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INSTRUMENT DE MUSIQUE


HISTOIRE DE LA LUTHERIE ELECTRONIQUE

Dans le domaine de la facture instrumentale, la lutherie électronique est certainement le secteur où les innovations les plus étonnantes sont apparues. Depuis la naissance des premiers claviers électromécaniques du début du 20e siècle jusqu’aux instruments numériques de ces dernières années, la lutherie électronique a révolutionné bien des approches en remettant en question les fondamentaux de la technique instrumentale. Outre l’emploi de nouveaux matériaux légers et robustes, les instruments électroniques ont surtout mis en avant la possibilité de créer une multitude de sons et d’effets.


LES ONDES MARTENOT


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Parmi les nombreux instruments inventés et expérimentés depuis plus d’un demi-siècle, ce sont des instruments munis d’un clavier qui vont servir de base de lancement à tous ces sons étranges semblant venir d’ailleurs. Le trautonium, le theremine, puis le melochord ouvriront la voix à de nouvelles dimensions sonores encore bien mystérieuses…

Les ondes Martenot inventé par Maurice Martenot appartient à cette catégorie d'instrument révolutionnaire. Présenté à Paris dès 1928, l’instrument fait sensation. Equipé d’un clavier d’une étendue supérieure à cinq octaves et dont les sons proviennent d’oscillations de lampes électroniques, l’instrument permet toutes sortes de vibratos et glissandos grâce à un ruban parcouru digitalement, sans oublier un nombre impressionnant de timbres variés.

Les ondes Martenot conviennent tout particulièrement aux musiques micro-tonales et ce, d’une manière contrôlée. En raison de sa pureté sonore, l’instrument est toujours utilisé aussi bien dans la musique classique, la musique de films que dans la chanson.

L’ELECTRIFICATION DES INSTRUMENTS TRADITIONNELS

L’électrification des instruments traditionnels a joué également un rôle important dans l’implantation de la lutherie électronique. Pour de nombreux musiciens, l’amplification des instruments, au moyen de microphones, constitue un véritable prolongement de leurs ressources, ne serait-ce que par le rôle incontestable joué par le phénomène de l’enregistrement dans la vie musicale.

De l’électrification est né un instrument qui s’est progressivement éloigné de ses origines pour acquérir une certaine indépendance et servir de détonateur à des effectifs instrumentaux d’un type nouveau : la guitare électrique. Suivra dans sa lancée et presque en même temps la contrebasse qui se transformera en guitare basse pour ne pas disparaître derrière l’inflation galopante des amplificateurs.

L’ORGUE HAMMOND

Dans les années 40/50, l’arrivée de l’orgue Hammond va libérer les organistes. Enfin, un orgue transportable s’écrieront-ils ! L’orgue Hammond deviendra l’identité d’un nouveau son que la musique jazz et rock saura exploiter avantageusement. Basés sur l’utilisation du courant électrique et fonctionnant à partir de générateurs de sons, les orgues électriques de la génération suivante connaîtront un essor foudroyant au début des années 70, suscitant la création de nombreuses écoles spécialisées.

L’orgue électrique avec ses multiples effets de vibrato, sa réverbération, son attaque particulière, ainsi que celle des combinaisons de timbres, voire de figures rythmiques, favorise un accès relativement direct à un jeu instrumental riche et varié, mais sans toutefois dépasser les possibilités technologiques d’un circuit électronique limité ; ce qui n'offre pas encore la possibilité à ce genre d'instrument de se connecter avec d'autres appareils.

L’arrivée du synthétiseur analogique et ensuite du système de communication MIDI va tout changer et contribuer à l’émancipation des claviers électroniques…


LE SYNTHETISEUR

Dans les années 60, avec l’arrivée du transistor, des circuits imprimés et de la miniaturisation, l'électronique devient omniprésente en s'imposant dans de nombreux domaines de la vie courante. En lutherie électronique, le synthétiseur analogique fait son apparition et devient le rival de l’orgue. L’instrument semble diabolique, mais ses débuts sont laborieux, hésitants et incertains. L’électronique n’est pas encore stable et les oscillateurs procurent bien des surprises : l’instrument devient faux en fonction de la température ambiante ou tombe carrément en panne sans crier gare ! L'orgue conserve quelques longueurs d'avance mais pas pour longtemps.

En effet, malgré ses défauts, le synthétiseur va susciter tellement de curiosité auprès de nombreux claviéristes que ses imperfections deviendront souvent secondaires, voire utiles pour quelques artistes en quête d'originalité sonore ! L’instrument fait rêver par les possibilités qu’il laisse entrevoir. La quête de nouveaux sons, la production d’effets ‘gratuits’, et en nombre, procurent musicalement de véritables détournements sonores toujours prêts à envahir la scène et les ondes des radios. Une révolution musicale est en marche...

