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JAZZ ET INLUENCES


MARCUS MILLER RACONTE MILES DAVIS

Marcus Miller, alors jeune jazzman, a accompagné Miles Davis en 1981 et réalisa pour lui le fameux album Tutu (1986) qui relança la carrière du trompettiste… Comme pour Hancock, DeJohnette et bien d’autres, le passage dans l’orchestre de Miles Davis a toujours influencé de façon déterminante les objectifs de carrière et les orientations musicales de ceux qui l’ont côtoyé. Quelques idées couchées sur le papier, des musiciens toujours prêt à le servir et la magie s’opérait… Miles le visionnaire en portant un amour infini à la musique a ouvert de nouveaux horizons, comme s’il fallait tout construire, être sur le qui-vive et se parer contre tout imprévu…


MARCUS MILLER ÉVOQUE SA RENCONTRE AVEC MILES DAVIS

Le bassiste Marcus Miller évoque sa rencontre avec Miles, sa façon de travailler et de communiquer avec lui…


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On pourrait penser que j’ai découvert Miles Davis en famille puisque mon cousin, Wynton Kelly, fut son pianiste de 1959 à 1963, mais ce n’est qu’au lycée que je me suis intéressé au jazz. Lorsque le destin fit que je devais rencontrer Miles, cela se passa presque sur-le-champ. Je revois le mot de la réceptionniste du studio où je me trouvais : “Appelle Miles à ce numéro“. Il voulait me donner rendez-vous aux studios Columbia dans l’heure ! Quand je l’y ai vu, je l’ai trouvé petit, j’avais toujours cru qu’il était grand comme un joueur de basket. Nous avons enregistré deux jours, puis il m’a demandé à ma grande surprise de faire partie de son groupe. A l’époque, en mai 1981, il reprenait son activité.

© Bengt Nyman - Marcus Miller (2009 - Stockholm)

Je suis resté avec lui deux ans, puis j’ai demandé à partir car il me fallait développer ma propre carrière. Contre toute attente, il m’a encouragé, approuvé et confié que j’étais le meilleur bassiste qu’il avait eu. Quelques années plus tard, ce fut l’aventure Tutu. Notre relation a changé, je n’étais plus son jeune bassiste mais son compositeur, son producteur. Nous sommes devenus très proches. C’est à son contact que j’ai découvert en moi des ressources créatrices que j’ignorais. Au début, ce ne fut pas facile de me trouver dans la position du directeur musical, de lui dire quand jouer et quand s’arrêter, mais il m’a aidé. On s’est ensuite retrouvé ainsi à faire tout un album.

Le plus remarquable chez Miles, c’était sa temporisation. Il s’arrêtait de jouer pour prendre le temps d’imaginer quelque chose de beau. Puis il reprenait. Si certains remplissent l’espace et bouchent les trous, lui savait prendre le temps et captiver son audience. Le public était pendu à ses lèvres ! Il le forçait à focaliser sur lui. Il y avait chez lui toujours une anticipation.

Lorsque Miles m’a donné sa bénédiction, l’approbation des autres musiciens n’a jamais plus été d’une quelconque importance. Il m’avait ainsi libéré et dégagé de cette soif de vouloir être reconnu. Du coup, j’ai pu me concentrer sur ma musique. Miles m’a révélé à moi-même, j’ai développé à son contact un “langage compositionnel” très personnel.

Chaque fois que j’essayais de le copier dans ses attitudes, eh bien, il me l’interdisait ! Chaque fois que j’essayais de passer pour quelqu’un que je n’étais pas, il m’arrêtait net. Non seulement ce fut formidable de devenir un de ses proches, mais ce le fut tout autant que de décider une bonne fois pour toutes de ne pouvoir être Miles.

J’aimerais aujourd’hui lui parler de deux ou trois choses qu’il m’a dites et qui n’ont pris leur sens que bien plus tard. À la sortie de Tutu, il m’a vivement remercié… “Merci mon vieux, tu m’as ramené à ma carrière.” Lorsqu’il est mort, ce fut un point tournant pour moi. J’ai compris qu’il me fallait à présent m’occuper de la mienne. J’étais enfin moi-même.

Propos recueillis par T. Peremarti (Cadence Info - 10/2009)


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