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CLASSIQUE / TRADITIONNEL


PETITES HISTOIRES AUTOUR DES CHANTEURS ET CHANTEUSES D’OPERA

Si les divas sont des cantatrices célèbres pour leur talent, qu’en est-il de leur réputation et plus exactement de leur caractère ? À travers l’histoire, de nombreuses anecdotes ont toujours couru à ce sujet. C’est ainsi que des directeurs d’opéra ont connu parfois des situations invraisemblables. Un premier exemple mérite d’y figurer…


DES SANGLOTS DE DIVAS

Lors de répétitions qui avaient lieu dans un opéra américain notoire, une prima donna avait refusé de se placer là où le metteur en scène lui demandait d’être. Plutôt que de se justifier, la diva ne s’exprimer qu’à travers des sanglots tout en clamant avec le plus artificiel des accents anglais  : « Je n’peux pas, je n’peux pas, tout simplement pas ! » avant de s’effondrer sur scène tel un tas de chiffons.


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On peut raisonnablement penser que ce comportement excessif est le résultat de la règle de vie très stricte que les chanteurs et chanteuses d’opéra sont contraints de mener. D’un autre côté, c’est un prolongement naturel du milieu artistique et surnaturel dans lequel ils vivent, rempli de drames et d’émotions excessives. Néanmoins, il peut arriver que ce soit un moyen calculé, toute honte bue, d’attirer l’attention sur eux.

Ce n’est pas nouveau. Dans les siècles passés, les chanteurs savaient bien qu’ils devaient faire quelque chose qui sorte des normes et des usages s’ils voulaient devenir des légendes vivantes. Aussi faisaient-ils le maximum pour faire parler d’eux dans le but de se ménager une petite place durable au panthéon des chanteurs d’opéra.


QUELQUES ANECDOTES CROUSTILLANTES…

Un des exemples les plus marquants est celui de Francesca Cuzzoni (1696-1778) qui allait jusqu’à se livrer à des attaques physiques contre ses rivales sur scène, comme si elle cherchait à les massacrer. Un jour, la soprano refusa de chanter un air de l’Ottone de Haendel, bien qu’accompagnée par un orchestre dirigé par le compositeur lui-même. Malheureusement pour elle, elle avait affaire à un tempérament encore plus coriace que le sien, dont la réaction fut de la tenir part la fenêtre au-dessus du vide jusqu’à qu’elle accepte. De nos jours, si un compositeur tentait pareille manœuvre d’intimidation, nul doute qu’il se trouverait rapidement sur la paille, réduit à la misère par une horde d’avocats que la chanteuse lancerait illico à ses trousses.

On raconte parfois dans le milieu musical l’histoire de ce fameux ténor en tournée à Mexico et qui fut kidnappé par des bandits. Il se trouvait que c’étaient des passionnés d’opéra et ils acceptèrent de le libérer pourvu qu’il puisse leur prouver qu’il était bien chanteur d’opéra. Ils lui demandèrent dont de chanter. « Quoi ? » leur dit-il, « Chanter dans un endroit aussi misérable qu’ici, sans décors, sans costumes, sans éclairages et sans maquillage ? Et devant des salopards tels que vous ? Qui plus est sans la présence de la critique, sans auditoire enflammé et sans être payé ? Je refuse absolument. » Les ravisseurs le laissèrent partir, persuadés qu ‘il ne leur avait pas menti et que c’était bien un chanteur d’opéra.

Un autre personnage haut en couleur était Nellie Melba. Elle a été l’une des plus belles voix de l’âge d’or de l’opéra vers la fin du 19e siècle. Toutefois, derrière cette voix d’ange se cachait une personnalité de pitbull ! La Melba (les divas sont généralement appelées à la façon des déesses : la Melba, la Tebaldi, la Callas…) prit un nom de théâtre inspiré de celui de son lieu de naissance, Melbourne en Australie. Ses qualités vocales la rendirent rapidement célèbre, autant, peut-être, que l’est de nos jours Madonna. Elle a laissé son nom à un délicieux dessert, la pêche Melba.

