ANALYSEDISQUESFAITS DIV.HISTOIREINTERVIEWLIVRESPORTRAIT

CHANSON


PATRICIA KAAS : CINÉMA ET CONQUÊTE D'UN NOUVEAU PUBLIC

Cette page est la seconde partie de PATRICIA KAAS BIOGRAPHIE/PORTRAIT


UNE PARENTHESE AU CINÉMA

Si la jeune femme devenue star n’a pas besoin de s’inventer une autre vie que la sienne, d’autres le feront pour elle en raison de ses origines allemandes par sa mère, de sa grâce naturelle et de son léger accent. Photographes et cinéastes voient en elle une Marlène Dietrich. En 1994, le metteur en scène américain Stanley Donen, auteur de Chantons sous la pluie, lui fera tourner des bouts d’essais pour le film qu’il devait consacrer à l’actrice allemande. Or le projet n’aboutira pas, et c’est quelques années plus tard que le public découvrira Patricia Kaas sur les écrans dans le film de Claude Lelouch, And now Ladies and Gentlemen (2002).


Ad Block

Un bloqueur publicitaire bloque le déroulement de cette page. Pour ne plus subir cette restriction, veuillez désactiver votre bloqueur publicitaire pour l'ensemble du site "www.cadenceinfo.com". Merci.

Procédure pour autoriser "cadenceinfo.com"


Voici donc une « chanteuse de variété » incarnant une « chanteuse de piano bar », un univers qu'elle a bien connu et dont l'histoire, celle d’une écorchée de la vie tombant amoureuse d’un anglais (Jeremy Irons), aurait pu être la sienne. Ce rôle plus chanté que parlé est idéal pour mettre le pied à l’étrier, cependant le film de Claude Lelouch n’est qu’une parenthèse dans sa carrière car déjà se profile à l’horizon un nouvel album, Sexe fort (2003) ; album dans lequel figure Où sont les hommes ?, une interrogation porteuse de sens pour la chanteuse : « Où sont les hommes ? / Qui pardonnent, fusionnent et qui donnent / Leur âme dans les bras d'une femme / Où sont les hommes ? / Qui laissent éclater leurs faiblesses au grand jour pour vivre un grand amour / Où sont les hommes ? / Qui osent, proposent un avenir meilleur, Un remède au malheur / Où sont les hommes ? / Qui se battent et combattent, montent au front de leurs rêves et vous emmènent ailleurs. » (D. Barbelivien).

© Michael Preuß - Patricia Kaas (2005)


LE VIRAGE ROCK

La couleur générale de l'album Sexe fort est rock. Les chansons sont signées de plusieurs mains de maître : Étienne Roda-Gil, J. J. Goldman, Obispo, David Manet, Patrick Fiori, Renaud, Bertignac, Cabrel, etc. La chanteuse chante aussi un duo avec Stephen Eicher (On pourrait). Personne ne semble pouvoir résister aux appels de cette diva de la chanson française. Tous goûtent au plaisir de travailler avec elle. Cet album rebelle, peuplé de guitares saturées, poursuivra son élan à travers une tournée. La pudique Patricia Kaas des débuts s’efface devant une Patricia Kaas forte en gueule. Le jeu scénique outrancier sera comme pour le cinéma une parenthèse, un nouvel épisode où la chanteuse se lancera un défi à elle-même, jouant à la femme glamour et sexy. Nous sommes en 2004 et Patricia Kaas pose devant les photographes en femme libérée et fatale. De toute évidence, la chanteuse cherche à soigner son image, sa carrière, tout en la contrôlant encore et encore.

2005. Première tournée en Chine. Le pays est sensible aux musiques venues d’occident. Toute une jeunesse semble vouloir se dresser contre l’impérialisme en place. Lors du concert à la « Cité interdite », le public d’abord réservé finit par ovationner le concert rock de la chanteuse. Grâce à son instinct et son professionnalisme, Patrica Kaas brise la glace, et la jeunesse qui ne demandait qu’à s’enflammer fustige l’autorité et se lâche.

