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MUSIQUE DE FILMS


KINSHASA SYMPHONY, LA VIE D'UN ORCHESTRE SYMPHONIQUE AFRICAIN

Les films musicaux en provenance d’Afrique sont peu nombreux, encore moins ceux qui racontent l’histoire et la vie d’un orchestre symphonique. Le film Kinshasa Symphony est né de cette idée-là : montrer des musiciens africains, démunis et autodidactes, interpréter des œuvres du répertoire classique.


KINSHASA SYMPHONY, UN THÉÂTRE MUSICAL DANS LA RUE

Autour de cet orchestre ‘amateur’ s’agite une grande ville, Kinshasa, l’une des plus grandes métropoles d’Afrique avec ses 10 millions d’habitants. Cette capitale du centre de l’Afrique, à la démographie galopante, est méticuleusement filmée par les documentaristes Claus Wischmann et Martin Baer, sans complaisance, sans qu’aucun filtre ne déforme la véritable vie de ses habitants.


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La grande force de ce film est de délivrer un message de paix, un message universel que seule la musique sait transmettre. Face aux crises économiques, aux conflits dévastateurs et aux coups d’état qui ont jalonné l’histoire de la jeune République démocratique du Congo, l’orchestre symphonique de Kinshasa semble venir d’un autre temps. Pourtant, la plupart de ses musiciens n’ont pas été épargnés par les différents régimes qui se sont succédés. Leur existence se résume souvent à une vie précaire, sans avenir, alors que le pays, malmené par la corruption, regorge de richesses inexploitées.

À Kinshasa, comme dans de nombreux pays africain, pratiquer la musique est synonyme d’espoir. Elle n’est pas seulement un divertissement, un loisir, elle est le reflet d’une certaine ascension sociale et économique, d’un savoir. Dans ce film, l’utilisation de la musique classique occidentale semble prendre les contours d’une revanche lancée en direction de l’ancienne colonisation. Les références à des œuvres de Beethoven (9e symphonie) et de Dvorak (Symphonie du nouveau monde) pourraient en être les exemples… “Nous pouvons, nous aussi, être fiers de jouer de la grande musique“, tel pourrait être le propos tenu par les différents acteurs de cette aventure hors-norme.

Dans un pays où l’on parle plus de 200 langues et dialectes, les difficultés d’apprendre, de pratiquer un instrument dans les règles de l’art relèvent ici de l’exploit. La misère économique laisse planer ses doutes, ses errances et ses inégalités. Face à cela, le musicien amateur doit s’organiser, trouver le juste équilibre entre un travail incertain, mais nécessaire, et une pratique musicale exigeante.

Le jour, ils sont électricien, coiffeur, artisan ou vendeur sur un marché, et quand la nuit arrive, ils se réunissent pour répéter jusqu’à des heures tardives… La foi, le courage sont toujours là, parce que la musique vit dans leur cœur ! Quand certains sont aux prises avec les difficultés de logement, d’autres, à la recherche d’un emploi, subissent de plein fouet les problèmes économiques, car vivre dans Kinshasa c’est souvent survivre. C’est se livrer à un combat sans relâche, même pour celui ou celle qui a la chance d’avoir un emploi stable.


KINSHASA SYMPHONY - BANDE ANNONCE


L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE KINSHASA... UN PROJET FOU !

Pilote de formation, Armand Diangienda est le chef d’orchestre. C’est lui qui dirige, qui planifie les répétitions. Un travail exigeant qui demande des efforts constants car les difficultés ne manquent pas. La première d’entre elles est sans aucun doute l’impact de la musique classique auprès d’une population qui connaît mal sa culture. C’est un challenge, un défi qu’il ose affronter avec ses amis musiciens à chaque concert, mais qui se transforme vite en réussite quand des milliers de spectateurs, surpris par ce qu’ils entendent, font éclater leur joie.

L’idée de créer un grand orchestre lui est venue de son grand-père, Simon Kimbangu, une figure légendaire, un martyr qui a combattu les colons Belges dans les années 50. Devant l’ambition du projet, face aux difficultés à recruter des musiciens et à trouver des instruments, le jeune chef d’orchestre n’a pas renoncé, bien au contraire. Petit à petit, au fil du temps et grâce au bouche à oreille, l’orchestre composé au départ de quelques musiciens trouva les moyens d’augmenter son effectif. Aujourd’hui, presque 20 ans après, ce sont deux cents musiciens qui se produisent sur scène. Etonnant, prodigieux, quand on sait qu’il n’existe pas dans ce pays d’aide au financement, de fonds pour soutenir les artistes.

Parfois, c’est une panne de courant qui survient et à d’autres moments ce sont des instruments qui rendent l’âme. Mais dans cet orchestre, la solidarité est toujours là, prête à intervenir. La débrouillardise de l’électricien et le talent de l’improbable facteur d’instrument font le reste. Même les robes et les costumes sont conçus par des membres de l’orchestre. Les doigts des musiciennes ne manient pas seulement l’archet, mais également le dé à coudre !

Au fond, quelle importance si tous ces musiciens sont des autodidactes quand le but recherché finit toujours par aboutir. Celui qui sait aide celui qui ne sait pas. L’apprentissage des instruments, du solfège est à la charge d’un ou deux musiciens qui se débrouillent comme ils peuvent. Ils communiquent leur savoir, leur expérience. Ici pas de hiérarchie. La communication musicale, la relation au savoir possède des contours très personnels, sans rapport avec les conservatoires de musique que nous connaissons.

Au fil des images, l’obstination de ces musiciens ‘amateurs’ éclaire d’un jour nouveau la relation avec la musique classique. Malgré quelques défauts d’interprétation, entendre Carmina Burana de Carl Orff ou la 9e symphonie de Beethoven en République démocratique du Congo ne peut que vous interpeller, vous étonner. Autour de la ‘grande musique’, les interprètes se serrent les coudes, chacun fait de son mieux pour la servir. C’est là, l’autre puissant message délivré par ce film que je vous encourage à découvrir sans plus tarder.

KINSHASA SYMPHONY

Documentaire allemand réalisé par Martin Bear et Claus Wischmann (2011)

Synopsis : Lors d’un concert, 200 musiciens jouent L’hymne à la joie de Beethoven quand une panne de courant intervient quelques mesures avant la fin du mouvement…


Les réalisateurs : Claus Wischmann, co-réalisateur de Kinshasa Symphony, a tourné de nombreux documentaires souvent consacrés à la musique classique. Quant à Martin Bear, c’est un spécialiste de l’opéra qu’il a souvent mis en image et un amoureux du continent africain pour lequel il a écrit plusieurs textes littéraires. A propos du film Claus Wischmann déclarait : « Si nous nous sommes lancés dans un tel projet, c’est parce que les membres de l’orchestre symphonique interprètent leur partition comme si rien d’autre n’avait d’importance dans leur vie, chaque note exprimant une puissante volonté de vivre ».

Récompense : ce film a remporté le prix du Meilleur Documentaire de l’édition 2010 au VIFF de Vancouver et au New-York Music film Festival.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 12/2011


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