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ROCK, POP, FOLK, ELECTRO...


DONALD FAGEN ET LE GROUPE STEELY DAN (Biographie/portrait)

D’abord auteurs pour l'éditeur de musique Peer Southem et pour ABC à Los Angeles, puis compositeurs de BO, le pianiste et chanteur Donald Fagen et son complice de toujours le guitariste et bassiste Walter Becker forment en 1972, Steely Dan, un groupe de rock aux contours jazzy et au son unique. Steely Dan sera auteur de quelques hits dont « Do It Again », « Pretzel Logic » et « Time Out of Mind ».


L’AVANT STEELY DAN

Une musique originale en dehors des modes, jouée avec classe, et un son unique, élaboré et simple. Une entité remarquable de la rock music des années 70, qui réussira tous ses disques. Les artisans de cette alchimie sonore sont deux musiciens accomplis : Donald Fagen (né en 1948 à Passaic, New Jersey) et Walter Becker (né en 1950 à New York).


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Leur particularité première est de transcender leurs influences jazz-bop et moderne. Pour cela, ils seront aidés du musicien-producteur incomparable Gary Katz. Donald Fagen chante sur presque tous les titres et s’occupe des claviers tandis que Walter Backer chante à l'occasion en s’accompagnant de la basse ou de la guitare. Leur amitié remonte à la fin des années 60 au College Bard, situé dans l‘Etat de New York. Ensemble, ils forment un premier groupe 'The Leather Canary', puis un second, 'The Bad Rock Group', avec le comédien Chevy Chase à la batterie.

Ensuite, les deux compères s'installent à New York où ils composent et interprètent avec un guitariste de Long Island, Denny Dias, la BO de « You Gotta Walk It Like You Talk It (Or You'll Lose That Beat) » de Zalman King ; celle-ci est produite par Kenny Vance, membre du groupe new-yorkais 'Jay & The Americans', pour lequel le tandem écrit et arrange, les accompagnant également sur scène de 70 à 72, sous les pseudonymes de Gustav Mahler (Becker) et Tristan Fabriani (Fagen). Des enregistrements de cette époque verront le jour en 83 à travers l’album « The Early Years ».

En 1971, une rencontre déterminante se produit quand le tandem rencontre le guitariste de séances bostonien Jeff « Skunk » Baxter et le producteur indépendant Gary Kannan (Katz), ex-associé de Richard Ferry. Employé de la marque ABC, Gary Katz s'installe en Californie en novembre de la même année et emploie le duo comme auteurs-compositeurs et arrangeurs pour 'The Grass Roots' et Dusty Springfield. C’est durant cette période que Fagen et Becker concrétise le projet 'Steely Dan' (d'après Dan Steel, du roman Le Festin nu de William Burroughs) avec Dennis Dias, Jeff Baxter aux guitares, et le batteur et percussionniste Jim Hodder.


LES PREMIERS PAS DU GROUPE STEELY DAN

L’album « Can ’t Buy a Thrill » en 72, déjà considéré comme l'un des témoins majeurs du rock, est à l'image de sa pochette : un collage-photo de prostituées d'une rue de Rouen, un kaléidoscope pop aux rythmes latins, jazzy, aux parties de guitare époustouflantes (celles d'Elliot Randall sur « Reelin‘ ln the Years » et de Baxter sur « Change Of the Guard »). La prise de son est exceptionnelle et les textes cyniques. De ce disque s’échappera « Do It Again », titre révélateur et premier hit du groupe. La marque de fabrique impose sa patte comme une force majeure à son envol.

En 74 et 75, Steely Dan publie « Pretzel Logic » où le groupe reprend le « East St Louis Toodleoo » de Duke Ellington, et « Katy Lied », disque sans Dias Baxter et Jim Hodder, mais accompagnés de quelques « requins » de studio dont Michael McDonald, Rick Derringer, Jeff Porcaro et Larry Carlton. Deux brillants albums de la décennie qui s’illustre à travers des titres comme : « Rikki Don't Lose That Number » (une bossa-nova pop), « Pretzel Logic », « Black Friday » ou encore « Chain Lightning ».

Steely Dan est à présent placé sous le contrôle du trio Fagen / Becker / Katz (Dennis Dias est parti après l’enregistrement de l’album « Katy Lied » et n'a joué que sur un seul morceau de « Aja », tandis que Jeff Baxter va en 74 rejoindre les Doobie Brothers).

Malgré le succès rencontré, Steely Dan est déjà avare de concerts et ne se produit presque plus sur scène — sa seule publication live est une version de « Bodhisattva » en face B de « Hey Nineteen » en 80. En 77, l’album « Aja », qui avait nécessité deux ans de préparation, se vend aux USA à 2 millions d'exemplaires ; dans ce sommet typique des ambiances « after hours », on retiendra « Peg », « Josie » et « Deacon Blues » (d'où le groupe écossais tirera son nom) parmi les joyaux du duo.


« GAUCHO », L’ALBUM DE LA CONSÉCRATION

Il faut encore patienter trois ans pour son chant du cygne : « Gaucho ». Peut-être moins accessible et plus désespéré, mais tellement plus flatteur musicalement quand on écoute des titres comme « Time Out Of Mind » et « Hey Nineteen » que cite Aretha Franklin. « Gaucho » a été peaufiné avec les frères Brecker (Randy à la trompette) et Michael (au saxophone). D’autres artistes de premier plan sont invités : Mark Knopfler, Patti Austin et Valerie Simpson, R. Derringer, Steve Khan, ainsi que Tom Scott et David Sanbom (sax), Jeff Porcaro, Larry Carlton, et les choristes de Chic.

