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CLASSIQUE / TRADITIONNEL


JEAN-SÉBASTIEN BACH, BIOGRAPHIE PORTRAIT D'UN ILLUSTRE COMPOSITEUR

Homme humble et modeste, Jean-Sébastien Bach, le plus représentatif des compositeurs allemands du 17e siècle, a toujours souhaité se contenter du langage musical de tout le monde. Pour lui, utiliser les formes courantes, respecter ses usages, était une façon de perpétuer les traditions de ses prédécesseurs…


LA FAMILLE BACH, UNE LONGUE LIGNÉE

Très humblement Jean-Sébastien Bach a étudié de près le « tour de main » de ses aînés dont il copiait patiemment les œuvres pour s'assimiler leur technique et leurs procédés. Aujourd'hui, nous connaissons tous le résultat de ce patient apprentissage qui a conduit ce musicien de génie à transcrire ses idées originales grâce à sa grande maîtrise des styles et des techniques.


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Depuis plus d'un siècle déjà la famille Bach « musicalisait » la Thuringe. Son fondateur, le meunier Veit Bach, venu de Hongrie, jouait du luth, son fils Hans, de la guitare, trois de ses petits-fils et cinq de ses arrière-petits-fils étaient organistes ou instrumentistes professionnels et engendraient à leur tour des virtuoses de l'orgue et des compositeurs. Quant au patriarche Jean-Sébastien, issu de cette lignée d'artistes, il allait multiplier les bons serviteurs de l'art en procréant, à son tour, plusieurs générations de musiciens de valeur.

La tribu des Bach était devenue si vaste qu'on avait été obligé d'en distinguer les différents chefs par des indications géographiques. Il y avait le Bach de Halle, le Bach de Milan, le Bach de Londres, le Bach de Berlin ou de Hambourg... On ne pourrait se fixer dans l'esprit la filiation de ces 21 musiciens sans consulter un tableau généalogique qui débute en 1550 avec Veit Bach et qui s’acheve avec Johann Christoph Friedrich Bach en 1796, l’un des nombreux enfants d’Anna Magdalena et de Jean-Sébastien Bach.


JEAN-SÉBASTIEN BACH : CONCERTO BRANDEBOURGEOIS N°5


LA BIOGRAPHIE DE JEAN-SÉBASTIEN BACH

Né à Eisenach en 1685, Jean-Sébastien Bach est orphelin dès l'âge de dix ans. Élevé par son frère aîné Jean-Christophe, excellent musicien, il l'oriente aussitôt vers la carrière traditionnelle de la famille. Le jeune enfant commence à s'imprégner de l'atmosphère italianisée de l'Allemagne du Sud en étudiant les œuvres de Froberger, de Frescobaldi et celles de Pachelbel qui avait été le maître de Jean-Christophe. Du fond de l’Allemagne, il découvre aussi la culture française sans sortir de la tradition allemande.

Face à la musique qu’il étudie, Jean-Sébastien est pourvu d’une maturité supérieure à celle de son âge. Admis à la chorale de l'église Saint-Michel, à Lunebourg, Jean-Sébastien Bach travaille l'orgue et se fait remarquer par ses brillantes qualités d'exécutant. À dix-huit ans, il fait partie de la Chapelle du duc de Weimar en qualité de violoniste, avant de devenir l’organiste des villes Anhalt et Mulhausen.

À vingt-deux ans il épouse sa cousine Maria Barbara, puis entre au service du duc de Saxe-Weimar qui pourtant n'apprécie guère le virtuose. Pour obtenir le poste de maître de chapelle qu'il sollicite en vain, Jean-Sébastien Bach est contraint de changer de protecteur. Le prince d'Anhalt-Cœthen exauce ses vœux pendant plus de cinq années (1717-1723). Il le gardera affectueusement à sa Cour et lui permettra de se consacrer librement à la composition.

Ces années-là sont certainement les plus heureuses de sa vie. Le prince était un homme ouvert, agréable et musicien, jouant lui-même de la viole. Bach jouissait alors d’une réelle considération, autant par son salaire - qui était celui d’un maréchal - que par les musiciens virtuoses de la Cour qui l’entouraient. Durant cette période, le compositeur écrit beaucoup. La production abondante comprend notamment Le clavier bien tempéré, les suites et partitas et les Concertos brandebourgeois.

