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CLASSIQUE / TRADITIONNEL


LES COMPOSITEURS SUISSES DE MUSIQUE CLASSIQUE

Si les compositeurs classiques suisses sont moins célèbres que leurs homologues français et allemands, leur talent mérite largement que nous y consacrions quelques lignes. Tout comme la Belgique, la Suisse possède deux courants culturels et sa musique est partagée entre l’influence germanique et l’influence française. Animée par de nombreuses valeurs sûres, tels Ernest Ansermet ou Edmond Appia, la vie musicale Suisse offre à l’observateur un spectacle singulièrement sympathique et réconfortant.


QUAND MUSIQUE CLASSIQUE RIME AVEC TRADITION

Un idéal commun pousse les compositeurs helvétiques à donner très intelligemment à la musique une mission ethnique et sociale que négligent imprudemment les autres peuples. Une institution comme la célèbre Fête des Vignerons de Vevey qui, tous les 25 ans, avec la collaboration fervente de tous les travailleurs de la terre, exalte la beauté et la noblesse de la vie pastorale et hausse jusqu’au mysticisme d’une foi religieuse le respect des forces de la nature et le rite des semailles, des moissons et des vendanges, est l’honneur d’une nation.


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Cette apothéose du labeur rustique à laquelle participent les laboureurs, les vignerons, les fermiers et les pâtres rattachent les plus humbles « armaillis » aux grandes traditions helléniques. A chaque instant, des festivités, des concours, des festivals, des commémorations d’événements historiques introduisent la musique dans la vie publique sous la forme la plus grandiose et la plus touchante à la fois. D’instinct, les Suisses se réunissent pour chanter en chœur et leurs compositeurs sont tout naturellement amenés à écrire pour leurs compatriotes des œuvres tirant parti de ce précieux appoint.

C’est ainsi que le théâtre de Jorat, non loin de Lausanne, temple villageois d’une émouvante simplicité, a fait naître des ouvrages remarquables qui n’auraient pas pu être conçus par leurs auteurs dans l’atmosphère des cités tentaculaires qui asservissent l’imagination des poètes à leurs cruelles disciplines. Un Gustave Doret (1866-1943) a fort bien, incarné ces saines inspirations de l’art helvétique. Bien qu’il ait travaillé à Paris avec Massenet et qu’il ait été étroitement mêlé à notre vie musicale, il garda toujours un contact étroit avec sa terre natale qui lui inspira ses deux Fêtes des Vignerons, ses Festivals vaudois, sa Cantate du Centenaire et ses Voix de la Patrie.

Emile Jaque-Dalcroze (1865-1950) a suivi la même route en puisant dans les traditions populaires romandes le meilleur de son inspiration aimable, volontiers appliquée à l’éducation musicale de l’enfance. Il a trouvé, en outre, le moyen de donner plus de force encore et plus d’authenticité à l’hellénisme instinctif de l’art helvétique en ressuscitant, par son invention de la gymnastique rythmique, un des éléments essentiels de l’orchestique et du théâtre de la Grèce antique. Dalcroze a composé des partitions remarquables pour de grandes cérémonies nationales. Sa Fête de juin, et son Jeu du Feuillu, sa Fête de la jeunesse et de la Joie ont été d’admirables réussites populaires. Ses jeux musicaux et ses chansons enfantines sont devenus célèbres dans le monde entier, car leur ton de naïve franchise est inimitable.


LA MUSIQUE SUISSE, COTE GERMANIQUE

La Suisse allemande s’honore d’avoir engendré des compositeurs sérieux et en possession d’une solide technique, comme le chef d’orchestre Friedrich Hegar, qui fut le grand animateur de la vie musicale de Zurich au 19e siècle, auteur de chœurs d’hommes remarquables.

Notons aussi : Hans Huber (1852-1921), compositeur de huit Symphonies, de Sérénades d’orchestre, de Concertos, de Messes, etc. ; Hermann Suter (1870-1926) à qui l’on doit la Première Nuit de Walpurgis, mais également une symphonie et des œuvres chorales. N’oublions pas non plus Friedrich Klose, élève de Bruckner, attiré comme son maître par les vastes compositions et utilisant les chœurs, l’orgue, les ensembles de cuivres et des poèmes symphoniques avec chant et déclamation.