Quelques mois plus tard, Walter Becker est emprisonné à la suite d'un accident, et son alter ego débute brillamment une carrière solo en 82 avec « The Nightfly », qui évoque les années 50/60 du rêve américain. À noter dans la discographie de Steely Dan, le double « Greatest Hits » paru après « Aja » et qui inclut l'inédit « Here At the Western World », rescapé des séances de The Royal Scam datant de 76. Steely Dan a également composé et interprété le thème du film « FM (No Static At All) » à la gloire de la bande FM américaine, hit de l’été 78 qui a aidé à sa renommée en Europe.

Après le succès d’une nouvelle compilation en 85, une rumeur de reformation court, encouragée par la participation d’un duo au bel album « Zazu » de Rosie Vela, produit par Gary Katz pour A&M en 86. Becker produit « China Crisis » en 85, et « Flying Cowboys » de Rickie Lee Jones en 89.

Après une longue période d'incertitude, le tandem se réunit une nouvelle fois en 93 pour le « Kamakiriad » de Fagen produit par Becker (qui sera un échec) et une tournée américaine (la première depuis 74, qui à l’inverse sera un succès). L'année suivante. Walter Becker publie enfin sous son nom un premier album « 11 Tracks Of Whack » produit par... Donald Fagen. De là, une nouvelle tournée commune conduit au nostalgique « Alive In America » paru en octobre 95.

Après avoir donné de nombreux concerts entre 1993 et 1997, le groupe débute la composition et l'enregistrement de l’album « Two Against Nature » (2000), qui sera le premier disque en studio depuis « Gaucho ». Ce huitième album d’un des groupes parmi les plus emblématiques d'un style au rock calibré sera classé numéro 6 au Billboard et recevra 4 trophées au Grammy Awards, dont celui du meilleur album de l’année. Trois ans plus tard, Steely Dan publiera « Everything Must Go », dernier album en date du groupe.


STEELY DAN : GLAMOUR PROFESSION (from Gaucho - 1980)

Aujourd'hui, Steely Dan existe toujours et continue de tourner (tournées mondiales "The Heavy Rollers Tour" en 2007 et "Shuffle Diplomacy Tour" en 2011). Leur fans peuvent se tenir au courant de l’actualité du groupe en visitant leur site officiel. Les vétérans sont toujours là, aux postes, comme au premier jour… qui s’en plaindrait !


LA CARRIÈRE DE DONALD FAGEN EN DEHORS DE STEELY DAN

Après avoir pris quelques distances avec Steely Dan au début des années 80, Donald Fagen entame une carrière solo. Il compose tout d'abord « True Companion » pour la BO du film d'animation Heavy Metal en juillet 81 (sur Asylum), puis il revient magistralement en octobre 82 en concevant l'album « The Nightfly », admirablement produit par le responsable du son Steely Dan, Gary Katz.

Dans cette continuité sonore propre à Steely Dan, ce disque jazzy-pop nostalgique a le mérite d’être accessible. « Les chansons représentent certains fantasmes qui auraient pu appartenir à un jeune homme de la banlieue d'une cité du Nord-Est à la fin des années 50 et le début des années 60, comme moi. » racontera Fagen.

Enregistrée avec la crème des musiciens américains, cette œuvre remarquable, basée sur le concept d'une soirée musicale sur une station de radio jazz fictive, WJAZZ, « The Nightfly » deviendra disque d'or aux USA, obtenant sur sa lancée le prix de l'Académie Charles-Cros en France. De ce disque, on retiendra l‘ironique « IGY », initiales pour l‘Année Géophysique Internationale (de juillet 57 à décembre 58) et « New Frontier » qui fera l’objet d'une belle vidéo remarquée par les stations de radio FM françaises naissantes.

En 1988, Donald Fagen devient chroniqueur de la version américaine du magazine ciné Première. Il compose « Century's End » pour la BO du film Bright Lights, mais aussi celle de Big City de James Bridges avec Michael J. Fox. En mars 1991, il monte au Beacon Theater à New York la « New York Rock and Soul Revue », dont il coproduit l'album pour le label "Giant" avec Michael McDonald, Bozz Scaggs. Phoebe Snow, Dave & Eddie Brigati (des Rascals) et le vétéran Charles Brown.

Onze ans après « The Nighlfly », Donald Fagen propose « Kamakiriad » qui sera moins bien accueilli par la critique, malgré l’obtention d’un dixième place dans les ventes aux USA. Après la collaboration Fagen-Becker-Katz sur « Zazu » de la chanteuse Rosie Vela en 86, « Kamakiriad » en mai 93 est enfin prétexte à une tournée américaine du duo magique reformé.

En 2004, Donal Fagen entame les sessions de son troisième album solo, « Morph the Cat ». Toutefois, l’album ne verra le jour que deux ans après ; une longue préparation et mise en condition saluée par la presse, ce qui incitera la pianiste à entreprendre une première tournée promotionnelle sans Steely Dan. En 2012, Donald Fagen, sans rien perdre de son âme créatrice, publie « Sunken Condos », un album composé de 9 titres inspirés et étincelants comme au premier jour.

(Cadence Info - 07/2017)
source : Le rock de A à Z de Jean-Marie Leduc et Jean-Noël Ogouz


Discographie Donald Fagen

  • The Nightfly (1982)
  • Kamakiriad (1993)
  • Morph the Cat (2006)
  • Sunken Condos (2012)

Discographie Steely Dan

  • Can't Buy A Thrill (1972)
  • Countdown to Ecstasy (1973)
  • Pretzel Logic (1974)
  • Katy Lied (1975)
  • The Royal Scam (1976)
  • Aja (1977)
  • Greatest Hits (1978)
  • Gaucho (1980)
  • Citizen Steely Dan (1993) Coffret
  • Alive In America (1995)
  • Two Against Nature (2000)
  • Everything Must Go (2003)

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