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CHANSON


ALAIN BASHUNG… UNE VIE, LA BIOGRAPHIE

Fan éternel et exégète précis, un journaliste, Marc Besse, publie une émouvante biographie chez Albin Michel, Bashung(s), Une vie.


L’auteur a noué au cours des ans une relation privilégiée avec le chanteur toujours généreux dans l’attention à l’autre mais expert dans la rétention des souvenirs intimes et des sources de son émotion. Entre quête et enquête, Marc Besse a patiemment et méthodiquement remonté le cours d’une existence secrète et douloureuse.

Alain Bashung aura mis quinze ans à percer, à trouver sa voix, son chemin, dans un univers où sa place restait à créer. D’où sa présence unique, une fois établies, faisant de lui la plus puissante mais insaisissable des icônes de la chanson française : solitaire et solidaire, à la fois seul et toujours accompagné.


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Le récit de son parcours musical en évolution constante est retracé dans le moindre détail, étape par étape, année par année. Mais le plus troublant, parce que peu ou pas connu, et, surtout, révélateur des blessures et des plaies intérieures du chanteur, se situe dans les longues pages consacrées à ses premières années. Une enfance de “bébé ballotté de grand-mère en grand-mère”, comme le dit Jean Rauque, son ami et collaborateur le plus proche, dans la préface du livre.

Bashung né en 1947, fils d’une mère célibataire qui ne pouvait, faute de moyens, l’élever, passa son enfance en Alsace, à Wingershiem, chez les parents de son futur beau-père Roger, Joseph et Elisabeth Bashung. Dans un environnement austère, malgré la présence protectrice de son cousin Robert, le jeune Alain venu de Paris et dont les origines restent incertaines se sentira toujours étranger, “bâtard”, de nulle part. Seule la musique, avec un violon et un harmonica qui traînent, lui permet de s’évader réellement de ce monde étouffant.

Ce n’est qu’à 12 ans qu’Alain Bashung rejoindra sa mère, à Boulogne-Billancourt. 1959 et 1960 sont les deux années charnières, capitales dans sa vie où s’affirment enfin des goûts, des envies et une certitude chez le très jeune homme : suivre son instinct, créatif, artistique, son aspiration à s’élever, à s’extraire de la fatalité.

En façonnant des chansons rock, comme celles de ses modèles anglo-saxons qui lui ont permis, en partie, d’oublier qu’il ne savait pas d’où il venait, invertissant un monde auquel il sent qu’il appartient. Au terme de Bashung(s), Une vie, le mystère reste peut-être entier. Mais on le cerne mieux que jamais.

Par Hugo Cassavetti

SES DEBUTS EN MUSIQUE (EXTRAIT DU LIVRE)

[…] Ce dimanche en guise de cadeau, il reçoit une petite collection de disques (un Johnny Hallyday, deux Gilbert Bécaud, un Sydnet Bechet, un Dario Moreno…). Un avant goût de la surprise qui l’attend le jour de sa réussite au certificat d’étude : une guitare Lucky 7 bleue. “J’avais la guitare, mais pas l’ampli, alors je me branchais sur le pick-up.

Alain a trouvé enfin une raison de rester dans sa chambre. En trois mois, au prix d’heures de grattouillages en autodidacte, il commence à maîtriser les six cordes. Il a dompté les accords de base et retrouve les mélodies sur le manche. Il ne lui manque que le rythme. Le look, il l’a déjà. Pour son entrée en sixième, il a abandonné la raie sur le côté du petit garçon sage et se coiffe désormais comme Gene Vincent. Il tient son passeport pour attirer la curiosité des rockers au bas de l’immeuble et inviter à la conversation… même s’il est bien trop timide pour aller se frotter aux durs. Dans la barde d’immeubles d’en face, il a d’ailleurs repéré deux frangins qui jouent aussi de la musique… et de la bonne. Il compte bientôt entrer en contact avec eux pour progresser sur son instrument et tenter quelques petites séances de jeu…

[…] Du coup, quand il n’est pas fourré chez ses potes musiciens de l’autre côté de la cour, Alain s’échine sur sa Lucky 7 dans sa chambre. Avec les progrès qu’il a accomplis, il va bientôt pouvoir jouer devant un public, composer peut-être lui-même quelques chansons et surtout monter son propre groupe.

[…] “Ma marraine, elle, me faisait rêver un peu, elle me faisait sortir de temps en temps de la grisaille HLM. Par exemple, elle connaissant un régisseur à l’O.R.T.F, qui me racontait ses tournages avec Henri Salvador. Ca me transportait. Henri Salvador, ce n’était pas rien ! Je passais des soirées avec elle. Elle aimait la grande musique, elle avait beaucoup de disques. Je lui dois beaucoup pour m’avoir ouvert une fenêtre sur un autre monde ; c’était ma seule planche de salut.” Le samedi, ils font le tour de Paris : Montmartre et ses peintres, les clubs de jazz où défile un fond sonore ahurissant – Art Tatum, Thelonious Monk, les premiers Gainsbourg… Autant de refuges où il saura revenir quand l’atmosphère deviendra trop lourde chez lui.

[…] 1962 arrive et Bashung n’a plus qu’une idée en tête : faire de la musique. A la guitare, il a désormais atteint un niveau qui lui permet haut la main de jouer un bon répertoire devant l’importe quelle assistance. Avec son jeu à l’harmonica et sa technique de chant naturelle rodée à la dure école de la chorale, il peut désormais tenir une scène tout seul ou en petite formation acoustique. Il ne lui manque qu’un ampli pour faire un barouf d’enfer. Son intérêt pour les études, on peut le dire, est inversement proportionnel à son attrait pour sa Lucky 7 : “On m’a souvent taxé de rebelle, mais c’était par la force des choses : il fallait que je m’explose, que je m’explose… J’étais tellement mal dans ma peau. Sans ma guitare, sans le rock, j’aurais certainement très mal tourné. Je n’ai jamais trouvé cette musique superficielle, je l’ai prise au contraire très au sérieux. C’était à la fois fort, moderne, intelligent et simple, fulgurant et profond. Ca me laissait une chance, c’était à la portée de l’amateur. Je suis vraiment heureux d’avoir débuté ainsi, par quelque chose de simple. Je crois que l’on mesure mieux la valeur des autres musiques lorsqu’on a commencé par accrocher au rock.
 

[…] “Je devais avoir quinze ans. On chantait en première partie de Bobby Lapointe, Anne Sylvestre, Raymond Boisserie, un accordéoniste obligatoire à chaque fête populaire. On a joué dans une indifférence totale. Philippe Avron et Evrard étaient venus donner une petite représentation de leurs sketches, j’étais fasciné. J’avais un sentiment très partagé. Il y avait un tel décalage entre le public, le spectacle et les conditions du spectacle que je me demandais s’il était vraiment raisonnable de se lancer dans ce métier. Les artistes arrivaient dans une voiture au cul de l’arrière scène, ils descendaient dans la boue. Ils faisaient semblant de se changer derrière un rideau. Ils avaient un vague piano avec un micro qui faisait du larsen dès qu’on le touchait. De quoi dégoutter les plus acharnés. Quand Bobby Lapointe est passé, je crois que personne n’a rien compris de ce qu’il racontait alors que nous, nous étions morts de rire.

par Patrick Martial (11/2009)

Consulter Biographie d'Alain Bashung

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