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CLASSIQUE / TRADITIONNEL


FREDERIC CHOPIN, BIOGRAPHIE PORTRAIT

Considéré comme le plus actif des représentants du romantisme, Frédéric Chopin avait pourtant des réticences envers cette musique naissante. Son idéal musical, il le trouvait chez les compositeurs qu’il avait travaillés dans son enfance. Ils s’appelaient Haendel, Bach et surtout Mozart qui représentait à ses yeux le poète par excellence. Pour lui, leur musique reflétait une sorte de perfection.


LE MYSTERIEUX CHOPIN

Encore aujourd’hui, une part de mystère enveloppe le personnage. De petite taille, Chopin possédait une allure et des manières aristocratiques. Ses gestes étaient gracieux et sa voix fine, presque effacée. Si le piano n’avait pas existé, personne n’aurait certainement remarqué ce petit homme fragile… et pourtant !


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Contrairement à ce que l’on pourrait supposer quand on écoute certaines de ses œuvres les plus célèbres, son tempérament n’était pas fondamentalement triste. Chopin possédait plutôt un tempérament gai. Avec son esprit caustique et bien avant que les numéros d’imitation ne s’emparent du music-hall, le compositeur mimait et reprenait les tics et les tournures musicales de ses confrères, tout en préservant les fautes de mauvais goût. Chopin était un être fin et intelligent qui amusait et qui s’amusait de la société quand l’occasion se présentait. Chopin n’avait pas son pareil pour trouver la grimace de circonstance !


DE TROP RARES CONCERTS

Face à un Liszt qui écrivait des œuvres dont la virtuosité n’était plus à démontrer, le compositeur polonais préféra miser sur la finesse d’écriture pour affirmer sa personnalité. Alors âgé de seulement quinze ans, le talentueux pianiste eut l’honneur de jouer devant le Tsar. Son talent et ses grandes dispositions musicales se répandirent rapidement dans la capitale polonaise, Varsovie.

Nous sommes en 1825, et déjà le prince du piano se heurte à la rigueur formelle d’une certaine tradition musicale : le concerto et la sonate. Le compositeur n’est pas prêt à tout accepter. Sa première riposte consistera à écrire 2 variations (Variations sur un thème allemand et Variations sur le thème de Don Juan). Des pièces d’une haute difficulté technique qui mettent à l’épreuve aussi bien la virtuosité de son interprète que celle de son auteur. Enflammé par tant d’audace, le compositeur Robert Schumann ira jusqu’à crier au génie dans un article.

Lors des concerts, tout le monde veut voir le prodige. Dans les salons où filtrent la douce lumière de quelques bougies, un piano à queue trône sur une estrade. Les femmes ont revêtu leur plus belle robe pour assister au récital. Les artistes les plus en vue, mais également toute la haute bourgeoisie retient son souffle. Le tapis rouge est déroulé pour recevoir comme il se doit ce talentueux pianiste. L’atmosphère est quasiment religieuse… Tout le monde tend l’oreille, prêt à recevoir chaque note, chaque arpège, comme un cadeau envoyé du ciel. Il ne faut surtout rien manquer…

Personne ne sait alors que les concerts du pianiste seront rares. Il en donnera une trentaine dans sa courte vie. Le timide Chopin préférait la pénombre des salons huppés aux feux de la rampe. Trop intimidé par la présence du public, le pianiste a toujours estimé qu’il n’était point propre à donner des concerts, ‘paralysé par ces regards curieux, muet devant ces visages étrangers’ dira-t-il un jour.


LES MELODIES DE L’ENFANCE

Les Polonaises et les Mazurkas ont-elles été inspirées par sa terre natale ? Sans doute. Lors de son enfance, le compositeur a été baigné par de nombreuses musiques populaires (sa correspondance l’atteste). Adolescent, il participait aux fêtes traditionnelles qui se déroulaient sur les bords de la Vistule. Toutefois, si on retrouve dans ses œuvres des traces de leurs spécificités mélodiques, Chopin sera également inspiré par d’autres folklores qu’il transformera en de subtiles progressions harmoniques sur son piano. Des compositeurs comme Field, Hummel et Spohr contribueront, pour leur part, au développement de ses idées mélodiques.

Chez le compositeur, le phrasé mélodique possède une courbe particulière. Souvent, elle dessine de subtiles ondulations chromatiques qu’un rubato vient éclairer d’un jour nouveau. Alors, le tempo se dérobe et la mesure s’assouplit, vacillant comme la flamme sous le poids du vent. La sonorité du piano se répand et dessine de ses notes sa merveilleuse musique. L’instrument l’inspire et les mélodies respirent.

Son imagination créatrice ne se focalisait pas dans des exercices orchestraux massifs et parfois inutiles, mais courrait seulement après les touches du piano. La polyphonie de ses œuvres, au lieu de se répartir dans une quantité impressionnante d’instruments, préférait concentrer toute son expression sonore dans les sonorités d’un seul instrument, le piano. C’est ainsi que Frédéric Chopin vivait ses moments intenses de créativité, dans une dévotion sans borne pour l’instrument roi.

Dans sa carrière, aucun opéra, aucune symphonie, ne sont venus lui apporter l’assurance d’être un ‘grand compositeur’. L’orchestre, la voix humaine, le théâtre lyrique, les sonorités instrumentales l’ont laissé indifférent. La seule imposition de ses mains sur les touches d’ivoire et d’ébène suffisait à provoquer l’épanouissement de sa pensée. Cette spécialisation si étroite a minimisé l’importance du rôle joué par Chopin dans l’évolution du langage musical. A l’époque, on éprouvait une certaine hésitation à prendre au sérieux les productions musicales venant d’un virtuose, même quand il portait le nom de Frédéric Chopin ou Franz Liszt.


