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MUSIQUE DE FILMS


MY FAIR LADY, LA COMÉDIE MUSICALE CULTE ET SON HISTOIRE

Vous aimez la comédie musicale et vous êtes en demande ? S'il en existe une à découvrir, c'est bien My Fair Lady, un classique parmi les classiques ! En tête d'affiche du film de George Cukor, Andrey Hepburn et le vétéran Rex Harrison.


LE SYNOPSIS DE LA COMÉDIE MUSICALE AUX HUIT OSCARS

© Global Panorama (flickr.com)

Alors qu’il traverse le marché de Covent Garden, Henry Higgins (Rex Harrison), un professeur spécialisé en linguistique, se trouve soudainement attiré par l’accent « Cockney » d’une marchande de fleurs, Eliza Doolittle (Audrey Hepburn). Par jeu et par défi, il parie avec son ami le colonel Pickering (Wilfrid Hyde-White) qu’il pourrait transformer la jeune femme en une « Lady » aux bonnes manières et lui ôter son désagréable accent.

Parvenant à convaincre la fleuriste, celle-ci se rend le lendemain au domicile du professeur. Une première leçon a lieu, puis une autre et encore une autre. Les progrès sont lents, difficiles, mais au bout de quelques mois d'un travail acharné, le professeur Higgins estime qu'il est temps de la présenter à la « bonne société ». L'occasion lui est donnée durant les courses hipiques d'Ascot. La jeune ingénue fait alors son entrée dans le « grand monde »... Mais, face à la « gentry », l'expérience tourne à la catastrophe...

Animée par un comportement naturel qui reprend le dessus, Eliza laisse échapper à haute voix un retentissant « C'mon Dover, move your bloomin ' arse ! » (« Allez Dover, bouge ton cul ! »), à l'intention du cheval sur lequel elle a misé. Les personnes présentes sont choquées. Seul le jeune aristo Freddy Eynsford-Hill fixe un tout autre regard sur elle, décontenancé par son charme.

Eliza, s'apercevant de l'énormité de sa gaffe, promet de se conduire autrement au bal de l'ambassade. Impressionnant tout le monde par sa distinction et sa grâce, Eliza est déçue par l’attitude quelque peu indifférente de Higgins, dont elle est tombée amoureuse entre-temps. Elle décide de s'enfuir...


UNE ADAPTATION RÉUSSIE ET UN SUCCÈS MÉRITÉ

© Friedman-Abeles (wikimedia) - Eliza Doolittle (Julie Andrews) dans une scène adaptée pour Broadway (12/03/1957).

Le déroulement de l'histoire s'inspire du mythe de Pygmalion et donna lieu comme souvent, préalablement à la version filmée, à des représentations sur scène. Écrit par George Bernard Shaw, la première de la pièce aura lieu en 1912. Ensuite, une première version cinématographique verra le jour en 1938 ; une adaptation née et dirigée par le scénariste-réalisateur anglais Anthony Asquith et le comédien-réalisateur Leslie Howard.

Pour crédibiliser une version chantée de la pièce du dramaturge, celle-ci devait être « scénarisée ». My Fair Lady allait rebondir en 1952 grâce au producteur et réalisateur Gabriel Pascal ; le compositeur Frederick Loewe et le librettiste Alan Jay Lerner prenant en charge la réalisation de son adaptation musicale. Quatre ans plus tard, la version chantée de la pièce vivait sur les planches de Broadway.

À partir de là, My Fair Lady va se révéler comme l'une des plus belles aventures de la comédie musicale d'après-guerre. Remarqués par ses divers tableaux relevés et par ses chansons, son succès sera considérable. Durant six ans et demi, les représentations se dérouleront sans interruption. Un record ! L'interprétation jouée à Broadway par une Julie Andrews incarnant une Eliza Doolittle plus vraie que nature sera accueillie par de saines critiques. Nul doute, la réussite de cette comédie musicale se devait d'avoir une version cinématographique à sa hauteur...

C'est en 1964 que le cinéma donna naissance à sa variante, avec dans les rôles principaux Rex Harrison, Audrey Hepburn et Stanley Holloway. Dès sa sortie, le film rencontra le succès et, lors de la cérémonie des Oscars, la profession saluera la performance en lui accordant huit oscars honorant tour à tour le film, le réalisateur, le meilleur acteur, la photographie, les décors, les costumes, la meilleure adaptation musicale et le son !

Visiblement, la meilleure actrice avait été oubliée en chemin. Or, il en va des Oscars comme des Césars en France. Il ne faut certainement pas continuellement chercher une logique dans les prix décernés. La tentation la plus grande aurait voulu que l'Oscar revienne à Audrey Hepburn qui occupe le haut de l'affiche, mais la profession décida que le rôle d’Eliza devait échoir à celle qui l’avait interprétée si brillamment sur les planches, Julie Andrews (qui obtiendra l'Oscar de la meilleure actrice pour son rôle fantaisiste dans Mary Poppins). Pour l'anecdote, quand Audrey Hepburn fut invité sur scène pour remettre l'Oscar du meilleur acteur à Rex Harrison, celui-ci avec un certain malaise, regardant Hepburn sur scène, puis Julie Andrews dans le public, dira : « Un amour profond pour, euh, eh bien, ces deux belles dames ! ».


LE GÉNÉRIQUE DU FILM "MY FAIR LADY"
Des fleurs rien que des fleurs pour le générique du film. Normal, me direz-vous, puisque l'héroïne est une fleuriste ! (musique Frederick Loewe - adaptation André Previn)

© Movie studio (wikimedia) - Eliza Doolittle (Audrey Hepburn) lors de la réception à l'ambassade.

DES RÔLES TAILLÉS SUR MESURE

Autant le dire sans détours, My Fair lady demeure assurément l'un des plus brillants succès de la comédie musicale ; un chef-d'œuvre populaire, intelligent, léger et finement interprété. Outre la grandiloquence des décors et des scènes peuplées de figurants, typique du cinéma Hollywoodien, la mise en scène de George Cukor, somptueuse, s'accompagne de quelques savoureux dialogues. Quant aux comédiens, ils traversent l'écran avec un grand naturel.

Le couple formé par Rex Harrison et Audrey Hepburn fonctionne idéalement. Comme souvent dans les comédies, les deux acteurs s'affrontent sur les ressorts des dialogues et des comportements humains. Dans l'histoire, la fleuriste Elisa et son professeur de chant, Henry Higgins, partagent peu de points en commun. Lui est un personnage au caractère bourru, rude et brusque, tandis qu'elle se présente sous les traits d'une ingénue que sa naïveté désarçonne et désespère. Tout est réuni pour que des scènes éclatent au grand jour et fournissent à cette comédie musicale, un ton pétillant et distrayant.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 02/2023)

My Fair Lady (1964)
Acteurs : Rex Harrison, Audrey Hepburn, Wilfrid Hyde-White, Stanley Holloway, Jeremy Brett.
Réalisateur : George Cukor
Studio : Warner Home Video
Existe dans une version DVD, restaurée et remixée en 2008.

À CONSULTER

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