ROCK, POP, FOLK, ELECTRO...


MOBY : PLAY, UN ALBUM PHARE DE LA MUSIQUE ÉLECTRO

Devenu un classique dans le domaine de la musique électronique des années 90, Play est le cinquième album studio du musicien américain Moby. Le disque a été à la fois un succès critique et un phénomène commercial au point d’avoir été certifié disque de platine dans plus de 20 pays.


L’HISTOIRE DE ‘PLAY

Play constitue un tournant dans le parcours du producteur new-yorkais Richard Melville Hall, alias Moby (en hommage à Hermann Melville, auteur du roman Moby Dick). Après avoir joué dans un groupe punk hardcore, il fait partie de la première vague électronique américaine, signe l'hymne « Go » en 1991 et quatre albums au succès underground. Des disques kaléidoscopiques où explosent techno punk, acid house, ambient, dance et breakbeat.


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Dans la seconde moitié des années 90, Moby est dans une tourmente de carrière après des années de succès dans le monde de la techno. La sortie en 1996 d’Animal Rights, un disque sombre et éclectique alimenté par la guitare, construit autour des disques punk et metal qu’il aimait beaucoup à l’adolescence, est un désastre critique et commercial qui le laisse songeur.

Le compositeur, qui a commencé à travailler sur l’album Play dès août 1997, est conduit à suspendre le projet à plusieurs reprises pour s'acquitter de ses obligations de tournée. Pour Moby, cet album constitue un baroud d’honneur, comptant bien mettre fin à sa carrière. « Quand cet album sortira, ce sera la fin de ma carrière. Je devrais alors commencer à penser à ce que je peux faire d'autre. » dira l’intéressé en mars 1999. Moby songera un temps à retourner sur les bancs de l’école pour étudier l'architecture.

Pour cet artiste habitué aux travers d'un univers undergound, rien ne laissait présager que l'album se comporterait différemment de Animal Rights. Après s’être rapproché des plus grands labels (de Warner Bros à Sony en passant par RCA) et avoir été rejeté à chaque fois, ses efforts trouveront enfin un aboutissement en étant récupérés par une jeune maison de disques 'V2 Records'. Le manager de Moby espérait obtenir de son poulain la même vente que son troisième album Everything Is Wrong qui s’était vendu à 250 000 exemplaires (disque d’or en 1994). Or, la sortie de l'album Play en mai 1999 allait permettre au musicien new-yorkais de relancer sa carrière comme il ne l’avait jamais imaginé...


MUSIQUE ET CONCEPT DE ‘PLAY

L’enregistrement de l’album s’est déroulé dans le studio personnel de Moby (le 'Moby's Mott Street' situé à Manhattan, dans l’État de New York). Un premier mixage est réalisé, mais insatisfait par celui-ci Moby prend la décision d’en réaliser un second dans un autre studio… pour finalement retourner au mixage initial ; Moby déclarant alors avoir « perdu beaucoup de temps et d'argent ».


MOBY : PORCELAIN

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Pour cet exercice de style, il puise des samples vocaux dans le catalogue du musicologue Alan Lomax, en particulier dans la compilation Sounds Of The South : A Musical Journey From The Georgia Sea Islands To The Mississippi Delta. La voix de Bessie Jones illumine ainsi le single Honey tandis que celle de Boy Blue hurle dans Find My Baby. Plus loin, Vera Hall irradie Natural Blues de son chant plaintif. Ces morceaux sont les charnières de Play, sa sève.

La plupart des échantillons seront courts et constamment répétés tout au long des chansons. Mais le long-format du CD emprunte d'autres samples à Willie Hutch, Incredible Bongo Band, Spoony G & The Treacherous 3 ou The Counts... Et quand les voix samplées ne suffisent pas à bouleverser, le producteur recourt à des nappes de synthétiseurs ou de violons jouées sur des grilles d'accords pop mélancoliques. Il chante parfois lui-même, suscitant le contraste par une influence new-wave marquée - So This Is Goodbye.

© Uncensored Interview - Moby (05/2009)

L'album marque aussi une étape dans l'utilisation de l'électronique via le tumulte sonore mondial. Alors que la musique envahit l'espace des cités occidentales, du réveil-matin à la salle de bains, de la voiture au bureau, des restaurants aux boutiques, de la cuisine au salon, sans oublier les baladeurs, Play devient la bande-son qui peut bercer une journée entière. En plus de détenir des hits radiophoniques comme Porcelain ou Natural Blues, l'album recèle des compositions qui séduisent les chasseurs de musique, ceux de la télévision, de la publicité ou du cinéma. C’est grâce à cette "récupération" à l'image que l'album Play a dominé les palmarès mondiaux pendant deux ans.

Ces morceaux, parfaites illustrations sonores pour différents produits, sont parvenus aux oreilles des auditeurs, presque à son insu. Play, disque crossover d'une grande sensibilité, dépasse très largement le public de la musique électronique et convertit les fans de rock et de blues. Grâce à une exposition médiatique maximale, l'album s'est vendu à plus de dix millions de copies dans le monde.

Véritable chef-d’œuvre pour de nombreux amateurs de musique électronique en incorporant des références musicales telles que la musique folklorique, le blues et le gospel, le hip hop comme le disco et la techno, Play constitue un florilège sonore sans précédent sous un tapis de sons ambiant.

Par D. Lugert (Cadence Info - 01/2020)
(source : Olivier Pernot : Electro 100 – Ed : Le mot et le reste)


MOBY  NATURAL BLUES

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TITRE ALBUM PLAY

  • 01. Honey (original sample et chant : Sometimes de Bessie Jones)
  • 02. Find My Baby (original sample et chant : Joe Lee's Rock de Boy Blue)
  • 03. Porcelain (original sample et chant : Moby, Pilar Basso)
  • 04. Why Does My Heart Feel So Bad ? (original sample et chant : The Shining Light Gospel Choir)
  • 05. South Side (original sample et chant : Moby, Gwen Stefani)
  • 06. Rushing
  • 07. Bodyrock (original sample et chant : Nikki D, Love Rap par Spoonie Gee et the Treacherous Three)
  • 08. Natural Blues (original sample et chant Trouble So Hard by Vera Hall)
  • 09. Machete
  • 10. 7
  • 11. Run On (original sample et chant : Run On for a Long Time de Bill Landford et The Landfordairs)
  • 12. Down Slow
  • 13. If Things Were Perfect (original sample et chant : Moby, Reggie Matthews)
  • 14. Everloving
  • 15. Inside
  • 16. Guitar Flute & String
  • 17. The Sky Is Broken (original sample et chant : Moby)
  • 18. My Weakness

MOBY
Album Play
Paru chez ‘Mute’ et ‘V2 records’
Date de sortie : 17/05/1999


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