CLASSIQUE / TRADITIONNEL


ARMEL DUPAS : 'WHEN WE USED TO WALTZ', LE LANGAGE DE LA VALSE À TOUS LES TONS

Pour son dernier album, When We Used To Waltz, le pianiste et compositeur Armel Dupas utilise la valse comme une source à la fois élégante et inspirante. De la toute première pièce, Anger is my ally, jusqu’à la toute dernière, When we used to waltz, le mouvement à trois temps accompagne le flux de sa vie d’homme et de musicien.


LA VALSE À TROIS TEMPS, À MILLE TEMPS

Après avoir évoqué l’artiste à deux reprises, la première fois à travers l’album Broderies, dans lequel le pianiste exprimait un émoi musical qui affute la raison et la seconde, à propos de son projet intitulé “Home Piano Live”, une chaîne YouTube avec des rendez-vous réguliers autour de sessions jazz, voici présentement When We Used To Waltz, une autre facette du talent d'Armel Dupas faisant ici honneur à la valse.

Armel dit aimer la "French touch" typique de la valse. Pour lui, c’est une forme musicale particulière à même de décrire les émotions liées à l’état amoureux. Ses compositions, tantôt joyeuses et insouciantes, parfois ballotté par les flots ou purement intimistes, créent un pont entre une musique empreint de modernisme et des couleurs classiques d'où s'échappent quelques cheminements harmoniques des plus studieux.

L’album When We Used To Waltz, entièrement pris en main par Armel, correspond ici à la saison d'hiver (1). Pour se faire une idée de son contenu, le pianiste nous suggère deux compositions mises en images : Her secret love et Anger is my ally.


ARMEL DUPAS : "HER SECRET LOVE"
Inspirée par les mélodies et les harmonies de la bossa-nova, cette valse a des accents de Jobim tout autant que de Francis Poulenc. Elle dévoile un secret de ses jeunes années, lorsque l’amour n’avait que plus de saveur, du moment qu'il était caché.

ARMEL DUPAS : "ANGER IS MY ALLY"
“La colère est mon alliée”. À la faveur d’une séance d’hypnose, Armel découvre avoir gardé en lui de la colère pendant de nombreuses années. Était-ce dû à un refoulement, à la peur de l’animalité, ou tout simplement à l’envie de ne pas déranger ou décevoir ? Cette valse l’a conduit à transformer la colère en une ascension vers la lumière et l’acceptation de qui il est vraiment.

À PROPOS D’ARMEL DUPAS

Le pianiste cherche visiblement à se renouveler, à ne pas rester enfermé dans un genre plutôt que dans un autre. Pour cela, il faut une bonne dose d’audace. Armel se définit comme un pianiste-entrepreneur et cela lui convient bien, d’autant que ses multiples projets répondent à un désir exprimé par celles et ceux qui sont au fait des réalités du marché actuel de la musique.

© L’atelier Sylvain Madelon

Tantôt jazz, tantôt classique, aussi bien dans la forme que dans le fond, Armel Dupas appartient à la nouvelle génération de pianistes prête à nous surprendre à chaque tournant, à chaque performance. Pourtant, paradoxalement, le pianiste a le sens de la mesure, du contrôle. L’adage pourrait être “Il faut savoir raison garder”, tant l’artiste est capable de se maîtriser pour ne pas dépasser ses limites, sans se laisser déborder. C'est ici une qualité. Pour s’en convaincre, il suffit de le regarder jouer dans les deux vidéos ci-dessus.

Musicalement, Armel Dupas a débuté par le classique (Conservatoire de Paris) avant que son imaginaire ne le conduise à formuler de nouvelles pistes. La musique jazz est sans aucun doute la cause de ce changement de cap. Son goût pour l'improvisation est entré naturellement dans sa vie, par désir, par soif de liberté, spirituellement aussi, comme une ressource au vaste potentiel.

Avant d’entamer sa carrière solo, pendant plus de 10 ans, le pianiste s’est enrichi au contact d’artistes divers. Il multiplie les expériences entre tournées, concerts et musiques, pour le cinéma et le théâtre. Citons ses collaborations avec Arnaud Desplechin, Sandra Nkaké, Catherine Ringer, Henri Texier ou le metteur en scène Ladislas Chollat.

Après avoir signé deux albums en tant que leader (Inner Island pour le groupe Waterbabies et Upriver), c’est en 2019, qu’Armel découvre le plaisir de la scène en solo hors des circuits traditionnels en réalisant une tournée de 100 concerts chez l’habitant qu’il baptise “Home Piano Live”. Ce challenge devait trouver une autre issue quand l’artiste, comme d’autres, sera confronté à la crise du COVID. C’est à ce moment-là qu’Armel décide de transporter son “Home Piano Live” sur YouTube, à travers une émission dans laquelle il joue du jazz en direct pour les amis d’ici et d’ailleurs.

Puis arrive l’été 2021. Armel se sent prêt à lancer un nouveau défi : composer 40 titres regroupés en quatre albums saisonniers avec pour ambition “d’accompagner les humains dans leur transition vers une meilleure connaissance de soi, vers une reconnaissance de leur caractère divin... vers un amour de soi et de l’autre !” dit-il.

Aujourd’hui, Armel vient de donner naissance au premier opus, When We Used To Waltz, sans aucun montage ni artifice électronique, faut-il le préciser. Classique dans la forme, flirtant avec l’expression d’un romantisme renaissant, la musique d’Armel, tout en délicatesse, sans fioritures inutiles, nous prend par la main dans son univers dessiné sur trois temps et rien que cela. Ce face à face avec lui-même témoigne, une fois de plus, de la singularité de ce pianiste que je vous encourage à découvrir.

Par Elian Jougla (Cadence Info – 04/2022)

1. Armel Dupas a prévu un album pour chaque saison.

À CONSULTER

BRODERIES (avec Lisa Cat Berro)

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