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CHANSON


ALICE LEWIS : IMPOSTURE, UN ALBUM SENSIBLE EMPREINT DE ROMANTISME

La chanteuse Alice Lewis revient avec un nouvel album baptisé « Imposture ». Cosignées avec Alexandre Chatelard pour les textes, les chansons ont été imaginées comme des antidotes aux maux amoureux. Au-delà des inspirations musicales moyenâgeuses et des arrangements électro-pop pour lesquels la chanteuse se fait écho, « Imposture » explore avant tout la thématique romantique dans un monde paradoxalement marqué par la violence et ses agitations.



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L'ALBUM IMPOSTURE PAR LA LORGNETTE

© Alexandre Chatelard

À l’heure actuelle où chaque attitude et comportement sont vilipendés souvent pour rien et où un mot en attire un autre dans les réseaux sociaux, titrer un album ‘Imposture’ pourrait très bien servir à celui ou celle qui n’apprécie guère le talent artistique d’Alice Lewis. Ainsi, à l’écoute de ce troisième opus, ne pourrait-on pas faire remarquer l’ascendance du timbre de voix et de ses intonations aiguës qui suggèrent la Mylène Farmer des débuts (« Les ciseaux », « Imposture », « Un autre jour », « Cabriolet ») ? Et quand bien même ! Alice Lewis ne s’en cache pas. Chez elle, la portée des textes sont d'une tout autre nature et les musiques ne sont de toutes évidences pas branchées sur la même longueur d’onde que Laurent Boutennat, l’auteur des musiques de Farmer ; d’autant plus que la chanteuse produit des mélodies personnelles, en rupture de tons (« Amour asymétrique »), mystique, incantatoire à coup de chœurs (« Pour celui qui viendra ») ou avec cet attachement appuyé pour les musiques moyenâgeuses (introduction des flûtes dans « Amour Asymétrique » et utilisation d'un texte de Ronsard avec « Ô ma douce moitié », mis en musique par Alice Lewis avec un ukulélé, un choix astucieux qui permet de faire illusion en lieu et place d’un luth de circonstance).

Trois années se sont écoulées depuis son précédent album (« Your Dreams Are Mine ») ; le temps de la réflexion, des remises en question qui abandonnent ici la langue de Shakespeare au profit de quelques textes en français écrits par son complice Alexandre Chatelard (lui-même prêtant sa voix dans quelques titres : « Opéra drogue », « Amour asymétrique », « Un autre jour »).

Passé le titre d’introduction (« Opéra drogue ») et son côté évanescent, symbole d’une Athéna qui serait en plein désarroi, le disque « Imposture » trouve véritablement son rythme de croisière au titre suivant : « La cause et le remède ». À partir de là, les chansons nous font voyager dans un univers musical électro-pop qui s’accorde parfaitement au timbre de voix d’Alice, à la fois léger et posé.

Derrière l’harmonisation de sa voix, l’orchestration a l’intelligence de ne pas miser sur une surenchère d’instruments inutiles dont la cause première serait de faire perdre la face aux textes d’Alexandre Chatelard et à leur mélancolie. Ensuite, le mixage réalisé par Bertrand Fresel (Barbara Carlotti, Katerine, Tony Allen) trouve le dosage idéal pour rendre les textes intelligibles (ce qui n’est pas le cas de toutes les productions, loin s’en faut !).

Pour autant, « Imposture » est-il un disque parfait ? Certainement pas diront les critiques mal intentionnées. Un disque de transition ? Peut-être ! Dans un monde avide de perfection, qui peut me dire où se niche justement la perfection ? Et à quel étage ? Choix des textes, des musiques, des instruments, des influences ? Certains artistes puisent dans le passé pour aller de l’avant quand d’autres n’ont de don que celle de l’imitation ; bien plus rares sont ceux qui innovent vraiment. De ces trois directions, Alice Lewis semble avoir opté pour la première ; la voie certainement la plus rassurante mais toutefois non exempte de risques