L’ARRIVEE A PARIS

En 1831, Chopin arrive à Paris après avoir séjourné à Vienne. Depuis un an, il a quitté Varsovie en laissant son pays dans l’insurrection. Son patriotisme l’incite à retourner dans sa patrie, mais à cause de sa fragile santé, son entourage arrivera à l’en dissuader. Ce sera pour le compositeur un véritable drame, un désespoir qu’il épanchera sur son piano à travers son étude intitulée ‘La Révolutionnaire‘ (Etude en ut mineur, opus 10 n°12). Deux sentiments régneront alors dans le cœur de Chopin, la nostalgie d’un amour passionné pour une amie d’enfance, Marie Wodzinska, et la nostalgie de la patrie à jamais perdue.

A Paris, le compositeur est rapidement adopté. Il se trouve très à l’aise dans la vie parisienne
où règne un climat de liberté. Il devient rapidement l’idole des salons parisiens. Sa séduction personnelle, mais également sa pâleur distinguée et sa grâce fragile enchante les milieux mondains pour qui la maladie était un charme et la chlorose une élégance. Chopin vivait en effet à une époque où il était de bon ton, pour un jeune homme, de paraître pâle et exténué.

Durant son séjour et à maintes reprises, Chopin aura l’occasion de rencontrer des sympathisants de la cause révolutionnaire polonaise, mais également des compositeurs illustres comme Rossini, Cherubini, Liszt et Mendelssohn. En complément de ses rares récitals, il donna des cours de piano aux jeunes gens de ‘bonne famille’, ce qui lui permit de vivre avec une certaine aisance sans que cette ‘occupation rémunératrice’ n’entrave son travail de compositeur.


LA MAGIE DU PIANO

En tant que compositeur, Chopin s’est essayé à tous les genres ou presque, utilisant des écritures plus ou moins ciselés, plus ou moins techniques. Le catalogue de ses œuvres comprend un nombre impressionnant de pièces pour piano, notamment : deux concertos, dix-neuf nocturnes, vingt-cinq préludes, quinze valses, quatre impromptus et douze polonaises. A cette liste, nous pourrions ajouter des pièces moins réputées comme ses pièces pour piano et violoncelle ou ses dix-sept chants polonais.

Chez Chopin, les éléments de virtuosité contenus dans ses œuvres sont toujours subordonnés à la discipline de l’émotion. Le piano est devenu l’instrument de la confidence, celui des jours gais comme celui des jours sombres. Un véritable ‘mode d’emploi’ du langage pianistique, certes technique, mais également beau et poignant.

Avec lui, les pianistes ont découvert l’extension des accords, les arpèges et les possibilités chromatiques et enharmoniques, sans oublier les progressions harmoniques et les petites notes qui viennent se greffer tout autour de la phrase mélodique. Autant de petits détails qui, ajoutés les uns aux autres, apportent à l’œuvre de Chopin une parure qui se reconnaît jusque dans ses silences.

Son œuvre, c’est la carte de visite d’un ‘piano romantique’ qui sème sa hardiesse et son exubérance dans des pages toujours originale et savante. L’ornementation est luxueuse sans nuire à la clarté du discours, les lignes mélodiques sont souvent osées et brillantes mais ne sont jamais offertes sans une justification préalable.

Ses Polonaises et ses Mazurkas sont imprégnées de son ardente fidélité à sa terre natale. Dans son âme tourmentée, il n’y a jamais eu place pour une allégresse insouciante. Chopin tenait avant tout à faire ressortir dans son œuvre une certaine poésie et dans son jeu celui d’un musicien séducteur et enchanteur.

A juste titre, son enfermement dans le piano lui a été peut-être salutaire. Comme l’écrivain, il a sans doute apprécié la forme dans laquelle il a excellé. Son utilisation exhaustive de tous les registres du clavier a certainement permis de mettre en évidence dans un seul instrument toutes les richesses orchestrales, telles ses douze études, dédiés à Liszt, et qui exploitent les nombreuses possibilités harmoniques et polyphoniques de l’instrument.

De son vivant, les pédagogues et autres ‘pions’ de la musique ont reproché à Chopin de ne pas avoir eu recours aux formes scolastiques de l’écriture et d’avoir trouvé, sans s’être servi de la fugue et du contrepoint, le moyen de faire accomplir au langage de la musique un pas de géant. Chopin, qui était un contemporain de Beethoven, nous donne l’impression que sa musique possédait un siècle d’avance sur le compositeur allemand. Tout semble si différent… L’utilisation de l’écriture pianistique, le développement harmonique, le concept de la composition… Chopin annonce bel et bien la musique impressionniste de Fauré, Debussy et Ravel…

Pour un compositeur et quel que soit son profil, quoi de plus extraordinaire que de devancer son époque, de devenir un explorateur intrépide capable de conjuguer avec talent les mille et une facette de la musique. Face à la puissante science pianistique de Frédéric Chopin, le compositeur Igor Stravinsky tentera bien, près d’un siècle plus tard, de trouver de nouvelles voies, de nouvelles pistes, mais en vain. Il ne fera que constater son impuissance à dépasser l’illustre pianiste dans le domaine des trouvailles pianistiques… Voilà de quoi laisser songeur et admiratif plus d’un musicien et en premier lieu votre serviteur !

Par Elian Jougla - 01/2012


A consulter : Frédéric Chopin, sa musique dans l'espace


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