant de huit ans jouer de l'orgue avec une virtuosité précoce, dut intervenir pour qu'on autorise l'excellent organiste Zachow à lui donner des leçons…


G. F. HAENDEL, L’INFATIGABLE VOYAGEUR

À dix-huit ans, son père étant mort, le jeune étudiant en Droit se rendit à Hambourg pour se consacrer entièrement à son art et se fit engager comme violoniste à l'orchestre de !’Opéra. Un an plus tard Haendel écrivait son premier oratorio, la Passion selon saint Jean, et à vingt ans il faisait représenter avec succès deux opéras : Almira et Néro.


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Le jeune compositeur visita ensuite l'Italie, séjourna à Florence, Rome, Naples et Venise, partout fêté comme un organiste-claveciniste virtuose et comme un compositeur d'opéras et d'oratorios inventifs. Haendel fut accueilli fraternellement par Corelli, Pasquini et la famille Scarlatti. De là il suivit l'évêque Steffani à Hanovre… Mais, après avoir obtenu le poste de maître de chapelle du prince électeur, il demanda un congé, se lança brusquement à la conquête de l'Angleterre en présentant à Londres son opéra Rinaldo dont la création fut très applaudie. Son congé expiré, Haendel revint à son poste mais garda la nostalgie de la Cour et des salons britanniques où il avait été si bien accueilli. Il demanda alors un second congé et retourna à Londres, auprès de la Reine Anne avec l'intention bien arrêtée de fausser définitivement compagnie au Hanovre.

Encouragé par des mécènes et jouissant d'une situation très brillante, Haendel ne pensait plus au prince électeur lorsque celui-ci monta sur le trône d'Angleterre en 1714. Haendel se crut perdu, mais le nouveau souverain ne châtia point le déserteur et lui conserva sa faveur. Et sa gloire brilla de nouveaux feux. Hélas! l'apothéose de sa carrière théâtrale allait lui réserver de cruelles épreuves…

La fondation d'une Académie d'opéra italien dont on lui avait confié la direction musicale en collaboration avec Bononcini et Arioti l'entraîna dans une humiliante faillite et commença à faire pâlir son étoile. S'obstinant à relever, seul, le théâtre, il lutta désespérément contre ses rivaux, s'imposa une fatigue surhumaine et ne put échapper ni à une seconde déconfiture ni à une attaque de paralysie qui mit sa raison en danger, mais le compositeur guérit pourtant, et reprit toute son activité créatrice, cependant le vent avait tourné et il se vit en butte à la malveillance de ses anciens protecteurs et de ses ex-associés qui s'acharnèrent à sa perte.

L'Irlande l’ayant recueilli, Haendel retrouva à Dublin, pendant près d'un an, une atmosphère de sympathie favorable à son travail. Il remercia ce généreux pays en fui offrant son oratorio, le Messie

Revenu à Londres il essaie en vain de remonter le courant d’hostilité qui l’avait découragé : une troisième faillite entraîne une nouvelle attaque de paralysie, terrasse l’infatigable lutteur. Il se redresse encore et, soulevé par le sentiment de solidarité nationale pour sa seconde patrie qui lui avait fait écrire jadis son magnifique Te Deum à l’occasion du traité d’Utrecht, Haendel compose, pour encourager les Anglais à la résistance contre les Stuart, son Occasional Oratorio et célèbre leur victoire avec son judas Macchabée.

Ces deux manifestations de loyalisme émeuvent l’opinion publique et lui rendent enfin la confiance et la gratitude de son pays d'adoption. Haendel connaîtra de nouveau le succès pendant quatre ans. Cependant, devenu aveugle comme Bach à soixante-cinq ans, il sera forcé d'abandonner la composition et passera les dernières années de sa vie dans une édifiante retraite d’où il ne sortira que pour prêter son concours comme organiste à quelques concerts religieux. Haendel mourra la veille de la Fête de Pâques de l’année 1759 et l’Angleterre lui offrira de solennelles funérailles et un tombeau à l’abbaye de Westminster.

Représentation de Georg Friedrich Haendel et du roi George I sur la rivière de la Tamise en 1717 (peint par Edouard Hamman)


L’ŒUVRE DE HAENDEL

Georg Friedrich Haendel a laissé une production extrêmement abondante. Quarante opéras, trente-deux oratorios, dix-sept concerti grossi, douze concertos peur orgue et orchestre, trente-sept sonates, plus de cent cantates et pièces vocales, cinq Te Deum, de nombreux Anthems, plusieurs recueils de pièces pour clavecin constituent son important bagage.

Si la postérité ne s’est pas intéressée à ses opéras, qui sont tombé pour la plupart dans l ‘oubli, ses oratorios (dont le Messie, la Fête d’Alexandre, Déborah, l’Ode à sainte Cécile, Théodora) ont conservé toute leur puissance et leur majesté souveraine. Leur clarté, leur équilibre et leur magnifique utilisation des chœurs n’ont pas cessé d’émerveiller les foules.

Placé, comme Bach, au carrefour des esthétiques les plus contradictoires, Haendel a su emprunter aux Italiens leur science de l’écriture vocale, aux Allemands leur technique de la cantate, aux Français leur style de clavecin et de l’opéra lulliste. Le compositeur s’est inspiré souvent de Lalande dans ses partitions religieuses, de Corelli et de Vivaldi dans ses concertos, de Buxtehude dans ses œuvres d'orgue et il doit à Purcell un souci de netteté et d'élégance mélodiques qui a favorisé ses succès en Angleterre.


Haendel : Music for the Royal Fireworks (1749)

Orchestre Capella Istropolitana - direction Bohdan Warchal (1988)


Haendel a su réaliser la synthèse de tous ces éléments divers et en tirer une façon très personnelle de s'exprimer et une éloquence large et aisée facilement reconnaissable. Et c'est ainsi qu'en faisant de cet artiste allemand leur musicien national, les Anglais ont consacré la gloire du plus international des compositeurs. Il est, d'ailleurs, assez piquant de constater que l'auteur du Messie nourrissait assez peu d'illusions sur les dispositions musicales du peuple qui l'avait adopté. Il tenait le goût britannique en fort médiocre estime. L'histoire raconte que lorsque le compositeur Gluck arriva à Londres pour faire représenter sa « Chute des Géants », Haendel déclara à son jeune collègue que sa partition témoignait de scrupules artistiques bien inutiles et qu'il avait eu grand tort de se mettre en frais pour un pareil public, car l'idéal musical anglais, raide et mécanique, ne dépassait guère « le bruit tumultueux des baguettes sur un tambour ». Haendel avait-il de l'Ingratitude ou de la clairvoyance ? Il ne m'appartient certainement pas de juger une telle prise de position !

(Cadence Info - 10/2016)


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