MUSIQUE & SOCIÉTÉ.


L’ÉVOLUTION DES RADIOS, DE LA FM À INTERNET

À l’heure d’Internet et des Smartphones, la survie des radios ne pouvait être mise sur la touche. Bien des années après leur prolifération sur la bande FM, leur première mission a été de faire le point sur les avancées technologiques en trouvant une place légitime, une façon d'exister sur la Toile. Une tâche difficile, mais non moins indispensable !


L'AUTORISATION D'UNE FRÉQUENCE

De nos jours, pour écouter une station FM, nous n’avons que l’embarra du choix. Toutefois, cela ne va pas sans un certain aménagement de sa bande. En fonction de l’impondérable lié au maillage géographique et contrairement aux radios locales, les nationales comme RTL, Europe1 ou France Inter ont besoin de plusieurs fréquences pour être correctement desservies sur le territoire.


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Sur la bande étroite de la FM qui va de 87 et 108 Mhz doivent se loger des dizaines de radios. Un vrai casse-tête pour le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) qui doit pouvoir répondre favorablement à l’implantation d’une fréquence quand plusieurs radios privées souhaitent se déclarer. Comme le précise le CSA, seules les radios publiques en sont dispensées : «  Les sociétés nationales de programmes telles que Radio France, France Médias Monde et France Télévisions bénéficient d'une priorité dans l'attribution des fréquences supplémentaires qui leur sont nécessaires pour l'accomplissement de leurs missions de service public. La demande de réservation prioritaire est effectuée par le gouvernement » (Source CSA).

Pour les stations privées, la fréquence est « louée ». C’est-à-dire qu’elle peut être délivrée pour plusieurs années reconduites ou de façon temporaire, seulement pour quelques mois renouvelables. Préalablement les radios doivent porter un projet porté par une personne morale et faire une demande, mais c’est le CSA qui lance un appel aux candidatures, ceci dans le but de donner l’autorisation des radios privées à émettre sur la bande FM ou en DAB+ (1)

Pour l’obtention d’une fréquence, la bataille est rude car se sont plusieurs radios qui rentrent en concurrence. Le projet doit être solide. Le CSA s’en remet à l’avis du comité territorial de l’audiovisuel - organisme collégial placé sous l’autorité d’un président – pour lister les candidatures recevables.

1 – Le DAB+ (Digital Audio Broadcasting), synonyme de "radiodiffusion numérique" est une entité de source européenne portant le nom de « EUREKA 147 ». Son rayonnement est à l’échelle planétaire et toujours en construction. Actuellement, seulement 20 % de la population française est couverte par ce nouveau standard de communication numérique. Les grandes villes françaises comme Paris, Marseille, Lyon ou Strasbourg ont été les premières à recevoir le DAB.


LES RADIOS PASSENT AU NUMÉRIQUE

1992. Peu à peu, la radio s'émancipe. Deux ans plus tard, d'analogique elle devient numérique. Elle vit alors sa première petite révolution. Désormais, la radio peut s'écouter avec sa télé. C'est l'époque des paraboles qui naissent un peu partout sur les façades des immeubles. Le premier bouquet de chaines fait son apparition avec l'opérateur de télévision par satellite 'Canalsatellite', suivie en 1996 par 'TPS', autre bouquet numérique.

Le premier avantage ne se fait pas attendre. Grâce aux satellites, les 110 habitants de Furmeyer (dans les Hautes-Alpes) capteront les FM parisiennes, et les 4 824 de Bergues (arrondissement de Dunkerque) écouteront les radios en provenance de l'Espagne ou de l'Italie. Le second sera d'offir un confort d'écoute exceptionnel en raccordant simplement le terminal numérique sur sa chaîne hi-fi. Quant au troisième, et non des moindres, sera d'associer les données : les radios profitent de l'écran télé pour présenter les pochettes de disques, afficher les noms des musiciens ou annoncer leur programme dans le quart d'heure qui suit.

Vis-à-vis de la radio, tous ces avantages sont-ils vraiment un plus ? Pas tant que ça, puisque cette façon d’écouter oblige l’auditeur à rester immobile, comme le ferait un mélomane écoutant religieusement son disque favori. De plus, pour ne pas subir la publicité, l’offre n’est pas gratuite sur 'Canalsatellite'. Il faut s’abonner. C’est d’ailleurs une des raisons essentielles qui poussra de nombreux utilisateurs à choisir la réception par parabole, celle-ci étant gratuite (avec le système ADR - Astra Digital Radio -, on peut recevoir en accès libre de nombreuses radios numériques) Quant à l’autre bouquet numérique de télévision par satellite 'TPS', concurrent direct de 'Canasat', les conditions seront sensiblement les mêmes avec aussi un abonnement de base.