En 1720, alors qu'il n'a que trente-cinq ans, le compositeur perd sa femme qui lui avait déjà donné huit enfants. Face au deuil qui l'atteint, Jean-sébastien Bach trouve consolation auprès d'une bonne musicienne, Anna Magdalena Wülken, qu'il épouse l'année suivante et qui lui donnera douze autres descendants !

Bach, peut-être à cause du deuil provoqué par la disparition de Maria Barbara, ressent le besoin de travailler à nouveau pour l’église. Il succède au compositeur Johann Kuhnau au poste envié de « Cantor de la Thomasschule » à Leipzig. Toutefois, Bach y mène une existence de rude labeur. Il renonce à tous les avantages qu’il avait acquis, à la vie facile de cour et à la sécurité de Coethen. Il travaille dans des conditions matérielles difficiles avec d'écrasantes responsabilités pédagogiques et administratives qui ne l'empêchent pourtant ni d'allonger la liste de ses chefs-d'œuvre ni d'exécuter d’innombrables commandes d'ouvrages de circonstance que lui vaut son titre officiel.

Bach recherche d'abord le modèle social, culturel et religieux qui a été celui de tous les Bach avant lui et après lui. Victime du malentendu qui ne laisse voir dans ses compositions que de la musique de virtuose, respectable mais un peu compliquée, il poursuit sa carrière dans une atmosphère de gloire mais aussi d'incompréhension. Et lorsque Frédéric II, intéressé par la réputation du Cantor, l'invitera à venir à Berlin et à Potsdam et s'enthousiasmera pour les éblouissantes improvisations de son visiteur, on est en droit de se demander si cette fâcheuse équivoque n'a pas persisté jusqu'au bout.

Cependant, toujours philosophe et chrétiennement soumis aux desseins de la Providence, Bach achèvera paisiblement à la Thomasschule son existence laborieuse, malgré un déplorable état de santé, et la terrible épreuve de sa cécité qui lui sera infligée avant l'attaque d'apoplexie qui l'emportera à soixante-cinq ans.

L’ŒUVRE DE JEAN-SÉBASTIEN BACH

La production de cet infatigable travailleur déconcerte encore aujourd’hui tous ceux qui, un jour, se sont rapprochés du compositeur, tant l’abondance mais aussi la qualité de son œuvre se distingue page après page. Les moralistes n'admireront pas moins que les musiciens, le noble paradoxe que représente l'existence de cet artiste insensible à la griserie des applaudissements que pouvait lui procurer sa virtuosité célèbre. Bach n'avait pas hésité à sacrifier une carrière glorieuse et facile à une vie patriarcale obscure et modeste, uniquement remplie par d'austères devoirs.

Jean-Sébastien Bach composait des cantates hebdomadaires et des motets comme ses vingt-deux enfants ‘ad maiorem Dei gloriam’. Ses œuvres-là, il les écrivait chaque semaine pour l'office du dimanche suivant, sachant fort bien qu'elles ne seraient exécutées qu'une fois. Pour lui faciliter la tâche, le compositeur se faisait aider par sa femme et ses enfants qui copiaient les parties. Même s’il savait que ces messes étaient destinées à des auditeurs distraits ou ignorants, Bach leur apportait toujours les mêmes soins minutieux, la même musicalité, comme s'il s'agissait de livrer une bataille artistique décisive. Le musicien déployait une science d'écriture prodigieuse en même temps qu'une sincérité d'accent qu'il puisait dans la ferveur de sa foi.


Ses œuvres principales sont…

  • Pour l'orgue : des séries de Préludes, Fugues et Chorals variés, des toccatas, des sonates et les vingt variations de sa Grande Passacaille en do mineur.
  • Pour le clavecin : les Inventions, la Fantaisie chromatique, les sonates, les suites françaises et anglaises, mais aussi les fameuses Variations Goldberg et le Clavecin bien tempéré.
  • Pour le violon : trois Partitas et trois Sonates sans accompagnement, six Sonates avec clavecin.
  • Pour la viole de gambe : trois Sonates et six Suites.
  • Pour la flûte : sept Sonates sans compter les Concertos pour plusieurs instruments.