D’autres compositeurs suisses suivront plusieurs carrières en parallèle comme Wolkmar Andreae, menant de front son métier de chef d’orchestre, sa carrière de compositeur et la direction du Conservatoire de Zurich. Les « alémaniques » les plus souvent cités à la suite de ces chefs de files sont Rudolf Moser (1892), Walter Lang (1896), Walter Schultess (1894), Fritz Brun (1878), Fred Hay (1888), Walter Geiser (1897) et Conrad Beck (1901) qui pratiqua à ses débuts le style inhumain d’Hindemith mais qui évolua assez rapidement pour prendre une place de premier plan avec ses quatuors, ses symphonies, sa Grande Ourse et sa Mort d’Œdipe.


LA MUSIQUE SUISSE, COTE FRANÇAIS

La Suisse de langue française n’est pas moins riche en compositeurs de talent. N’oublions pas qu’elle nous a donné un Niedermeyer dont l’influence a marqué la vie musicale française et que beaucoup de ses artistes ont joué chez nous un rôle actif. On salue comme le grand animateur de la musique romande le chef d’orchestre Hugo de Senger (1832-1892), auteur d’une des Fêtes des Vignerons de Vevey, d’œuvres chorales et de lieder, fondateur d’orchestres, de sociétés, de groupes de chanteurs, apôtre infatigable et excellent professeur, qui a suscité et développé des vocations artistiques nombreuses. Hugo de Senger a formé quelques-uns des meilleurs compositeurs de son pays.

Quelques grands organistes ont eu une influence heureuse sur le climat musical de la Suisse française. De ce nombre sont Charles Blanchet (1833-1900) et Otto Barbian (1860-1943) qui contribuèrent à élever le goût des musiciens de leur temps. En piano, Emile R. Blanchet (1877), fils de Charles Blanchet, a beaucoup écrit pour cet instrument dont il joua en virtuose. Il a attaché son nom à d’ingénieux essais de contrepoint de rythmes dont il a tiré de curieux effets pianistiques.

Le talent puissamment racé d’Ernest Bloch (1880) lui a créé une place à part dans l’histoire musicale de la Suisse. Ses opéras, Macbeth et Jézabel, sa symphonie Israël, ses Evocations, sa rhapsodie Schelomo ou son Concerto pour piano ont un accent d’une véhémence passionnée et d’une vigueur qui font de lui un héritier du romantisme. Il passa une partie de sa vie en Amérique, à Cleveland et à San Francisco dont il dirigea les Conservatoires. Sa symphonie America a fixé les souvenirs de son séjour dans le Nouveau Monde.


LA MUSIQUE SUISSE CONTEMPORAINE

La jeune école romande rassemblera de nombreux chercheurs qui prospecteront en tous sens les zones encore inconnues du royaume des sons. Les plus représentatifs seront Frank Martin (1890) dont les œuvres présentent un intérêt exceptionnel et qui a su dégager sa forte personnalité des étroites disciplines schoenbergiennes auxquelles il s’était volontairement soumis à ses débuts ; Jean Binet (1893) artiste délicat et sensible qui saura traduire les voix mystérieuses de la nature et dont le talent se développera avec la plus stricte logique ; André Marescotti (1902) qui aura le goût du beau « métier » réalisera des œuvres singulièrement vivantes et attachantes.

Citons encore Roger Vuataz (1898) dont les recherches fiévreuses ont été particulièrement hardies mais qui a conquis son équilibre avec une courageuse loyauté ; Bernard Reichel et François Olivier qui sont, eux aussi, des prospecteurs intrépides ; Fernande Peyrot et Henri Stierlin-Vallon, deux indépendants, affranchis de toute préoccupation dogmatique ; enfin le lausannois Jean Apotheloz (1900) doué d’une élocution souple et élégante.

par M. Beaufort (Cadence Info - 11/2014)
(Source : Histoire de la musique - Vuillermoz))


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