UNE RADIO, UN STYLE

C’est grâce à la diversité de ses programmes et au professionnalisme de ses animateurs qu’une radio fidélise ses auditeurs. Cependant, pour traverser le temps, les époques et les modes, une radio doit aussi se renouveler, ne serait-ce que pour attirer de nouvelles oreilles. De temps en temps un nouvel habillage sonore, un changement d’animateurs et de nouvelles émissions servent à redynamiser une radio en perte de vitesse. Toutefois chaque radio, comme un journal, possède une ligne « éditoriale », une « politique » à l’écoute d’un public dont la tranche d'âge et les opinions impliquent un comportement à l'antenne.

L’apparition d’Internet a aussi provoqué des changements majeurs dans le comportement des auditeurs, et la radio a dû s’adapter. Certaines d'entre elles ne sont plus seulement à l'écoute de leurs auditeurs puisque ses animateurs sont aujourd'hui de plus en plus filmés (cas actuel de la plupart des antennes à couverture nationale : France Inter, RTL, Europe 1, RMC, etc.). Les auditeurs, divisés, semblent pourtant courir après tout ce qu'on leur présente.

On aurait pu croire au départ à une idée saugrenue, mais celle-ci a rapidement contaminé les radios, au point même de légitimer la question de savoir si les radios sont toujours des radios ! Ce changement de comportement a pour conséquence de lever le voile sur le « mystère » des voix, de donner foi au diktat de l’image et d’entraîner une autre façon de recevoir l’information et de l’écouter. Pour autant, la radio n’est pas la télévision et vice et versa, et quand les caméras sont absentes, la radio est toujours prête à relever le défi en stimulant notre imaginaire.

LA RADIO SUR INTERNET

À l’aube des années 2000, Internet débarque en France avec le bas débit. Pour le recevoir on utilise un modem, un petit boîtier faisant office de relais intermédiaire entre la ligne téléphonique et l’ordinateur. Le 56 kbit/s est la norme et les rares utilisateurs qui peuvent se raccorder au réseau sont alors bien content.

L'Internet n'est pas encore un outil révolutionnaire, mais il représente déjà une ouverture sur un monde qui souhaite rebattre les cartes économiques, sociales et culturelle. Les possibilités qui s'ouvrent à l'internaute semblent sans limites à une époque où le mot "intelligence artificielle" ne fait pas encore partie du décor quotidien. Ce qui se dessine distinctement aujourd'hui était inimaginable il y a seulement 20 ans. Tout une génération naissante va vivre au rythme des bouleversements technologiques qui vont se succèder.

Internet, le plus puissant des médias actuels, ouvre alors la voie à des radios locales qui, de l'étroitesse de la bande FM, deviennent subitement des radios sans frontières. C’est une magie qui s’installe mais qui soulève aussi quelques questions : quels sont les inconvénients et les avantages de ces nouveaux modes d'écoute ?

La radio sur Internet est pratique pour ceux qui travaillent sur ordinateur, surtout qu'il existe des sites communautaires qui regroupent des radios à thème avec musique non-stop. Les radios nationales ont suivi en diffusant leurs émissions en direct sur leur site avec parfois la présence visuelle des animateurs. L’autre avantage propre au Net est d’ouvrir les portes des archives, ce que l’INA (Institut National de l’Audiovisuel) s’est empressé de faire en restaurant notamment les documents de la R.T.F.

Généralement, les radios nationales offrent sur le Web des services différents de la FM, sinon où serait l’avantage ? Le podcast joue son rôle à fond quand on ne peut se permettre d’allumer sa radio en temps voulu. Les informations textuelles sont également un plus. Elles s’appuient bien entendu sur les reportages et les interviews réalisés par l’équipe de la radio. La mise à jour se déroule en permanence, tous les jours de la semaine, sans temps mort. Pour l’internaute, c’est une véritable mine d’or, même si la réactivité à l'information n’a de cesse de comprimer le temps jusqu'à la dérive et la production de "fake news", véritable séisme.

Fort heureusement, certaines chroniques échappent à se déversoir, comme celles consacrées aux arts. Même si la présentation d’un nouveau film ou d'un nouveau disque n'est pas exempt de reproches, le renfort d’une biographie, de quelques photographies d’agences et la possibilité de voir et d’écouter des extraits sont un plus non négligeable pour une radio numérique. C'est un bon moyen pour se mettre des chansons en tête et pour consommer avant un hypothétique achat.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 05/2019)


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