Année après année, la chanteuse s’est forgée une carrière internationale qui en ferait rêver plus d’un. À force de travail, de conviction et un farouche besoin d’entreprendre, Patricia Kaas a tout sacrifié ou presque sur l’autel de sa passion : la scène ; cette scène qui semble tout avaler de ses craintes et de ses angoisses, et qui lui donne en retour cette force nécessaire et ce courage si indispensable.


KABARET

Chez Patricia Kaas, la détermination à se renouveler semble inépuisable. En 2008, elle se lance un nouveau défi : honorer dans un spectacle intitulé Kabaret - avec un"K" pour "Kaas" - toutes les héroïnes des années 30 : Greta Garbo, Suzy Solidor, Martha Graham et bien d’autres. Au bout du compte, un spectacle épuisant qui sera joué 150 fois dans 45 pays et totalisera 300 000 spectateurs.

Une fois de plus la chanteuse provoque le destin en prenant le parti pris de chanter des airs au style désuet avec le renfort sur scène de quelques instruments de circonstances : contrebasse, violon, clarinette et piano bastringue. La chanteuse, qui ne voulait plus se contenter d’un tour de chant classique selon la formule : « de nouvelles chansons accompagnées de quelques reprises », avait décidé de rajouter à son spectacle des chorégraphies contemporaines ; une passion de toujours, un pari une fois de plus assumé au prix de nombreuses répétitions difficiles avec le danseur chorégraphe Régis Obadia.


PATRICIA KAAS : KABARET (2008)


En 2012, entre deux tournées des plus éprouvantes, Patricia Kaas, qui pensait ne plus être devant la caméra, accepte le rôle principal dans le téléfilm réalisé par Thierry Binisti, Assassinée. Elle y incarne le rôle dramatique d’une mère de famille dont la fille est tuée.

La même année, pour fêter le 50e anniversaire de la disparition d’Édith Piaf, la chanteuse enregistre un disque consacré à ses plus grandes chansons : Mon dieu, Padam, Padam, Milord, Hymne à l’amour, La foule, Non, je ne regrette rien, etc. Le spectacle qui l’accompagne se produira dans 45 pays. Comme souvent chez Patricia Kaas, c’est tout son être qui s’engage, à 150 pour 100, et comme ce fut vrai pour Edith Piaf, la faille est béante et la rupture jamais très loin.


BURN-OUT ET CONQUÊTE

Patricia Kaas, qui vit sa carrière à toute allure, se donne aussi sans compter. Au bout d’un chemin souvent haletant, composé d’une multitude de rencontres et de tournées à travers la planète, la chanteuse finit par craquer. Surgit alors un terrible burn-out, le classique syndrome de l’épuisement. Pour ne pas sombrer totalement, la chanteuse décide de mettre en veille sa carrière le temps qu’il faudra. Cela durera deux ans.

Ce genre d’épreuve survient un jour sans qu’on ait conscience de soi et de son comportement. On est dans le mouvement et on cherche toujours à le devancer. Les signes avant-coureurs sont connus : fatigue, angoisse, stress sont généralement accompagnés d’un désinvestissement soudain dans le travail.

Les semaines, les mois, les années passent. Patricia Kaas travaille sur elle. Petit à petit, une lueur d’espoir se fait jour, même si l’expérience d’un burn-out n’est jamais sans conséquence sur ce qu'on appelle "la confiance en soi". Cette "confiance en soi", qui fait parfois défaut à la plupart d’entre nous, est capitale dans l’accomplissement de la carrière d’un artiste. Alors on se réveille doucement de sa torpeur et l’on imagine un nouveau chemin, une toute nouvelle destinée.


PATRICIA KAAS : LE JOUR ET L'HEURE (2016)


L’automne 2016 marque le retour de la chanteuse avec la parution de l’album éponyme Patricia Kaas. Le jour et l’heure est le premier titre que la chanteuse offre en partage sur le Net. La chanteuse est repartie doucement mais sûrement à la conquête des plateaux, des médias, de son public, dans l’intention de retrouver un bonheur qui s’était enfui durant un temps…

Par Elian Jougla (Cadence Info - 05/2016)

À CONSULTER

PATRICIA KAAS ÉVOQUE SES DÉBUTS DANS LE MÉTIER


RETOUR SOMMAIRE
    YouTube