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JAZZ ET INLUENCES


BLOSSOM DEARIE, BIOGRAPHIE PORTRAIT DE LA CHANTEUSE DE JAZZ

En écoutant Blossom Dearie, il est difficile d’imaginer voix plus délicate et plus ingénue. Ce timbre naturel, au charme troublant, nous emporte immédiatement dans une sorte d'intimité. S’accompagnant au piano, Blossom Dearie n’a jamais été une foncière adepte de l’improvisation, ni une chanteuse transportée par quelques envolées de scat. À sa façon, elle a su utiliser sa faible tessiture vocale en ayant l’art de faire vibrer les mélodies qu’elle capturait, puisant tantôt son inspiration dans la fantaisie onirique ou dans la légèreté enchanteresse.


BLOSSOM DEARIE, UNE VOIX DÉLICATE AU ROYAUME DU JAZZ

Blossom Dearie, que l’on décrit comme ayant été une chanteuse de jazz marquante des années 50/60, n’appréciait pourtant guère les lieux enfumés des clubs de jazz. À cela, elle préférait l’ambiance des salles de concert, là où le public était plus attentif aux performances de l’artiste.


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Blossom Dearie est née à East Durham, dans les montagnes Catskill de l'État de New York, le 28 avril 1926. Dès le plus jeune âge, le son du piano est pour elle comme un aimant. À son contact, elle démontre quelques facilités pour l’instrument, aidée en cela par une bonne oreille et beaucoup de mémoire. Jusqu’à l’adolescence, elle suit des cours de musique classique, tout en se rapprochant du jazz qu’elle commence à savourer et à dévorer. Elle abandonne alors Chopin et Bach pour se consacrer à Count Basie, Benny Goodman et Duke Ellington.

La musique jazz, qu’elle surnomme « la musique merveilleuse de l’époque », absorbe toutes ses pensées. À la fin des années 1940, Blossom décide de partir tenter sa chance à New York. Ses premier pas professionnels se produisent non pas au contact des combos de jazz mais au sein de groupes vocaux, d’abord avec les ‘Blue Flames’ de Woody Herman, puis les ‘Blue Keys’ d’Alvino Rey.

Les années 50 marquent les débuts du ‘jazz cool’. Par chance, elle côtoie dans l'appartement du chef d’orchestre Gil Evans, les ténors du genre :Miles Davis, Gerry Mulligan… Son départ de carrière dans le jazz commence alors véritablement. Elle se produit dans des clubs new-yorkais, s’accompagnant elle-même au piano ou accompagnant d’autres chanteurs tels que Tony Bennett. Deux ans plus tard, elle signe ses premiers enregistrements comme pianiste auprès du chanteur King Pleasure et de la chanteuse Annie Ross.


LE SÉJOUR À PARIS

C’est dans le club ‘Chantilly’ à Greenwich Village où elle accompagne Tony Bennett qu’elle est présentée à Nicole et Eddie Barclay. Le couple français parvient à la convaincre de venir à Paris pour se produire et enregistrer. Un premier album solo est enregistré en 1956 :« Blossom Dearie Plays "April in Paris" » pour Barclay.

Dans la capitale française, Blossom retrouve Annie Ross avec qui elle partage le même appartement. Là, elle travaille avec Bobby Short et son cher ami, Bob Dorough au ‘Mars Club’ sur la rive gauche. Le producteur et imprésario Norman Granz, de passage à Paris, la remarque et lui demande qu'elle vienne enregistrer pour lui dès qu’elle aura l'occasion de retourner aux États-Unis.

Cinq ans vont s’écouler… Entre-temps, elle participe aux ‘Blue Stars de Paris’, un groupe vocal composé de huit musiciens sous la direction de Ward Swingle, qui deviendront par la suite les ‘Swingle Singers’ (la chanson de George Shearing, « Lullaby of Birdland », chantée en français deviendra un hit). Durant son séjour à Paris, elle épouse le saxophoniste Bobby Jaspar. Le couple rejoint New York en 1956.


BLOSSOM DEARIE ET LES 'DISQUES VERVE'

Quelques temps après son arrivée, la chanteuse grave tour à tour six albums pour Verve Records :« Blossom Dearie » (1957), « Give Him The Ooh La La » (1958), « Once Upon A Summertime » (1958), « Sings Comden and Green » (1959), « Soubrette Sings Broadway Hit Songs » (1960) et « My Gentleman Friend » (1961, avec la présence de son mari Bobby Jaspar à la flûte). Pour ces albums, Blossom Dearie s’entoure des meilleurs musiciens :les guitaristes Mundell Lowe, Herb Ellis, le contrebassiste Ray Brown, et les batteurs Ed Thigpen, Jo Jones et Mundell.

