ROCK, POP, FOLK, ELECTRO...


LES BEE GEES, PORTRAIT EN RÉFÉRENCE AU DISCO

Si l'on demandait à une personne, jeune ou moins jeune, qui étaient les Bee Gees, elle répondrait certainement : « N’était-ce pas ceux qui chantaient à l’époque disco avec des voix très aiguës ? » Certainement ! Toutefois réduire Barry et les jumeaux Robin et Maurice à cette réussite musicale est extrêmement réducteur. S’ils démontrent dans la BO de « Saturday Night Fever » (La fièvre du samedi soir – 1977) une excellente harmonisation de leur voix et des qualités de mélodiste, dès les années 60, les Bee Gees enflammaient déjà la musique pop en produisant des chansons à succès : Holiday, Massachusetts


THE BEE GEES, DES VOIX HARMONIEUSES AU CŒUR DES ANNÉES POP

Chez les Bee Gees, il faut distinguer deux périodes dans leur carrière : celle d'avant La fièvre du samedi soir, construite principalement sur des chansons country-rock et pop, et celle qui suit La fièvre du samedi soir aux couleurs nettement plus commerciales.


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Le groupe Bee Gees est à la base formé par les frères Barry, Robin et Maurice, originaires de Manchester. Les Bee Gees sont tout de suite reconnaissables par l'utilisation de leur voix haut perchée. Chacun des trois frères se répartit un rôle bien précis : la voix solo est tenue par Barry, alors que Maurice chante les voix hautes (ou de tête) et que Robin apporte la touche finale grâce à son vibrato caractéristique.

Tout le long de leur carrière qui a duré une quarantaine d'années, la majorité des compositions a été écrite par le trio, mais contrairement aux Beatles, il est difficile de savoir qui a inspiré telle chanson ou tel passage.

Au commencement, de 1956 à 1958, les Bee Gees apparaissent sur scène sous différents noms : Blue Cats, The Rattlesnakes (avec la présence de Kenny Oricks et Paul Frost) et enfin Gibb Bros and Two Mates. C'est seulement en 1962 que les trois frères deviennent The Bee Gees (en hommage à leur mère Barbara Gibb).

Les premiers succès arrivent lorsqu'ils émigrent en Australie, en 1958, ce qui ne les empêchent pas de retourner en Angleterre quelques années plus tard (1967), en compagnie de Colin Peterson (batterie) et Vince Melouney (guitare), pour s'imposer avec le hit New York Mining Disaster 1941.

Jusqu'en décembre 1968, ils s'inscrivent régulièrement au hit-parade avec notamment : I can't see nobody, Holiday ou Massachussets (des titres à réminiscence 'Beatles'). Malheureusement, les quelques "frictions" entre les membres voient le départ de Colin et de Vince et c'est la dissolution du groupe. Robin Gibb compose de son côté I started to joke, tandis que Maurice Gibb entrevoit une carrière d'acteur...

Mais l'appel de la musique, comme le sens de la famille est trop puissant. Les frères Gibb se réunissent de nouveau durant l'été 1970 pour renouer avec le succès. My World et Jive Talkin (septembre 1975), tirés de l'album Main Course, remettent en selle un groupe qui avait toujours conservé aux États-Unis un public fidèle. C'est à cette époque qu'il est question qu'Andy, le frère cadet, rejoigne le groupe. Mais cela ne se fera pas, même si Andy participe de temps à autre à quelques concerts.


THE BEE GEES : JIVE TALKIN' (1975)
Ça sent le disco, mais ce n'est pas encore le moment d'y aller pour les Bee Gees


THE BEE GEES ET LES SUCCÉS DISCO

Le manager Stigwood suggère aux Bee Gees de changer de cap musical et d'engager un autre producteur du nom de Arif Mardin. Le succès de l'album Main Course, aux couleurs "funky" précipite les événements. Le groupe à cette époque se compose des frères Gibb, de Alan Kendall (guitare), Blue Weaver (claviers) et Dennis Byron (batterie).

Au milieu des années 70 un phénomène sociologique autant que musical s'élève des discothèques : le disco. C'est l'époque des fêtes insouciantes, d'une jet-set nocturne dansant au son des violons, et le côté sombre, avec une consommation frénétique de cocaïne, aussi bien chez les artistes que parmi les night-clubbers.

© Robert Sullivan - The Bee Gees (années 70)

En attendant l’apothéose dansante des Bee Gees et le retour en force de la majorité morale criant le mot d'ordre "disco sucks" (le disco, ça craint), les gens de la nuit s’habillent de paillettes. À Paris, la discothèque le 'Palace' fait parler d’elle et devient le temple de la génération disco sous l'égide de Fabrice Emaer, tandis qu’à New York, les reines de la nuit, les stars en errance et les drag queens qui forment la faune des danseurs, envahissent le 'Studio 54'.

En 1976, éclate le premier titre aux allures disco : You should be dancing. En toute logique, le manager Arif Mardin qui au centre du projet musical concernant le film La fièvre du samedi soir pense bien sûr à ses poulains les Bee Gees. La chanson You should be dancing est utilisé dans la bande son du film, ainsi que cinq nouveaux titres enregistrés pour l'occasion.

L'année suivante, sur la lancée du succès du film (qui apporte une retombée médiatique énorme pour le groupe), la ballade How deep is your love devient le slow de l'année. Et, lorsqu'en janvier 1978 paraît le double album rassemblant toutes les chansons de la bande sonore du film, la vente, en toute logique, confirme la mainmise du disco sur toutes les musiques commerciales de l'époque. Plus de 30 millions d'exemplaires vont alors se vendre très rapidement.


THE BEE GEES : HOW DEEP IS YOUR LOVE
un slow bien calibré au succès mérité (enregistré à Las Végas, en 1997)


LES BEE GEES APRÈS LA MODE DISCO

Dans les années 1980, comme de nombreux artistes de l'époque, les Bee Gees subissent de plein fouet les changements de mode. Le disco meurt et pour les Bee Gees c'est un peu la traversée du désert. Sniff !

L'arrivée de la musique techno au début des années 1990 et sa rythmique héritée du beat disco, laisse peut-être entrevoir des flash-back nostalgiques disco. C'est ainsi que les Bee Gees produisent un concert à Las Vegas, en 1997, sous le nom de One Night Only. Ce concert sera suivi d'une tournée à travers la planète, comme une façon de dire adieu aux fans.

The Bee Gees (1997)

La mort de Maurice Gibb, qui survient en 2003, sonne le glas des Bee Gees. Les deux frères Barry et Robin, ne sont plus capables d'insuffler la dynamique nécessaire à un projet sérieux qui relancerait une quelconque carrière. La dernière apparition publique qui réunit les deux frères encore vivant se produira pour un concert de charité, à Miami, en 2006.

Par D. Lugert (Cadence Info - 01/2019)


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