Doivent être mises à part : ses quatre Passions dont il n’existe aujourd’hui que celle selon saint Jean et celle selon saint Matthieu, ses six Concertos brandebourgeois, son Magnificat, sa Messe en si mineur et, sur la fin de sa vie, les deux tours de force de technique conservant la plus haute valeur de musique pure et qui s'appellent Offrande musicale à Frédéric le Grand et son testament polyphonique, l'Art de la Fugue.

Il est à remarquer que vers la fin de sa vie, alors que la musique évolue autour de lui, Jean-Sébastien Bach ne change pas. Le style « Galant » s’impose peu à peu tandis que Telemann s’adapte avec bonheur au changement. Bach ne sera finalement compris que par quelques spécialistes en écrivant des œuvres difficiles, destinées à un petit nombre de mélomanes capables de les apprécier.


JEAN-SÉBASTIEN BACH : Suite pour Orchestre n°3 - Sarabande (Air)


LA CONNAISSANCE MUSICALE DE BACH

Dans ces genres si variés dont il avait docilement accepté les cadres traditionnels sans manifester la moindre ambition de rénovation, Bach affirme sa puissante personnalité en opérant, avec cette sérénité et cette aisance qui ne sont qu'à lui, la synthèse la plus harmonieuse entre les apports techniques de l'Italie et de la France, entre ceux de l'Allemagne méridionale et ceux de l'école de Hambourg.

Ce technicien, qui, dès son adolescence, avait passé de longues semaines à copier le Livre d'orgue de Nicolas de Grigny et les albums de clavecin de Couperin, avait aussi accompli d'héroïques voyages à pied pour aller à Hambourg écouter le vieil organiste Reinken ou à Lubeck pour recueillir les conseils de Buxtehude.

Jean-Sébastien Bach connaissait sur le bout des doigts toutes les formules de Vivaldi, de Corelli, de Palestrina et de Frescobaldi. Il pratiquait également, avec la même maîtrise, l'écriture contrapuntique la plus complexe et le style harmonique le plus sobre et le plus pur. Autant le dire tout de suite, Bach avait fait le tour de tous les vocabulaires, de toutes les grammaires et de toutes les syntaxes qui existaient.

Sans prendre parti, le compositeur s'est assimilé tous ces procédés, en apparence contradictoire, pour en tirer un langage personnel souple et riche qu'on reconnaît immédiatement sans qu'on puisse en définir techniquement l'originalité. Ce qui fait sa supériorité écrasante sur tous les compositeurs de son temps est certainement le caractère profondément sensible qui transfigure ses partitions les plus formalistes.

Nous ne parlons pas, bien entendu, de la poignante émotion qui se dégage de ses Passions, de sa Messe ou de ses Motets, mais de cette palpitation secrète que nous percevons dans ses œuvres de musique pure ; de cette tiédeur humaine qui réchauffe ses préludes et fugues. La musique est pour Bach une façon si quotidienne et si naturelle de s’exprimer, qu’elle remplace pour lui le langage articulé avec toute sa simplicité familière, sa cordialité et sa volubilité. C’est cela qui a très certainement prolongé jusqu’à nos jours, la « radio-activité » de cette musique qui apporte aux musiciens qui l’exécutent une profession de foi et un amour probant envers son auteur.

On a trop souvent vu en Bach un modèle de parfait bourgeois au caractère peu aimable et peu diplomate, celui d'un père parfait et d'un mari aimant. En réalité, Bach n’a pas connu le drame intime, mais celui des grandes souffrances et des grandes peines, celui d’une femme aimée partie trop tôt et celle de nombreux enfants. Ce qui frappe chez ce compositeur, c’est surtout sa grande force, sa maturité avant l'âge. On retrouve dans la grandeur de son œuvre, la force, la paix, mais aussi la souffrance et la douleur, subies et dépassées.

Par Patrick Martial (Cadence Info - 03/2018)
(source Histoire de la musique – Emile Vuillermoz)

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