Au début des années 70, un danger semble vouloir émerger de l’utilisation abusive et parfois maladroite du synthétiseur. L’instrument touche aux courants musicaux les plus divers, depuis les musiques expérimentales jusqu’aux musiques pop, en passant par les musiques dites de variété, notamment la musak (musique d’environnement destinée aux grandes surfaces et lieux publics). Pourtant, l’instrument qui est encore au second plan finit par s’imposer dans de nombreux disques, allant parfois jusqu’à devenir le chef de file (Jean-Michel Jarre sera en France, le premier vulgarisateur de l'instrument avec son disque Oxygène en 1976) ou jouant d’égal à égal avec les guitares électriques lors des solos.

Mais au fait, c’est quoi un synthétiseur ?

Un synthétiseur est un ensemble d’éléments électroniques destiné à la production de sons (au moyen de générateurs) et à leur transformation (au moyen de filtres, modulateurs, etc.). L’instrument est généralement léger et compact. C'est un compagnon idéal pour la scène. Il peut être utilisé en tant qu’instrument autonome ou épauler un piano et transformer des sources sonores extérieures, ce qui amènerait à le rapprocher de certaines techniques propres à la musique concrète. Une mémoire lui permet de retenir une certaine quantité d’information.

Au fil des années, les modèles de synthétiseur vont se multiplier, leurs possibilités également. Ils ne vont pas cesser d’évoluer, de s’améliorer, ce qui va permettre à l’instrument d’obtenir une image plus flatteuse et plus sérieuse. Sa vulgarisation conjointement associée avec l’arrivée du numérique dans les années 80 va booster sa popularité aussi bien chez les musiciens amateurs que professionnels.

Dans les années 80, au moment de son fulgurant essor, les instruments commence à communiquer et des systèmes électroniques naissent pour d'autres instruments comme la guitare, mais aussi le saxophone, la trompette ou le violon. Le système de communication MIDI favorise cette éclosion. A partir de capteur capable d'analyser et de coder des informations musicales, il devient possible de brancher sa guitare électrique et même acoustique sur un ordinateur. En reliant leur instrument à un générateur de sons, qui sont alors les "joujoux" à la mode, ou à une interface MIDI, les guitaristes peuvent ainsi jouer tous les styles de musique et même créer des séquences MIDI qui restituent leurs techniques de jeu avec fidélité et réalisme.

Des luthiers se mettent au diapason et confectionnent des modèles sur mesure pour des musiciens, tandis que des marques japonaises comme Yamaha, Roland ou Korg rivalisent d'ingéniosité pour être les premiers. Des modèles de clavier au design étonnant naissent avec des courbes bien éloignées de leurs ancêtres acoustiques.

Au milieu des années 80, une onde de choc balaye le milieu musical. Le règne analogique touche à sa fin car un nouveau son "plus propre" fait son apparition : le son digital. Au même moment, une technique encore balbutiante dont on ne mesure pas encore la portée rentre par la petite porte : l'échantillonnage. Avec cette nouvelle façon d'entrevoir la création sonore, rien ne sera plus comme avant. Grâce à l'échantillonnage, le son du piano acoustique commence à vivre à l'intérieur de pianos baptisés "numériques". Cette technique presque sans limite a depuis une trentaine d'années changé le paysage sonore et la relation de l'homme avec le son et l'instrument.


CONCLUSION

Il est indéniable que des dialogues féconds peuvent s’instaurer entre des sources instrumentales dont la « sédimentation » a généralement duré plusieurs siècles et des techniques dérivées de l’électronique qui se révèlent capables de multiplier à l’infini leurs potentialités ; l’échantillonnage étant la dernière véritable révolution en date.

La lutherie électronique nous permet de pénétrer au cœur de dimensions inexplorées. Toutefois, la prise de pouvoir des instruments synthétiques et aujourd’hui virtuels sur des instruments fondés sur des principes physiques élémentaires, des musiques reproduites mécaniquement sur les musiques produites en direct ou par automatisme, menacerait de nous éloigner de ce sentiment d’intimité qui existe entre jeu musical et facultés corporelles, dans toute leur variété de rapports.

Avec l’arrivée de la musique assistée par ordinateur, la reproduction musicale et le jeu instrumental ont prit leur distance, s’ignorant parfois totalement. La MAO est une réponse à ce constat. Le malheur pour elle est d’avoir conduit bien des musiciens à ignorer le plaisir de jouer véritablement d’un instrument, même si aujourd’hui, et fort heureusement, une nouvelle génération de musiciens semblent vouloir revenir à la source, c'est-à-dire en renouant au contact physique avec l’instrument.

Par Elian Jougla - 08/2014

A CONSULTER :

LES INSTRUMENTS MUSICAUX DE LABORATOIRE

LES INSTRUMENTS ELECTRIQUES DANS LE JAZZ

L'ORDINATEUR AU SERVICE DE LA COMPOSITION


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