Pour avoir passée une grande partie de son enfance au Royaume-Uni, on ne pourra certainement pas reprocher à Alice Lewis la diction de son français, maîtrisé et sans intonation particulière. Le seul bémol serait donc ce regard porté sur la musique des années 80 (« Un autre jour » avec son synthé vintage ou encore dans « Cabriolet »). Ce choix est-il le reflet d'un nouveau cap ? Est-ce un choix assumé ou une orientation courue ? Certainement un peu de tout ça à la fois. Néanmoins, « Imposture » reste à l’écoute un album homogène qui trouve son équilibre dans le respect des choix de son héroïne. La mise en avant de sa voix aérienne ne peut que faire allégeance aux textes raffinés d’Alexandre Chatelard. Quant à sa « soft musique », elle trouve sa cohésion dans les arrangements signés Fred Pallem ; « Imposture » est somme toute un album qui attise de la sympathie et de la bienveillance passée la première écoute.


ALICE LEWIS : AMOUR ASYMÉTRIQUE


À PROPOS D’ALICE LEWIS

Après une enfance passée au Royaume-Uni où elle apprend le dessin et la sculpture, Alice Lewis s’installe à Cergy pour y suivre des études dispensées par l'école des Beaux-Arts. C’est pour répondre à une proposition lancée par une enseignante de l’établissement qui souhaite avoir des chansons originales que le cheminement artistique d'Alice va s’orienter vers la musique. Sa construction artistique, tout en étant autodidacte, se poursuit grâce à son amour pour les voyages durant lesquels elle apprend d’autres formes d’expressions artistiques, comme l'étude du cithare à Taiwan et l’opéra en Chine.

Créatrice dans l’âme, Alice ne s’en tient pas là et cherche à diversifier ses approches. En 2007, elle compose la musique du film « Le renard et l’enfant » de Luc Jacquet. Pour elle, il sera temps aussi de s’essayer à la publicité via quelques créations de jingles. Puis vient le premier album en 2010 : « No One Knows We're Here », puis un second « Your Dreams Are Mine » (2015) tous deux chantés en anglais. Des collaborations naissent : Christophe Chassol, Bertrand Burgalat, Poni Hoax…

© Alexandre Chatelard

Sa connivence avec Alexandre Chatelard trouve son ancrage dans le présent album. Leur personnalité et leur univers sonore semblent si bien s’accorder qu’Alice, dans un premier temps, prête sa voix aux chansons d'Alexandre, avant que ce dernier ne fasse de même en travaillant sur « Imposture ». Ce quatre mains chargé de mélancolie et d’émotions, Alice s'en explique : « nous avons bâti notre album sur les cendres de nos histoires respectives. Nous avons décidé d'en faire quelque chose, des fictions, des rêveries et, au final, de les imaginer comme des antidotes ».

Alice Lewis a depuis monté son propre label et son groupe pour la scène (Geoffroy Bouillanne : claviers, Jérôme Laperruque : basse et Nicolas Goussot à la batterie). Pour « Imposture » sa fonction de claviériste et de programmeuse ne doit pas faire oublier la curiosité qui l’anime. Alice est une musicienne qui appartient à une génération d’artistes plus ou moins inclassable et pour lesquels l’inspiration tient autant du poème allégorique que du récit musical enchevêtré au cœur du monde actuel. En ce sens l’album « Imposture » nous y invite.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 02/2018)

Alice Lewis : Imposture
Paru le 28/01/2018 chez ‘Bellbuoy Records’

  • Textes : Alexandre Chatelard (sauf Imposture par Alice Lewis et Alexandre Chatelard)
  • Musiques : Alice Lewis, Alexandre Chatelard
  • Arrangements : Alice Lewis, Alexandre Chatelard, Fred Pallem
  • Réalisation : Alice Lewis, Bertrand Fresel, Alexandre Chatelard
  • Prise de son et mixages : Bertrand Fresel

Visiter le site officiel d'Alice Lewis


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