Tout comme son fidèle ami et collaborateur Bob Dorough, Miles Davis la fait chanter au 'Village Vanguard'. La chanteuse découvre également les plateaux de télévision où on l'invite à l’occasion (‘Today’ de NBC avec David Garroway et ‘Tonight Show’ avec Jack Paar). C’est durant cette période que la musicienne commence à ne plus supporter l’ambiance des clubs, s’arrêtant au beau milieu d’un morceau et demandant au public de « faire silence » (l’autre raison étant la fumée de cigarettes qui l’importune et atténue ses capacités vocales, si bien qu’elle prendra l’habitude de demander au public d'arrêter de fumer 10 minutes avant chacun de ses sets).

En 1964, elle enregistre un album pour Capitol Records intitulé « May I Come In ? », suivi de quatre autres pour Fontana en Angleterre :« Blossom Time at Ronnie Scott’ » (live – 1966), « Sweet Blossom Dearie » (live -1967), « Soon It’s Gonna Rain » (1967) et « That’s Just the Way I Want to Be » (1970). Dans ce dernier album, Blossom rend hommage à quelques artistes dont John Lennon (« Hey John ») et Dusty Springfield.

À partir des années 70, Blossom Dearie entrevoit de poursuivre sa carrière avec d’autres ambitions. L’image renvoyée en tant que chanteuse de club ne la satisfaisant pas vraiment, elle décide de prendre en main sa destinée, notamment en choisissant les lieux où elle doit se produire. Ses prestations dans des salles de concert lui permettent de fédérer un public beaucoup plus fidèle, une sorte de grande famille toute prête à la suivre. Ce désir trouvera son point culminant quand elle se produira en 1973 au Carnegie Hall.


BLOSSOM DEARIE : PLUS JE T'EMBRASSE (1961)
Une chanson chantée en français où transparait un sensible accent venu d'outre-atlantique. Un cocktail explosif et kitch à souhait !


LA MAISON DE DISQUES ‘DAFFODIL RECORDS’

Désireuse de ne pas cantonner son répertoire à quelques ‘american songs’, Blossom Dearie enregistre « Multiplication Rock » (1973) d’où émergent quelques hits :« Schoolhouse Rock », « Figure Eight » et « Unpack Your Adjectives ». L’année suivante, elle sort « Blossom Dearie Sings » pour ‘Daffodil Records’, avec uniquement des musiques signées de son nom. Blossom Dearie arrive alors à un tournant de sa carrière...

‘Daffodil Records’ est la première maison de disque détenue par une femme aux États-Unis. Pour Blossom Dearie, c’est l’occasion de jouir d’une grande liberté en offrant à son public plusieurs albums remarquables et plus personnels :« 1975: From the Meticulous to the Sublime » (1975), « My New Celebrity Is You » (1976 - co-écrit par Blossom et le grand Johnny Mercer), « Winchester In Apple Blossom Time » (1977), « Positively » (1983) ou encore celui porté par du jazz vocal « Tweedledum et Tweedledee » (1991) avec Mike Renzi comme que co-arrangeur et claviériste, et « Blossom's Planet » (2000), un enregistrement influencé par le Brésil avec la participation de Michel Legrand, Sting, Ivan Lins et Carlos Jobim. En tout, ce seront plus de 15 albums qui sortiront chez ‘Daffodil Records’.

Entre les enregistrements et les spectacles, il y avait place pour des émissions télévisées et quelques apparitions dans des bandes sonores de films, notamment « The Squid and the Whale » (2005). À la fin de sa carrière, Dearie a souvent joué au ‘Danny's Skylight Room’ sur ‘West 46th Street’, un restaurant situé à Manhattan. C'est là qu'en 2006, alors âgé de 80 ans, elle donnera ses dernières représentations. Elle décèdera paisiblement dans sa maison de Greenwich Village le 7 février 2009.


BLOSSOM DEARIE : LOVE DANCE (2000 - Blossom's Planet)
La chanteuse à 74 ans quans elle enregistre cette chanson. Rien ne vient trahir l'émotion à fleur de peau. Du grand art !


LA VOIX DÉLICATE ET SENSUELLE DE BLOSSOM DEARIE

Sa voix fine fait songer à celle d'une enfant, mais la comparaison s’arrête là. Dotée d’une assurance professionnelle sans faille, Blossom Dearie a su porter jusqu’au bout l’expression de ses textes et de ses musiques avec grâce et swing. Son jeu pianistique, souvent économe, et son chant, à la mise en place soignée, étaient devenus comme une marque de fabrique. Seul son esprit gai et entreprenant semblait la devancer parfois, suggérant en elle cette authentique passion pour le jazz qui ne l’a jamais quittée.

Le piano de Blossom Dearie était aussi unique que son chant. L'un des grands stylistes du piano jazz, Teddy Wilson, l'avais désignée comme l'une de ses interprètes favorites, tandis que dans un autre registre, la jeune chanteuse Kylie Minogue la cite parfois comme ayant été l’une de ses influences majeures.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 08/2018)


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