Nellie Melba ne supportait pas d’avoir des rivales. Sur scène, elle était connue pour interrompre les autres sopranos en plein milieu de leurs airs en attirant l’attention sur elle-même. On cite un cas où la chanteuse ainsi traitée quitta la scène en larmes, interrompant ainsi la représentation. En remplacement, Melba donna immédiatement un récital en soliste.

Le ténor John McCormack eut le malheur de faire ses débuts à Londres dans une production où la Melba figurait dans la distribution. A la fin de l’opéra, au moment des rappels, il s’avançait à côté d’elle pour saluer lorsqu’elle le repoussa violemment : « Dans cette salle, personne ne vient saluer en même temps que Melba ! ».


DE LA CALLAS À ADELINA PATTI

Dans les années 50, les passionnés d’opéra se divisaient en deux camps : les pro-Callas et les anti-Callas, aussi enragés les uns que les autres. Ses supporters vantaient le naturel et l’intensité de son jeu dramatique, l’intense personnification qu’elle apportait dans les rôles qui lui étaient confiés. À son époque, les chanteurs n’étaient pas censés être de bons acteurs et il suffisait que leur voix soit admirable. Elle mit fin par son exemple à cette conception statique de l’art de l’opéra en dramatisant ses interprétations.

Ses détracteurs ne pouvaient pas lui reprocher cette attitude, aussi était-ce à ses qualités vocales que s’adressaient leurs critiques. Ils lui préféraient le timbre calme et somptueux de Renata Tebaldi, sa grande rivale qui, selon les fans de la Callas, jouait comme une potiche. De nos jours, ces querelles se sont apaisées.

Vous pouvez vous douter que de telles querelles, avec les comparaisons incendiaires qui les émaillent, sont une des raisons du comportement excessif de beaucoup de chanteurs, et surtout de chanteuses d’opéra.

Adelina Patti, connue en son temps comme la reine du chant, était réputée pour saboter les interprétations de ses rivales sur scène. Une fois, elle se mit à regarder fixement avec horreur une autre soprano qui était présente en même temps qu’elle sur le plateau. « Qu’y a-t-il ? » murmura celle-ci avec inquiétude. « Votre faux cil droit est tombé. », lui répondit Patti. Immédiatement, la malheureuse se retourna et, pour rétablir l’équilibre, ôta précipitamment son faux cil gauche. Comme en réalité le faux cil droit était toujours en bonne place, lorsqu’elle refit face au public, ce fut avec un visage dissymétrique qu’elle continua de jouer son rôle.


UN CACHET À UN DOLLAR

Il est fréquent qu’un chanteur ne demande pas un cachet d’un montant nettement spécifié, n’imposant comme seule condition à son engagement que celui-ci soit supérieur à celui des autres chanteurs. On murmure l’histoire d’un célèbre ténor qui, avant de signer son contrat avec l’un des opéras les plus connus, stipula seulement que son cachet devait être supérieur de 1 dollar à celui de la soprano engagée pour le même spectacle. Une fois la représentation terminée, il reçut donc un chèque de 1 dollar, la soprano ayant accepté de jouer gratuitement.


ENRICO CARUSO POUR CONCLURE

On ne peut terminer cet article sans mentionner le nom d’Enrico Caruso, doté par la nature d’une des plus belles voix de ténor qu’on ait jamais entendues. En dehors de la scène, Caruso était quelqu’un de calme et pondéré, modeste et effacé. Lorsqu’il rencontra pour la première fois John McCormack, le ténor qui avait été en butte à la tyrannie de la Melba, celui-ci lui demanda : « Comment va le plus célèbre ténor de ce siècle ? » « Depuis quand êtes-vous devenu baryton ? » lui répondit avec simplicité Caruso.

La longanimité de Caruso allait jusqu’à prêter sa voix à ses confrères en cas de besoin. Il arriva, lors d’une représentation de La Bohème, que son partenaire, une basse, fût incapable de pousser la note finale. Devant la panique qu’il vit dans les yeux du malheureux, Caruso l’étreignit de façon que tous deux ne soient plus face au public et chanta à sa place la note défaillante. À part le chef d’orchestre, nul ne s’aperçut du subterfuge.

Par David Pogue (Cadence Info - 07/2013)


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