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CLASSIQUE / TRADITIONNEL


HÉLÈNE GRIMAUD, PORTRAIT D'UNE PIANISTE CLASSIQUE ATYPIQUE

Hélène Grimaud est une star. Dans le monde « classique », elle est la seule à occuper cette place tellement rare et tellement décriée. Un premier disque à 15 ans dédié à Rachmaninov (la Sonate n°2 et les Etudes Tableaux op.33) la fait grimper au firmament des étoiles : que cache donc cette toute jeune femme au visage d'ange qui joue comme une diablesse ?


HÉLÈNE GRIMAUD : « À UN MOMENT, J'ÉTAIS UNE DROGUÉE DU PIANO »

Déjà, le paradoxe est là, qui va traverser sa vie, nourrir son mystère et accroître son aura : Hélène Grimaud intrigue.

Elle, qui avait toujours semblé préférer les effusions brahmsiennes, les torrents rachmaninoviens ou les grandeurs beethoveniennes à la mathématique bachienne a enregistré bel et bien un album consacré entièrement à Jean-Sébastien Bach (Deutsche Grammophon - 2008).


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Comme elle s'est toujours plu à le faire, Hélène Grimaud a bâti autour de Bach un disque patchwork qui mêle cinq préludes et fugues du Clavier bien tempéré, un concerto pour piano et des transcriptions par Liszt, Busoni et Rachmaninov.

Pourquoi avoir choisi Bach ?

Hélène Grimaud : c'est un compositeur qui fait peur parce qu'on craint de ne pas être à sa hauteur, mais la seule manière de lui rendre hommage est de jouer sa musique dans un esprit d'aventure et de découverte.

Quand, en 1985, Hélène Grimaud obtient son premier prix au conservatoire de Paris en même temps qu'elle publie son premier disque, le chemin bien balisé de la carrière d'une jeune pianiste douée, intelligente et ambitieuse s'ouvre grand devant elle.

Mais voilà qu'en 1991, à 22 ans, (elle est née le 5 novembre 1969 à Aix en Provence), elle quitte la France pour s'installer aux Etats-Unis. Là, elle fait une rencontre qui va modifier le cours prévu : celle des loups.

En 1999, elle fonde le 'Wolf Conservation Center' de South Salem, dans l'état de New York, où elle s'est installée. Entre temps, Hélène Grimaud s'est inscrite à l'université pour étudier le comportement animal et obtenir un diplôme qui lui permet d'obtenir l'agrément du gouvernement pour créer un tel centre : n'élève pas des loups qui veut.

Aujourd'hui, alors qu'elle est revenue vivre en Europe (en Suisse, dans les montagnes), les loups restent au coeur de ses préoccupations : « Même si je n'ai plus le plaisir du travail au jour le jour avec les animaux et avec l'équipe, j'ai la satisfaction émotionnelle et intellectuelle de savoir que le projet continue. Je reviens du centre, il y a eu des naissances de loups mexicains, une espèce rare... »

Quelle relation entre les loups et Bach, me direz-vous ? Hélène Grimaud étant connue d'un public qui ne se serait jamais intéressé ni à elle ni à la musique si elle avait vécu avec des poules, chacun de ses nouveaux albums atteint des chiffres de vente exorbitants : entre 80 000 et 100 000 exemplaires (5 000 en France est aujourd'hui une très bonne vente pour un disque de musique classique).

Ses deux livres ,Variations sauvages et Leçons particulières, dans lesquels elle raconte ses aventures avec les animaux, n'ont pas été pour rien dans sa notoriété.


UNE RELATION PERSONNELLE AVEC LE PIANO

Que ce soit pour de bonnes ou de mauvaises raisons, qu'importe : Hélène Grimaud est la clé qui ouvre à beaucoup la porte qui semble infranchissable de la musique classique. D'un point de vue artistique, elle tient une place plus qu'honorable dans le panorama des pianistes de sa génération, livrant des interprétations souvent fougueuses, voire rageuses, mais en tout cas toujours honnêtes.

Depuis son retour en Europe, Hélène Grimaud a déménagé trois fois en trois ans. Tournées de concerts, promo, aéroports... Comment la musique s'accommode-t-elle de telles pressions ? Et quelle place occupe aujourd'hui le piano dans sa vie ?

« La pire pression, c'est celle que l'on se met à soi-même. Avec le piano, j'ai une relation tellement passionnelle que parfois je regrette de ne pas avoir fait autre chose, du violon, du hautbois ! Mais je n'oublie pas la joie tactile, le plaisir physique, que je connaissais avant, comme une drogue, en jouant par exemple du Rachmaninov... ».


HÉLÈNE GRIMAUX - PRÉLUDE EN DO # MAJEUR (J. S. BACH)


Rachmaninov, qui lui a tellement donné de plaisir, elle ne l'a pas abandonné au profit de Bach. Elle a fait se côtoyer sur son album les deux compositeurs en enregistrant la transcription pour piano par Rachmaninov du Prélude de la Troisième Partita pour violon de Bach.

« Raffinement, respect, pureté », sont les mots qu'elle emploie pour décrire le travail de transcription du compositeur russe. Puisse, en tout cas, son aura et son intelligence d'artiste faire connaître et aimer un peu plus Jean-Sébastien Bach, qu'Hélène Grimaud transcrit elle aussi à travers son jeu.

par N. Krafft (Cadence Info - 06/2013)


À CONSULTER

HÉLÈNE GRIMAUD : WATER


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