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JAZZ ET INLUENCES


MÂCHA GHARIBIAN,
PORTRAIT DE LA CHANTEUSE ET PIANISTE DE JAZZ

Chanteuse à la voix feutrée et pianiste au toucher délicat et sensible, Mâcha Gharibian s’était fait remarquer en 2013 dès la sortie de son premier album « Mars ». Son subtil empressement à nous faire découvrir ses racines arméniennes trouvait dans son jazz new-yorkais un mariage heureux. Son second disque, « Trans Extended », encore plus abouti, nous invite une fois de plus à retrouver ce "jazz oriental" aux sonorités attractives et à l'âme contemplative.


MÂCHA GHARIBIAN, DE « MARS » À « TRANS EXTANDED », À LA RENCONTRE D’UN JAZZ MÉTISSÉ

Avec Mâcha Gharibian, tout semble diablement réfléchi, posé avec application. Point d’effets démonstratifs et de bavardages inutiles. Aux notes mystérieuses du piano répondent quelques subtilités vocales et ondulatoires qui nous rappellent l’expression d'un orient malicieux. Une voix prenante, un piano expressif, la presse en a déjà fait largement écho, évoquant au passage le côté hypnotique, comme habité de sa musique.


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Mâcha Gharibian assume ces choix. La musique orientale ? Chez la pianiste, elle est rarement poussive, malgré les petites notes que son phrasé transcende parfois. Point de récupération à l’horizon, de compromission. La chanteuse et pianiste reste avant tout une jazzwoman, une musicienne authentique. Elle est surtout parvenue à équilibrer deux univers musicaux qui, de part leur histoire, n’étaient pas faits pour se rencontrer. Ne manquant ni d’audaces ni de talent, cette jeune compositrice a su, dès le début, développer son propre style en y mettant ses propres limites.

Fille d’un père guitariste influent (fondateur de Bratsch, un groupe proche de la world music), Mâcha suit dès son plus jeune âge une formation classique au piano. Elle joue les musiques de Beethoven, de Chopin comme de Prokofiev, sans jamais cacher son amour pour la musique populaire arménienne qu’elle écoute à la maison.

Désireuse de prendre du recul et toujours en quête d’apprentissage, Mâcha diversifie ses approches musicales. Après plusieurs années de pratique pianistique, elle aborde l’orchestration, écrit ses premières musiques pour l’image, tourne avec quelques artistes et groupes comme Lena Chamamyan, Cherif Soumano et Papiers d’Arménies, travaille auprès de compagnies théâtrales, avant de trouver dans la musique jazz l’autre véritable versant de sa sensibilité. Celui d’une rencontre heureuse, car le jazz va lui permettre d’élargir son horizon, de connaître la liberté en s’éloignant quelque peu des discours musicaux écrits.

En 2005, Mâcha Gharibian se rend à New York pour suivre un stage au sein de la ‘School for Improvisational Music’ fondée par le trompettiste Ralph Alessi. « Ce séjour fut l'un des plus beaux moments de ma vie, confiera-t-elle. J'y ai appris la liberté. Non seulement parce que j'étais à 6000 kilomètres de chez moi mais aussi parce que j'y ai rencontré et côtoyé des musiciens qui m'ont invitée dans leur monde. »

De ce temps passé à New York émerge quelques échanges, quelques rencontres autour de musiciens fascinants : le saxophoniste Ravi Coltrane, le pianiste Craig Taborn, mais aussi le trompettiste Ralph Alessi, dont Mâcha dira : « II dirigeait l'ensemble dans lequel j'intervenais. Je n'étais pas très sûre de moi mais il m'a poussée, stimulée et entraînée à cultiver mon propre univers. » (Jazz magazine - 02/2017)

Motivée, gonflée à bloc, Mâcha part à la quête de sa propre identité. Faire corps avec les dissonances, se permettre quelques audaces harmoniques, le jazz permet cela, et la jeune femme, qui a encore tout un avenir à construire et à consolider, comprend vite que l’expression de son talent se trouve dans cette musique.

En 2012, elle forme son quartet et commence à expérimenter sa propre musique. Telle était son vœu. De ce désir sort un premier album, « Mars », en 2013. À ses côtés, le guitariste David Potaux-Razel, le contrebassiste et ami d’enfance Théo Girard, et Fabrice Moreau à la batterie. La sortie de ce premier disque vampirise la presse spécialisée. Mâcha Gharibian est alors invitée à se produire un peu partout dans les clubs et festivals, en France, mais aussi au Canada, aux Etats-Unis, en Chine, en Russie… et bien sûr en Arménie.


MÂCHA GHARIBIAN : BYZANCE (MARS)

Des ornements de piano orientaux et délicatement entêtants


De cette musique truffée de petits détails qui ravissent l'oreille, mettant de côté l’agressivité sonore au profit d’arrangements subtils, Mâcha Gharibian nous y invite à nouveau, en 2017, avec un second album : « Trans Extanded ».

La voix enveloppante est toujours là, qui s'étire avec lenteur. La pianiste marie avec un certain art cette densité et légèreté qui caractérise sa musique, comme si ses compositions métissées imprimait le reflet d'une personnalité profonde, le signe d'une signature acquise.

L'Idée de cet album n’est pas né par hasard. Il a surgi en 2015 au cours du festival ‘Fruits d'Arménie’ qui commémorait les cent ans du génocide arménien. Sensibilisé par le sort de tout un peuple, Mâcha Gharibian cherche à nous raconter cette histoire, celle de la migration, de l'exil.

L’album « Trans Extanded » transporte une musique poétique et divinement aérienne. Jouant des silences et des notes sur des harmonies tendues, la pianiste pose sa voix grave et chaude comme en témoigne les émouvants morceaux « There Was A Child ». et « I Who Have Nothing ».


MÂCHA GHARIBIAN : ANOUSHES (TRANS EXTANDED)

Pour l’accompagner, outre les trois compagnons de route déjà présents sur son premier disque, Mâcha Gharabian est épaulée par la saxophoniste Alexandra Grimai, le clarinettiste et saxophoniste Tosha Vukmirovic, et Matthias Mahler au trombone. Quant au batteur Dré Pallemaerts, Mâcha a décidé de l'inviter à participer au disque juste quelques temps avant d'entrer en studio, parce que dit-elle : « il crée quelque chose d'organique et de magique ».

Avec Mâcha Gharibian, le jazz brille de mille feux. Il est d’une intimité enveloppante et il brise les frontières. Rien que pour cela, nous la remercions.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 01/2018)


DISCOGRAPHIE

MARS

Chez 'Bee Jazz'.
Paru en 2013.

Mâcha Gharibian : piano, voice, Fender Rhodes
David Potaux-Razel : guitare
Théo Girard : contrebasse
Fabrice Moreau : batterie

TRANS EXTANDED

Chez 'Jazz Village / Pias'.
Paru en 2016

Mâcha Gharibian : piano, Fender Rhodes, Wurlitzer, voix
David Potaux-Razel : guitare
Théo Girard : contrebasse, voix
Fabrice Moreau : batterie
Dré Pallemaerts : batterie, kanjira
Alexandra Grimal : saxophones soprano et ténor, voix
Matthias Mahler : trombone
Tosha Vukmirovic : clarinette, saxophone, kaval

Visiter le site officiel de Mâcha Gharibian


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